mercredi 16 mars 2011

Une association Franco Suisse à Strasbourg : Dobner et Felklin.

Depuis très longtemps, nous cherchions à résoudre, l'énigme de deux signatures d'instruments de musique de Strasbourg : " Dobner et Felklin" et "Dobner et Consort".En effet, concernant la première signature, "Dobner et Felklin", il y a très peu d'instruments, et quelques documents, dont le Langwill, faisaient mention d'une possible association entre " Des membres inconnus des familles Dobner et Felchlin". Et les Felchlin sont mieux connus, comme étant une famille de facteurs de Berne en Suisse.
Le hasard à voulu que nous "tombions" sur l'excellent document de Walter KÄLIN : "Die Blasinstrumente in der Schweiz", traitant de tous les facteurs suisses d'instruments de musique, et qui présente très complètement la famille Felchlin, dont le fondateur : Georg Caspar FELCHLIN, né à Arth en Suisse le 23 avril 1773. Il a étudié le métier de facteur d'instruments avec J.A. SCHULER à Schwyz, dans le canton du même nom. Il s' installa dans sa ville natale de Arth, avant d'arriver à Strasbourg vers 1795 pour une période de 8 à 10 ans, avant de s'installer à Berne vers 1810. Pour l'instant, rien n'a été trouvé aux archives de Strasbourg, ce qui est assez logique si l'on considère le fait que Caspar FELKLIN, ou FELCHLIN, ou FÄLCHLIN est resté célibataire, donc pas de mariage, ni de naissance. Dans cet ouvrage, très documenté, il est fait état d'une clarinette, signée "Caspar FELKLIN à Strasbourg" dans un musée suisse à Altdorf : "Historishes Museum URI", dont le conservateur, Rolf GISLER-JAUCH, a répondu à notre mail et nous a envoyé 2 photos. Nous le remercions pour sa courtoisie, sa gentillesse ...et son français.
Clarinette en Do à 5 clés de Caspar FELKLIN à Strasbourg (Historishes Museum Uri).

Voilà pour la partie FELKLIN de l'association ; passons à la partie DOBNER. Joseph DOBNER est né à Münchsfeld en Bohême le 1 février 1744. Son père Jean Mathieu DOBNER était meunier. Vers 1780 il épouse Marie Anne DESFONTAINES, la fille d'un "oculiste" de Jarville, prés de Nancy. Son épouse décède à 62 ans le 30 mai 1793 au n° 34 rue des Arcades à Strasbourg ; Joseph DOBNER (49 ans), se déclare "Marchand Mercier". La même année, le 27 décembre, il est témoin lors de la naissance de Salomé Joséphine BÜHNER, fille de Gabriel Sébastien BÜHNER facteur bien connu de Strasbourg.
Clarinette à 5 clés en Si B/La de "DOBNER et FELKLIN à Strasbourg". (Collection René PIERRE)Si l'on compare les deux clarinettes, celle signée Caspar FELKLIN et celle DOBNER et FELKLIN, elles sont pratiquement identiques.
Marque "DOBNER et FELKLIN à Strasbourg" de
la flûte une clé. (Collection René PIERRE).
Joseph DOBNER, marchand mercier devait vendre de 1780 à 1795, les instruments des KELLER, puis ceux de BÜHNER et KELLER dans ses voyages en France et à l'étranger (Suisse et Allemagne) ; puis à l'arrivée de Caspar FELKLIN ils s'associent, Joseph DOBNER vendant les instruments, Caspar FELKLIN les réalisant. La comparaison des clarinettes de KELLER, BÜHNER et KELLER de la même période et celles de FELKLIN se ressemblent étrangement.....Est il possible que FELKLIN ait travaillé pour ces facteurs, car dans les almanachs de la ville de Strasbourg ont ne trouve pas de DOBNER et FELKLIN. L'association du marchand et du facteur suisse aurait été réservée à "l'export", car n'oublions pas l'appartenance de cette marque "au club des angelots trompettistes". Mais tout cela n'est que supposition.....les recherches continuent.
Flûte en Do à 1 clé et 3 tons de DOBNER et FELKLIN.
(Collection René PIERRE)

Au départ de Caspar FELKLIN pour la Suisse, Joseph DOBNER reprend son indépendance. Cela pourrait se situer vers 1803, car le Langwill mentionne : "Une publicité dans un journal de Nuremberg, proposait à la vente, une jolie clarinette par DOBNER à Strasbourg". Effectivement ont connaît des instruments signés "DOBNER à Strasbourg", dont deux bassons, l'un au musée de La Villette, l'autre au Musée de Céret. Nous n'avons pas réussi à obtenir de photo de ces marques (et l'on dit que les suisses sont rigides..), cela ne devrait pas tarder. En revanche nous avons reçu de Richard PICK de Lyon, des photos d'un cor naturel de sa collection marqué "DOBNER à Strasbourg".
A partir de 1807, les annuaires strasbourgeois mentionnent : "Jos. DOBNER, marchands d'instruments de musique, Grandes Arcades à Strasbourg". Le 26 août 1809, il épouse en seconde noce à 65 ans, Marie Thérése MÜLLER née à Kehl (Bas Rhin) le 16 octobre 1768, domiciliée à Strasbourg depuis 15 ans. C'est sans doute après ce mariage, que l'on peut situer la marque "DOBNER et CONSORT" qui apparaît sur des instruments typiques de cette période, très différents de ceux de BÜHNER et KELLER. Joseph DOBNER est décédé à 78 ans, le 25 décembre 1822, place d'Armes à Strasbourg. La Maison DOBNER continue malgré le décès de son fondateur, animée par sa veuve Marie Thérése DOBNER, aidée d'un ouvrier luthier, Jean David REINHARD (56 ans en 1838). Elle sera reprise en 1844 par Jean Chrétien ROTH, avant le décés le 6 avril 1849 de Marie Thérése MÜLLER, " Veuve de Joseph DOBNER : facteur d'instruments".

vendredi 11 février 2011

Avant premiére pour KRETZSCHMANN à Strasbourg

Nous préparons actuellement, pour le Larigot un article sur le facteur de Strasbourg d'instruments en cuivre, Charles KRETZSCHMANN (1777-1842) et son fils Charles Auguste KRETZSCHMANN (1818-1888). Il a beaucoup à dire sur ces facteurs, notamment sur les procès qui les opposèrent à Adolphe SAX. Mais cet article n'a pas pour but de résumer cette future parution, mais simplement d'apporter une réponse à l'énigme SARTHEDEBAT. Le Langwill fait état d'un facteur strasbourgeois, SARTHEDEBAT qui a signé une trompette demi lune à 7 clés du musée de Berlin (N° 3090)
 (Photo 2). Hors depuis que je travaille sur l'est de la France, je n'ai jamais rien trouvé sur cet hypothétique facteur.

En revanche en cherchant sur KRETZSCHMANN, j'ai trouvé cet étrange instrument au musée de La Villette : "Bugle à 7 clés, en demi lune et signé Charles KRETZSCHMANN" N° 35 1733 du musée de la musique de La Villette.

En comparant avec la photo de la " trompette en fa à 7 clés du musée de Berlin N° 3090" signée SARTHEDEBAT à Strasbourg (ci-dessous), on voit bien que ce sont deux instruments....très voisins.
Alors, Sarthedebat est peut être le musicien, un facteur de passage, une lecture erronée......
Photo 2 de la trompette en fa de Sarthedebat à Strasbourg.

Alors les amateurs de cuivre, qu'en pensez-vous ? Le premier qui passe par Berlin se documente.
Si vous voulez entendre, un instrument de Kretzschmann.....écoutez !!!!





mercredi 5 janvier 2011

Christian STECKLER (1746 - 1838) facteur de piano-forte à Metz.


Deux articles récent, parus dans "Musique, Images, Instruments" évoquent la Lorraine. L'un écrit par Jean Claude BATTAULT : "Les facteurs de pianoforte des provinces de France, 1760 - 1820", évoque un facteur messin du nom de STECLER dont on ne connaît pas grand chose et peu d'instruments. L'autre, écrit par Joël DUGOT : "Sonorités inouïes : la nouvelle harpe de Messieurs Krumpholtz et Nadermann " traite de la contribution d'un célèbre harpiste tchèque, Jean Baptiste KRUMPHOLTZ à l'amélioration de la harpe. Cet harpiste était marié à Anne Marie STECKLER, elle aussi harpiste.
Quels sont les liens entre ces deux articles : la famille STECKLER de Metz et de plus nous avons trouvé dans nos recherches un document, écrit par Henri TRIBOUT de MOREMBERT (1912 - 1976) : "Une Virtuose de la harpe au XVIII° siècle : Anne Marie STECKLER" qui raconte la vie tumultueuse de ce couple.

Nous mettrons " entre guillemets" les passages (nombreux) extraits de ce document.
Christian STECKLER est né à Haute Vigneulles (57) le 7 août 1746. Il est le fils de Christophe STECKLER (1711 - 1868) tailleur de pierre et de Christine COLLIN (1707 - 1766). Son grand père Joseph STECKLER (1688-1719), charpentier s'était installé à Bambiderstroff (57)après avoir quitté son village de " Laufeneeg à 4 kilométres d'Oberstaufen en Bavière". Compagnon menuisier, Christian STECKLER épouse à Haute Vigneulles le 12 novembre 1765 Marie BAILLON. " En 1770 il quitte son village pour s'établir à Metz, d'abord comme menuisier puis en 1776 comme luthier. Il est vraisemblable qu'il apprit le métier chez Simon GILBERT, (1718 - 1782) maître luthier et musicien messin, dont le père Louis Nicolas GILBERT (1682 - 1750) était lui aussi maître luthier.
C'est d'ailleurs la fille de Simon GILBERT, Marguerite GILBERT (1742 - 1783) que Jean Baptiste KRUMPHOLTZ épousera en première noce. Cette famille GILBERT était fort connue et avait des relations d'affaires avec le luthier parisien Louis GUERSAN (1700 - 1770), et fabriquait et commercialisait des instruments de haut de gamme (on pouvait acquérir dans leur boutique des Stradivarius). Dans l'atelier de Simon GILBERT, en Fournirue on trouve en 1783 : établis, tours à bois, tours à filer des cordes et des boyaux, scies, marteaux, pinces, rabots, étaux, ciseaux, limes, vis et chevilles, clefs de harpes, crin pour archets, marteaux de claviers, planches de bois, colle, colophane, vernis...et une grande variétés d'instruments achevés ou non (Turlutaines, épinettes, altos, violons, vielles, guitares, mandolines, musettes, clavecins, harpes......(Marion Duvigneau : " A quatre temps : la musique en Moselle des origines à nos jours" ADS de Moselle 2002)

Jean Baptiste KRUMPHOLTZ : portrait présumé.
 Musikinstrumenten-Museum de Berlin

" Les 7 enfants de Christian STECKLER, cinq garçons et deux filles, qui naîtront sur quatre paroisses différentes jusqu'en 1782, indiquent que leur père changea souvent de domicile. Le commerce est si florissant que Christian cherche constamment des locaux plus vastes. De 1799 à 1813, il se fixe au 419 en Fournirue, dans une maison appartenant à sa belle soeur, la veuve Cantelle. Il fabrique surtout des clavecins et même des clavecins à maillets, qu'on appellera bientôt des piano-forte".
C'est en 1813 qu'il abandonne son métier, il s'installe d'abord à la campagne, puis on le retrouve en 1819 au 31 en Fournirue à Metz. Il meurt à Paris le 14 février 1838, au 43 rue de Lille."Est-il étonnant qu'avec un tel père, les enfants aient brillé à leur tour dans la musique ? L'un, Nicolas STECKLER né à Metz le 28 octobre 1771, fut musicien militaire et figura en cette qualité au début de l'Empire, à la 109° demi-brigade de ligne ; l'autre, Anne Marie STECKLER a laissé un grand nom dans la musique française".

                               Ecoutez la musique de Jean Baptiste KRUMPHOLTZ

"Née à Haute-Vigneulles le 10 octobre 1766, elle avait à peine quatre ans lorsqu'elle vint se fixer à Metz avec ses parents. Très douée pour la musique, elle eut la bonne fortune d'être remarquée par Jean Baptiste KRUMPHOLTZ". Johann Baptist ou Jan Krtitel KRUMPHOLTZ est né à Budenice prés de Zlonice (près de Prague) en Bohême le 3 mai 1742. Fils d'un chef de musique d'un régiment français, hautboïste de Prague et d'une mère harpiste, il apprend la harpe (après le cor) à Vienne et après avoir voyagé à travers l'Europe, il est recommandé à Haydn en 1771 et qui l'accepte comme élève en 1773. Il entre comme harpiste à la Chapelle des princes Esterhazy et voyage à partir de 1776 dans toute l'Europe et en France où il acquiert une réputation de virtuose de la harpe. C'est sans doute, aprés avoir donné un concert à Metz qu'il décide de faire un séjour dans l'atelier de Simon GILBERT, pour travailler sur la facture d'instruments ; c'est au cours de ce séjour qu'il fera la connaissance de ses deux épouses, la premiére Marguerite GILBERT (1742 - 1783), la fille de Simon qu'il épousera en 1778 (dont il eut un fils Pierre Joseph Victor KRUMPHOLTZ qui sera aussi harpiste) et qui décédera en couches vers 1782 - 1783 et Anne Marie STECKLER, fillette de 10 ans particulièrement douée pour la harpe et qu'il prendra sous son aile. "Le musicien arriva dans la capitale le 14 février 1777, sa protégé fait partie du voyage. Elle avait à peine treize ans, lorsqu'elle se fit entendre à Paris en décembre 1779 devant Marie Antoinette au cours d'un concert spirituel. En 1781, on la retrouve à Metz, où elle donne cinq concerts à l'hôtel de ville, de janvier à juillet".

 
"C'est vraisemblablement en février ou en mars 1783, que l'éléve épousera le maître "veuf" en l'église Saint Roch". Il a 24 ans de plus qu'elle. " Le ménage KRUMPHOLTZ ne compte plus ses succés. Lui, demeure un habile compositeur, et son enseignement est trés rechercher, on peut dire qu'il a formé tous les harpistes français de son époque ; elle est une artiste hors pair dont le talent d'exécution, bien supérieur à celui de son mari, excitait la plus vive admiration".
Ils eurent trois enfants : Louis Armand KRUMPHOLTZ né en 1783, Charlotte Esprit KRUMPHOLTZ née en 1785, Antoine Philippe KRUMPHOLTZ né en 1787, tous baptisés à l'église Saint Roch à Paris. "Jean Baptiste KRUMPHOLTZ, travaille constamment à perfectionner son instrument. Le 21 novembre 1787, il présente à l'Académie des sciences une harpe construite sur ses indications par le facteur NADERMANN. Elle comporte deux pédales, l'une pour augmenter ou diminuer les sons, l'autre qui plaçait une sourdine sur les cordes. C'est cette harpe que Sébastien ERARD perfectionnera encore en 1811 en créant la harpe à double mouvement".
(En tête de l'article : harpe Nadermann vendue chez Christie's)

"1788 marque un tournant dans la vie d'Anne Marie STECKLER. Elle se laisse séduire par le célébre pianiste Jean Louis DUSSEK (1760 - 1812), avec qui depuis plus de deux années elle s'était produite dans des duos pour harpe et piano. Ils s'enfuis à Londres où ils donnerons de nombreux concerts". (il était nettement plus séduisant jeune, que sur le document de You tube)
Portrait de Jean Louis DUSSEK;
"KRUMPHOLTZ, aprés avoir essayé de la reconquérir, fut dévoré de chagrin et se jeta dans la Seine du haut du Pont Neuf le 19 février 1790. Mais DUSSEK, oiseau volage, se lassa vite de sa conquête et s'éprit, en 1792, de Sophia CORRI, une jeune chanteuse, pianiste et harpiste de 18 ans".
Anne Marie STECKLER était encore à Londres en 1802. Aprés cette date, on n'entend plus parler d'elle, mais on sait qu'elle demeure en Angleterre......peut être à l'ile Maurice où l'on retrouve la trace de son fils Antoine Philippe KRUMPHOLTZ, notaire qui épouse à Port Louis à l'ile Maurice, le 13 mai 1812 Marie Aglaë MARTINET.

Une rue de Metz, porte son nom....mais c'est une impasse.

Si vous avez des infos.....elles sont bienvenues.

Bonne et Heureuse Année 2011.

Embarquons sur ce beau bateau (My Ship) 2011 et donnons le ton avec ce beau thème de Kurt Weill.

vendredi 15 octobre 2010

Dictionnaire évolutif des facteurs, luthiers, marchands d'instruments de musique de l'est de la France.

Nous évoquons assez régulièrement sur ce blog : " ce dictionnaire évolutif " que nous réalisons depuis bientôt 5 ans sur les facteurs, luthiers et marchands d'instruments de musique de l'est de la France. Il est temps de faire un point sur ce travail.

Un certain nombre d'entre vous connaisse le projet, d'autres pas du tout.

Nouveau : Notre dictionnaire est publié, cliquez sur ce lien si vous souhaitez le consulter.

Quel est le but de ce document ?Je suis collectionneur d'instruments de musique à vent, principalement flûtes et clarinettes....et maintenant plutôt centrer sur "l'est de la France " et j'étais plutôt "surpris" de voir le peux de documents et de renseignements sur les facteurs d'instruments à vent, et sur ces quelques documents de constater que les auteurs étaient pour la plupart étrangers.

La référence dans ce domaine est le fameux Langwill.....mais on ne peut pas dire, même s'il est d'une grande utilité, qu'il donne beaucoup de renseignement sur les facteurs de province : "...milieu XIX iéme siècle....on le trouve dans les listing.....etc..."

Donc pour faire court....la retraite permettant de ....et après être passé par la case généalogie des sixties (l'âge pas l'année), je me suis aperçu que les archives "croulaient " d' informations, de plus en plus facile d'accès grâce à leur numérisation. Donc en avant.

Publication or not publication ?

Le sujet intéresse " 15 personnes ".....Le papier ? trop compliqué et trop cher ....

Nous utilisons un CD, Word, avec de nombreux avantages ( coût, couleurs, liens hypertextes....) et quelques inconvénients (il faut être patient pour tourner les pages....) pour mettre ce travail à disposition.


Grand est de la France.

" Dictionnaire évolutif " ?
L'inconvénient de ce type de travail, est qu'il n'est jamais terminé...L'idéal serait de faire comme les universitaires d'attendre d'avoir atteint la perfection pour le sortir....
Pour ma part je préfère le sortir au fur et à mesure de son avancement...comme une base de données qui évolue, avec ses erreurs, fautes d'orthographes et son manque de rigueur.
Nous l'avons "sortie " pour la première fois en 2007 et envoyé à une cinquantaine de personnes.
Nous souhaiterions mettre à disposition, la version actuelle, pour le printemps 2011. Il me faut régler quelques petits détails de fonctionnement.
Son contenu.
Plus de 800 facteurs, d'instruments à vent, pianos, d'orgues, luthiers d'instruments à cordes (sauf ceux de Mirecourt, très bien documentés dans de nombreux ouvrages), marchands d'instruments, de musique etc...principalement des grandes villes : Nancy, Metz, Strasbourg, Colmar, Dijon, Besançon, Reims......et des plus petites.
La présentation vous rappellera ce blog : * Résumé de l'histoire du facteur.... des facteurs....de la maison... * Quelques adresses en fonction des dates. * Les instruments avec photos si possible.

Comment se présentera ce document ?
1. Une partie papier : Mode d'emploi, liste des Facteurs.....
2. Un CD (ou deux) : avec la liste des facteurs, villes, provinces...avec liens hypertextes, pour accéder, au listing des villes par province, listing des facteurs par ville, aux pages "word-facteur".
3. Bibliographie.
4. Annexe : avec par exemple "un gros document sur les mémoires de Jean Daniel Holtzapffel.
En complément, comme nous recueillons de nombreux renseignements généalogiques, nous constituons avec Hérédis 10, une base disponible par exemple pour l'Alsace, sur généanet :
http://gw5.geneanet.org/index.php3?b=rp121&lang=fr
Ou sur Planéte Hérédis :
Alors, si vous êtes intéressé par ce document, comment l'obtenir ?
Plusieurs façons. (mais pas avant le 1 mars 2011)
1- Nous nous connaissons (ou pas) et vous m'aidez ou m'avez aider à améliorer ce document (photos, instruments, généalogie, infos etc....)....je vous envoie le doc " gracieusement ", vous n'avez qu'a me communiquer vos coordonnées par mail.
2-Sinon, de la même façon, avec une participation aux frais de 10 euros. Nous verrons plus tard pour l'étranger, mais si vous avez une solution pratique, elle sera la bien venue.
Un dernier point qu' il me reste à régler, c'est d'obtenir l'accord de " publication " des images utilisées. Si vous m'avez transmis des documents merci de me transmettre votre accord ou votre refus par mail.
De toute façon chaque image est référencée très précisément.

Voilà si vous avez des questions, remarques, critiques....n'hésitez pas. mon mail est dans la colonne à droite.

samedi 25 septembre 2010

Les frères EDELMANN, musicien et facteur de pianos de Strasbourg, guillotinés en 1794.

Geoffroy Louis (Gottfried Ludwig) EDELMANN est né et a été baptisé le 24 janvier 1753 à Saint Thomas à Strasbourg. Il est le fils de Caspar Samuel EDELMANN, menuisier et de Marie Salomé STORR. Son frère Jean Frédéric EDELMANNN né le 6 mai 1749 à Strasbourg, musicien compositeur et claveciniste est plus connu.
Commençons par l'aîné de la famille : Jean Frédéric (Johann Friedrich) EDELMANN. Il suit sa scolarité au lycée de Strasbourg, avec son ami et protecteur Philippe Frédéric de DIETRICH, futur maire de Strasbourg. Ils étudient ensemble le droit à l'Université de Strasbourg. Il gagne Paris vers 1774, où il se fait connaître comme compositeur, claveciniste et professeur de musique. Il habite rue de la Feuillade puis déménage au 27 rue du Temple. Ses compositions plaisent et sa célébrité dépasse les frontières. Ainsi en 1777, MOZART écrit : "J'ai joué des fantaisies et de jolies pièces d'un certain EDELMANN". Vers 1778, la vie musicale d'EDELMANN connaît un tournant. Le célèbre musicien GLÜCK, devant quitter Paris pour Vienne lui confie son élève Etienne MEHUL. Il lui enseignera la maîtrise du clavecin et la composition. Un autre élève de J.F EDELMANN, Louis ADAM, deviendra un professeur réputé au conservatoire National de Paris. Il compose entre 1775 et 1786, 6 sonates pour clavier, 4 opéras, des symphonies et des concertos pour pianoforte et cordes.

Un exemple de la musique de J.F. EDELMANN ci dessous sur You tube.

 

Il retourne à Strasbourg en 1789, où il devient administrateur du Bas Rhin, alors que P.F. DIETRICH est élu maire de Strasbourg en 1790. A la demande du maire J. F. EDELMANN compose un hymne pour la fête de la Fédération en 1790 qui fut à Strasbourg un succés populaire.
Mais revenons au frère, organiste et facteur de pianoforte, Geoffroy Louis Edelmann. Il avait épousé le 2 février 1778 à Strasbourg Marie Elisabeth WEILER (1759-1838), fille d'un marchand boucher de Strasbourg, Abraham WEILER. Visiblement le couple ne s'entendait pas puisqu'ils vivaient séparés dés 1783. D'ailleurs G.L. EDELMANN avait eu une fille , Sophie EDELMANN née le 19 avril 1791 à Strasbourg dont la mère était Marie Anne HELLFRICH, une jeune allemande, dont il eu un deuxième enfant, Jonathan EDELMANN né le 6 octobre 1793 à Strasbourg.
Quelques mois auparavant, le 17 mars 1793, Marie Elisabeth WEILER et Geoffroy Louis EDELMANN divorcent à la demande de l'épouse. Il semble que G.L. EDELMANN n'a pas épousé Marie Anne HELLFRICH, puisqu'au décès de Marie Elisabeth WEILER à 79 ans, le 4 novembre 1838, remariée à Joseph MILTENBERGER, elle est déclarée "Veuve EDELMANN" et cela malgré le divorce.(2)
DIETRICH et EDELMANN, ainsi que son frère Louis sont membres des amis de la constitution. Les frères EDELMANN adhéraient complètement aux idées révolutionnaires de liberté et égalité.
C'est dans le salon de DIETRICH au printemps 1792, qu'est créé le "Chant de guerre pour l'armée du Rhin" (Dédié au maréchal LUCKNER) par ROUGET de LISLE et qui deviendra la Marseillaise. On ne connaît pas l'auteur de la musique, mais J.F. EDELMANN pourrait en être l'auteur. (1)

Rouget de Lisle, interprétant la Marseillaise
 dans le salon de Dietrich, accompagné par
Madame Dietrich. (Tableau de Pils de 1849)
Quant à J.F. EDELMANN il avait épousé, à 44 ans, le 18 juin 1793 à Strasbourg, Claudine Marcelline CAIRE, 27 ans fille de Marcellin CAIRE, négociant à Strasbourg. Les frères Edelmann avaient une soeur, Marguerite Salomé EDELMANN, née vers 1748 et qui avait épousé Joseph SCHUMANN. Elle avait publiée en 1787 une sonate pour clavecin. Après l'arrestation du Roi à Varennes le 21 juin 1791, les EDELMANN sont partisans de la république (Jacobins), tandis que DIETRICH est favorable à une monarchie constitutionnelle (Feuillant). Le 22 septembre 1792, la royauté est aboli et la république est proclamée. DIETRICH opposé à la république est arrêté, jugé, et acquitté à Besançon, mais conduit à Paris, il est exécuté le 27 décembre 1793.

Portrait de Dietrich.
 J.F. EDELMANN devenu en 1792, président du club des Jacobins de Strasbourg, est bientôt débordé et mis en accusation par les éléments Jacobins extrémistes de Strasbourg et de Paris. Considérés comme suspects, les deux EDELMANN sont arrêtés comme espions, relachés pendant quelques jours, puis envoyés à la Conciergerie de Paris. Aprés un procés sommaire signé FOUQUIER TINVILLE, ils sont condamnés à mort.
Les deux frères sont guillotinés à la barrière du Trône le 17 juillet 1794, 7 mois après DIETRICH et 8 jours avant la chute de ROBESPIERRE. Dans le même convoi de condamnés, il y avait les 16 carmélites de Compiégne, tous inhumés dans les fosses communes du cimetière de Picpus.
J.F. EDELMANN a eu deux fils : Marcellin EDELMANN né le 22 mars 1794 à Strasbourg et Jean Frédéric EDELMANN né le 17 février 1795 à Strasbourg, sept mois après la mort de son père. J.F. EDELMANN fils, après avoir obtenu son prix du Conservatoire de Paris, s'expatria à Cuba où il fut un pianiste célèbre. Il y créa une maison d'édition.
(1) Sylvie Pécot-Douatte : "A la recherche d'Edelmann, le musicien guillotiné", Ed. L'Harmattan, collection Univers musical, 2003.
(2) Jean Claude Battault. "Les facteurs de pianoforte des provinces de France, 1760 - 1820." Musique/Images/Instruments. N°11.
Archives départementales du Bas Rhin. Strasbourg.
http://etat-civil.bas-rhin.fr/adeloch/index.php