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vendredi 15 janvier 2016

De passage à Strasbourg, Henri Jacob KLEPFER facteur de pianos et grand voyageur.

Jacques Henri Klepfer ou Kloepfer  n’est pas un facteur de pianos strasbourgeois, mais il est resté quelques  années à Strasbourg. Il était né à Winnenden dans le royaume de Würtemberg en Allemagne le premier février 1792. Son père Philippe Henry Kloepfer était fabricant d’étoffes en laine dans cette ville. 
Signature d'Henry Klepfer.
Il fait son apprentissage à Vienne, vit à Lyon dès 1821 et ce déclare musicien et facteur de pianos à son mariage le 9 mai 1821 avec Marie Anne Dufaut  la fille d’un officier de santé de Lyon, Jean Dufaut. Ils ont eu une fille Catherine Klepfer née le 16 février 1822 et habitaient au N°20 place Louis le Grand au deuxième étage un appartement et un espace commercial où travaillaient trois ouvriers.
Annonce parue dans « Le précurseur de Lyon » le 18 décembre 1821. (Source Lieve Verbeeck)
Il demande un brevet de 5 ans (9 décembre 1823), qu’il obtient le 31 janvier 1824 pour « un mécanisme à échappement  donnant une répétition très rapide ». (Constant Pierre)

 "Klepfer-Dufaut, de Lyon, imagina, en 1824, un nouveau mécanisme à échappement pour les pianos, à l'aide duquel  le marteau agissait avec une très-grande vitesse et n'exigeait pas un grand enfoncement de la touche; les cadences, sur cet instrument, s'exécutaient avec beaucoup de facilité."  (Organographie : La facture instrumentale depuis 1789 jusqu'en 1857 inclusivement : Pontécoulant).
Dessin du brevet de 1824.
Le 10 février 1826 il obtient un brevet de 10 ans pour un « Forte-piano de nouvelle construction » « dont les cordes sont attachées au couvercle » (C. Pierre)
Dessin du Brevet de 1826.
En juillet 1826 il quitte Lyon pour Paris.
Journal des annonces judiciaires de Lyon du 13 juillet 1826 (Source Lieve Verbeeck)
En 1827 installé à Paris, il participe à l’Exposition et reçoit une médaille de Bronze. 
Cette même année il s’associe à Henri Herz (1800-1888) grand pianiste virtuose né à Vienne et qui avait décidé de créer comme Pleyel une fabrique de pianos, malheureusement « plus occupé de sa carrière de virtuose que de celle de facteur, à laquelle il  n’était nullement initié, il dut se reposer sur son associé, de la gestion de la maison, qui fut désastreuse. Herz rompit avec Klepfer  en 1829 et refonda une autre société la même année ». (C. Pierre)
Henri Herz (1800-1888)
En 1829 on retrouve H. Klepfer installé au N°4 du boulevard Poissonnière. Puis de 1830 à 1832 au N°1 du même boulevard. 
Marque d’un piano pont du musée de la musique de La Villette.(vers 1829)
A partir de 1834, au N°1 boulevard Montmartre il est établi comme marchand de pianos ; son nom est suivi de l’initiale K, à quoi correspond cette initiale ? Nous n’en savons rien. 
Marque d'un piano vers 1834. (Source Lieve Verbeeck)
Il a dû exercer à cette adresse jusqu’à 1840 (Il n’apparait plus dans les annuaires Bottin à partir de cette date), mais il a sans doute beaucoup  voyagé dans ces années, car on le retrouve à Mulhouse  en août 1834 (source Gérard/inv. 200. « Maker s of the pianos » vol 2 Martha Novak Clinkscale). 
Piano pont de Klepfer. (Musée de La Villette à Paris)
Il arrive à Strasbourg le 25 juin 1835 et habite au 4 rue du Bouc ; il repart le 25 juin 1835 pour Stuttgart en Allemagne. (Source archives de Strasbourg). Il est témoin au second mariage d’Henri  Mathieu, facteur de pianos à Strasbourg le 13 octobre 1838. Ce facteur devait travailler pour Michel Aiple (1774-1854) fabricant de pianos à Strasbourg.
D’autre part son mariage est annulé le 2 août 1836 à Lyon : « …d’après une ordonnance du roi de Wurtemberg du 4 septembre 1808. Le mariage est nul et nul effet ». (Archives de Lyon)
Piano pont de Klepfer. (Musée de La Villette à Paris)
On perd sa trace après ce passage à Strasbourg, mais Martha Novak dans son livre « Makers of the pianos » signale un facteur de pianos qui pourrait être notre homme. 
Brevet 8002 de 1851 à Cincinnati.
 Henri Klepfer aurait émigré aux États Unis à Cincinnati où il aurait obtenu un brevet (N°8002) le 25 mars 1851 pour un système de cordes croisées.

Chronologie :

1821 : Henri Klepfer facteur de pianos, Place Louis Legrand à Lyon.
1822 à 1826 : Henri Klepfer Dufaut, facteur de pianos N°20 Place Louis le Grand.
1827 : Henri Klepfer et compagnie N° 5 rue du Faubourg Poissonnière à Paris.
1829 : Henri Klepfer, breveté 4 bd Poissonnière.
1830-1832 : Klepfer, brevet d’importation et de perfectionnement, N°1 Fg Poissonnière. B 1827.
1834 : Klepfer (K), brevet du Roi, du roi de Wurtemberg pour pianos droits et carrés, vend, loue et échange toute espèce de pianos, boul. Montmartre N°1. B 1827 pour pianos carrés.
1836-1840 : Klepfer (K.), boulev Montmartre, 1, B 1827.
1835 : Henri Klepfer, facteur de Forte Pianos, 4 rue du Bouc, à Strasbourg. (72)
1838 à 1842 : Klepfer, Forte pianos, à Strasbourg. (75)
1851 : Henri Klepfer, accordeur à Cincinnati.

Et pour les amoureux de la Bonne musique, une "petite pépite".


Pour ceux qui s'intéresse au piano rendez vous sur le formidable site de Lieve Verbeeck.


dimanche 17 mars 2013

Deux cornistes natifs de l'est de la France : J.J. RODOLPHE et F. DUVERNOY.

En consultant le catalogue d'une vente de tableaux et dessins anciens du 21 juin 2010 à Paris, nous découvrons les portraits de deux cornistes français : Jean Joseph RODOLPHE (1730-1812) né à Strasbourg et Frédéric DUVERNOY (1765-1838) né à Montbéliard dans le Doubs.

Portrait de J.J. Rodolphe par BLANCHET (1701-1772)
"Né à Strasbourg et mort à Paris, Jean Joseph RODOLPHE eut une brillante carrière de violoniste, corniste et compositeur durant la seconde moitié du XVIIIiéme siècle. Élève de Jean Marie LECLAIR à Paris, il voyagea dans toute l'Europe, d'abord à Parme en 1754 puis à Stuttgart en 1761, où il devint violoniste de l'orchestre du duc de Würtemberg. Sa rencontre avec Jean Georges NOVERRE, alors maître de ballet du duc donna un nouvel essor à sa carrière ; il composa la musique du ballet Médée et Jason créé en février 1763 et de nombreux autres ouvrages. Quelques années plus tard, RODOLPHE retourna à Paris et en 1765 il est le premier à exécuter un solo avec la technique du "cor à main": la main placée plus ou moins ouverte et profondément dans le pavillon de l'instrument, modifie la couleur et la hauteur de la note. En 1778 il éblouit MOZART en interprétant ses propres oeuvres au Concert spirituel puis à l'académie royale de musique. En 1798 il fut nommé professeur au Conservatoire de Paris".

Madame RODOLPHE par Blanchet.
Le second Frédéric Nicolas DUVERNOY est né à Montbéliard dans le Doubs le 16 octobre 1765 et décédé à Paris le 19 juillet 1838.

Portrait de DUVERNOY de la Bibliothéque de l'opéra.
Autodidacte il est arrivé à Paris à la veille de la révolution en 1788 et devient corniste à la comédie italienne.
Miniature par J.B.J. Augustin de Duvernoy vers 1817.
En 1790 il est membre de l'orchestre de la garde nationale et en 1797 il devient membre de l'orchestre de l'opéra de Paris dont il devient cor solo en 1799.


3 dessins préparatoires à la miniature peinte par Augustin
passés en ventes le 21 juin 2010.
 
En 1801 il est libéré de ses obligations à l'égard de l'orchestre pour se consacrer à son travail de soliste. Il deviendra membre de l'orchestre de la chapelle de l'empereur Napoléon Ier. Ses talents de corniste lui valurent une renommée européenne. Frédéric DUVERNOY a composé de nombreux concerts et musiques de chambre pour son instrument, des concertos pour cor, des symphonies concertantes avec cor. Il a aussi écrit une méthode d'apprentissage du cor qui est largement utilisée encore aujourd'hui. Duvernoy jouait exclusivement avec un cor naturel. Il est décédé à Paris en 1838.
Première page de la méthode de DUVERNOY.
Terminons en musique : Cliquez pour écouter Nocturne pour Harpe et cor de Duvernoy.