Site destiné à améliorer la connaissance des luthiers, facteurs d'instruments à vents, pianos, orgues,marchands de musique de l'est de la France, Nancy, Metz, Dijon, Besançon, Strasbourg, Reims, Verdun.
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Ce samedi 14 décembre 2013 a lieu la traditionnelle ventes de Vichy, animée par Maître LAURENT et Fils. Les luthiers de Troyes seront à l'honneur avec une viole d'amour à six cordes et six cordes sympathiques de Claude AUBERT.
Claude AUBERT : viole d'amour.
Claude AUBERT est né à Bétignicourt dans l'Aube le 19 septembre 1721, ses parents étaient cultivateurs. On ne sait pas où il se forma, en revanche on le retrouve à Troyes dés 1754 où il fut le seul luthier de cette ville du XVIIIème. Sa production a été importante et variée : Quinton de 1754 du musée de La Villette, violons et violoncelles chez François Joseph POMMET luthier à Reims, guitares de La Villette.....
Acte de baptême de Claude Aubert.
Viole d'amour de Claude AUBERT.
Claude AUBERT avait épousé Jeanne Alexandrine BASSUEL en 1748. Il est décédé à Troyes le 19 avril 1794 à 72 ans.
Marque de Claude AUBERT sur une guitare du musée de La Villette.
Il a eu comme apprentis puis comme collaborateurs Claude GIRON et Alexis VILLAUME, d'ailleurs au mariage de ce dernier, ces trois luthiers troyens sont signataires de l'acte de mariage.
Signature de Claude AUBERT en 1788.
Alexis VILLAUME est né le 30 octobre 1766 à Mirecourt. Il
était le fils de Nicolas VILLAUME laboureur. Il commença comme
apprenti dans sa ville, avant de rejoindre Troyes où il travailla avec Claude AUBERT et
Claude GIRON de 1783 à 1789. Le 1 septembre 1788 il épouse à Troyes CatherineMONGIN de Châtillon sur Saône. Il s’établit seul puis
rachète en 1791 avec Claude GIRON l’atelier de Claude AUBERT ; il est
associé avec C. GIRON jusqu’à la mort de celui-ci en 1832. Il continue son
activité jusqu’au 31 décembre 1842, date de sa mort à Troyes au n° 1 rue des
Neuves Boucheries. (147)(23)
Signature d'Alexis VILLAUME (1766-1842) en 1788.
Basse guitare de 1791 de VILLAUME et GIRON. (Musée de Leipzig)
Claude GIRON est né lui aussi à Mirecourt le 1 mars 1762. Son père François GIRON était marchand de vins. Formé à Mirecourt, il rejoint l'atelier
de Claude AUBERT où il fait son apprentissage de 1774 à 1780, et sera ensuite employé dans le même atelier jusqu’en
1791, ou il prendra la succession de Claude AUBERT.
Signature de Claude GIRON en 1788.
Il épouse Marie Claude CHAUMINOT à Troyes le 8 janvier 1796. Il décède à 70 ans à Troyes le 20 mai 1832.
Guitare Villaume et Giron à Troyes du Musée de la Villette.
Dans notre travail sur les facteurs d'instruments de musique de l'est de la France, une marque trouvée sur un flageolet et des parties de clarinette nous intriguait : dans un ovale en pointillés " DANIEL/Breveté/Mirecourt".
Grâce au travail de Jean Jacques BONA publié sur son blog : Luthier Vents l'énigme à été résolue.
Il s'agit de deux membres de la famille DANIEL de Mirecourt, le père Charles Bruno DANIEL et de son fils Edmond DANIEL.
Signature de Charles Bruno DANIEL en 1840.
Charles Bruno DANIEL est né le 2 octobre 1801 à Mirecourt. Son
père Joseph
Bernard DANIEL (1772- ?) était marchand à Mirecourt. Il sera
luthier d’abord à Mirecourt, puis à Marseille. Il épouse Marie Anne Thérèse ARGANT
en 1828 à Vézelise (54) ; ils auront trois enfants : Edme BernardAuguste DANIEL (1829- ?), Marie Thérèse Ernestine DANIEL(1833- ?), tous les deux
nés à Mirecourt et Marie Louise
DANIEL (1840- ?) née à Marseille. Il s’installe à Marseille entre
1833 et 1840 comme marchand luthier. Il décède à 46 ans le 28 juin 1848 à
Marseille. Sa veuve reprend le
magasin, aidée par son fils Edme dit Edmond
DANIEL qui n’a que 19 ans.
Signature d'Edmond DANIEL en 1853.
Malgré son jeune âge
Edmond DANIEL se lance en 1852, avec trois ouvriers, dans la facture d’instruments
en cuivre. « Bon musicien, possédant bien la plupart des instruments en
cuivre » il obtient un brevet d’invention de 15 ans pour « un système
de piston à spirale qui diminue la course des tiges des instruments à pistons »
le 8 décembre 1852. Le principe était simple, un système de rotation du piston,
raccourcissait sa course donc facilitait son utilisation.
Système de piston à spirale du brevet de 1852.
Dès avril 1853, il améliore son brevet en proposant « un
jeu de clés qui remplace les boutons ».
Addition d'avril 1853.
Pour la seconde addition à son brevet, en octobre 1853 il adapte
ses pistons au trombone et à l’ophicléide. Pour son troisième séjour à Paris il
réside chez LABBAYE, célèbre famille de facteurs de cuivres parisiens, 17
rue du Caire.
Adaptation des pistons à spirale au trombone d'octobre 1853.
Comme tous les facteurs d’instruments en cuivre il se heurte
au monopole d’Adolphe Saxe et lui demande une licence qu’il obtient.
Marque d'un saxhorn.
En fait Daniel, au niveau des cuivres se
fournissait chez d’autres facteurs, comme GAUTROT puis COUESNON et recevait
les instruments soit terminés, soit en parties qu’il assemblait et finissait.
Il était également revendeurs d’autres instruments à vent (Clarinettes, flûtes
etc…). Au niveau des instruments à archets il était secondé par des luthiers comme
Paul
François BLANCHARD de Mirecourt ou Antoine Marius RICHELME de Marseille
Marque d'une clarinette à 13 clés.
Alors que pensez de la marque « Daniel/Breveté/Mirecourt » ?
Elle appartient bien à Edmond DANIEL, il suffit de la comparer avec celle de
Marseille, et l’utilisation de la mention brevetée nous conforte dans cette
idée. Mais pourquoi Mirecourt ? Peut-être une tentative de succursale à
Mirecourt ? Avec des instruments de Mirecourt (Rémy-Genin ?), pour le
moment nous n’en savons rien.
Il avait épousé le 22 juillet 1857 à Marseille Claire
Adélaïde ESCOFFIER(1833- ?) dont il divorcera trente ans plus
tard en 1887 et épousera en 1890 Emilie Anne Marie CAUSSIN(1850- ?) la
fille de François
Nicolas CAUSSIN (1819-1884), célèbre luthier de Neufchâteau dans
les Vosges.
Cornet système compensateur de SUDRE, ajusteur breveté DANIEL.
(Collection J.M. RENARD)
François SUDRE (1844-1912) a fait son apprentissage chez E.
Daniel à Marseille. C’est lui qui possédait etdéveloppa le brevet d’Edmond DANIEL de 1884 : « Système
compensateur adapté aux cuivres ».
« Mr Sudre, propriétaire du brevet Daniel, l’a modifié
et en a fait la base d’un système qu’il nomme compensateur et qui lui permet
par les combinaisons d’une double perce d’obtenir le rallongement de certains
tubes des pistons d’une manière logique et sans changer le doigté ».
Détails cornet SUDRE (Collection J.M RENARD)
Il vivait en 1906 avec son épouse au 2 cours Belsunce à Marseille. Merci à Jean Jacques BONA pour toutes ses recherches.
Bernard (Bernhard) Schwartz, est le fondateur de la famille de luthiers Strasbourgeois. Il est né en 1745 à Scandau (Vieille Suisse). Son père, Bernard Schwartz était menuisier. Il devait déjà habiter en 1764 à Strasbourg, car on retrouve un Bernard Schwartz, musicien, à cette date. En 1780 il est membre de la corporation de Strasbourg. Sur le registre de recensement de l’année 1796, il figure comme luthier, et habite 69 rue de Finkwiller, à Strasbourg. Il avait épousé Marguerite Salomé Euler (1756-1837), la fille d’un brasseur de Strasbourg. Ils ont eu trois enfants dont deux fils, Georges Frédéric et Théophile Guillaume, qui seront luthiers, formés par leur père. Bernard Schwartz est décédé à 77 ans, le 2 avril 1822 au 64 rue de Finckwiller à Strasbourg.
Marques de Bernard Schwartz.
Georges Frédéric Schwartz, est néle 7 avril 1785 à Strasbourg. Il travaille déjà dans l’atelier de son père, lorsqu’il épouse le 1 juin 1820, Françoise Barbe Gugelmann, la fille d’un apprêteur de tabac de Strasbourg. Mais celle-ci décède très rapidement, le 5 mars 1822, à 27 ans.
Signature de George Frédéric Schwartz.
Cinq mois plus tard, il épouse le 3 août 1822, Sophie Dorothée Bühner (1795-1839), troisième fille de Gabriel Sébastien Bühner (1753-1816) célèbre facteur d’instruments de musique à vent de Strasbourg.
Ce mariage marque la domination de la Maison Bühner et Keller sur la facture d’instruments à Strasbourg à cette époque, comme le prouve les témoins des mariés qui sont tous des acteurs essentiels : Jean Keller (1778-1833), oncle de la mariée et associé à Jean Bühner (1797-1844), (frère de la mariée), dans la Maison Bühner et Keller, fabricant d’instruments à vent en bois. Jean Finck (1783-1858), qui a épousé la première fille de G.S Bühner, facteur d’instruments à vent en cuivre. Théophile Guillaume Schwartz (1787-1861), luthier frère du marié. Ce couple a eu au moins 9 enfants dont quatre sont mort en bas âge. En 1836 ils habitaient 64 B rue de Finckwiller, à Strasbourg avec leurs enfants : Sophie Schwartz née en 1824, Frédérique Schwartz née en 1826, Louise Schwartz (1827-1910), Charles FrédéricSchwartz né 1834, Georges Frédéric Schwartz (1835-1836).
Associé à son frère à la mort de son père en 1822 dans la Maison : « Frères Schwartz », il s’occupa principalement de la fabrication des archets. (17)
George Frédéric Schwartz est décédé à 64 ans le 29 décembre 1849. Aucun de ses enfants ne continua dans la lutherie. Théophile Guillaume Ier Schwartz est né le 13 octobre 1787 à Strasbourg, second fils de Bernard, il fut un excellent luthier, et s’occupa beaucoup de la réparation des instruments à archet. Il construisit une centaine de violons et une trentaine de violoncelles. Il épousa le 13 juin 1812 à Strasbourg, Marie Madeleine Müh, la fille d’un « Baguetier » de Strasbourg. Son fils Théophile Guillaume Schwartz II est né le 3 septembre 1821 au 15 rue de la Fontaine.
Signature de Théophile Guillaume Schwartz 1.
En1836 il habitait au 64 B, rue Finckwiller, à Strasbourg, avec sa famille, et celle de son frère. En 1838, ils habitaient tous à la même adresse, mais Charles Mauliné, luthier s’était joint à eux avec son épouse Séraphine Ott et son fils Guillaume.
Violon vendu à Vichy en décembre 2011
Théophile Guillaume I Schwartz est décédé à 73 ans, le 29 juillet 1861.
Théophile Guillaume II Schwartz, (1821-1906) fils de Théophile Guillaume Ier succéda à son père en 1852 et dirigea la maison jusqu’en 1895. Il avait épousé Frédérique Caroline Meyer le 28 septembre 1844 à Strasbourg. Il a fait partie, comme alto, pendant longtemps, de l’orchestre du théâtre et de la Société des Concerts du Conservatoire de Strasbourg. Il est décédé à 85 ans, le 3 décembre 1906 à Strasbourg.
Son fils Guillaume Schwartz était professeur de violoncelle au Conservatoire de Nancy. (17)
La Maison disparaitra avec la mort de Théophile Guillaume II Schwartz.
Archet de violoncelle vendu à Vichy en 2009
Bibliographie principale : Albert Jacquot " La lutherie Lorraine et Française" chez Minkoff. Constant Pierre "Les facteurs d'instruments de Musique". René PIERRE "Dictionnaire évolutif des facteurs, fabricants, luthiers, marchands d'instruments de musique de l'est de la France.
Dans notre article sur lesMANGEOT, facteurs de pianos à Nancy, nous évoquions cetteparticularité de la capitale lorraine d'avoir eux au XIX° siècle, deux grandes manufactures de pianos :MANGEOTet STAUB. L'une, les MANGEOT d'origine lorraine, l'autre d'origine germanique, STAUB qui attirera à Nancy un grand nombre d'ébénistes, de menuisiers, de facteurs d'instruments, d'origine allemande qui donneront à Nancy ce dynamisme dans la facture de pianos.http://facteursetmarchandsdemusique.blogspot.com/2010_01_01_archive.html C'estJoseph STEZLE(1767-1836) etLouis Georges WARNECK, qui sont à l'origine de l'implantation de la facture de pianos à Nancy. Nous vous proposons aujourd'hui d'évoquer : Louis Georges WARNECK (ou WÄRNECKE) est né le 14 juin 1784 à Lüneburg en Hanovre. Il était le fils de Jean Georges Warneck. Il arriva à Nancy en 1808 et dès le 22 mai 1809, il épousa Marguerite MORIS (1787-1814) née à Luxembourg. Ses témoins était Joseph STEZLE, facteur d'orgue et de pianos, et également luthier, organiste à Saint Sébastien depuis 1803, chez qui G.L. WARNECK travaillait et JeanHENRION (26 ans) facteur de Forté piano. (peut être de la famille de H. HENRION de Grosbliederstroff en Moselle, dont on connaît un piano).
Cette union est de courte durée car Marguerite MORISdécéde le 15 mars 1814 à Nancy. Joseph STELZE est de nouveau témoin. G.L. WARNECK épouse le 12 avril 1815 Barbe FLORENTIN de Rosiéres aux Salines. Ils auront six enfants : NicolasWARNECK né le 13 mars 1815 et qui sera pianiste et professeur de musique, François EugéneWARNECK né le 15 mars 1818, qui sera aussi professeur et qui travaillera pour la manufacture "STAUB-WARNECK", FrançoisAlexandreWARNECK né le 18 janvier 1820, qui sera associé à son père jusqu'à la mort de ce dernier ("WARNECK père et fils, marchand de pianos, 49 place de la Carrière), et qui sera également musicien, HortenceAnneEugénieWARNECK, née le 19 juillet 1824 et qui épousera le 10 mars 1845 Jean Joseph STAUB(1813-1891), facteur de pianos qui travaillait avec G.L. WARNECK. C'est lui qui développera la manufacture STAUB tout au long du XIX° siècle.
Viennent ensuite, AnneWARNECK (1827-1835) décédée à l'âge de 8 ans et François GabrielWARNECK né le 25 juin 1830 et qui aura un rôle actif dans la manufacture. Marque d'une guitare. (Dictionnaire des luthiers : Vannes)Le 24 février 1826, Louis Georges WARNECK obtient un brevet d'invention de 5 ans, pour une guitare-basson.".....pour imiter sur la guitare les effets du basson, même avec plus de naturel que sur aucun autre instrument, on adapte à la guitare ordinaire trois clefs prés du chevalet ; ces clefs pouvant se toucher sans aucune gêne avec le petit doigt qui se trouve placé sur cet endroit de la table, leur jeu en est rendu bien facile dès les premiers exercices.
Description et schéma du brevet de la guitare basson de 1826. (Source INPI)
Pour obtenir l'effet du tambourin sur la guitare-basson, à l'instant où les quatre doigts pincent les cordes, le petit doigt presse en mesure la clef 1 du tambourin, et l'on entend le son avec timbre produit par un mécanisme placé dans l'intérieur de l'instrument. Si l'on veut imiter le piano, on presse avec le même petit doigt la clef 2 qui fait glisser tout prés des cordes les petits boutons 4 garnis de buffle ; alors on entend des sons doux, harmonieux et réglés. En prenant, avec le même petit doigt, la troisième clef 3, on fait soulever et rapprocher des quatre cordes de basse la petite console mobile 5, et on entend les sons du basson, qui sont parfaitement rendus, sans aucun embarras pour l'exécutant".En 1827 il obtient une médaille d'honneur à l'exposition nationale de Paris et expose 2 violons, un violoncelle et un alto. A l'exposition nationale de Paris de 1834, il expose des basses et des violons.
A partir de 1845, il est associé à son fils, François AlexandreWARNECK (1820-1887), qui a terminé son apprentissage à Besançon et qui c'est marié :" WARNECK père et fils, marchand de pianos, 49 place de la Carrière à Nancy". Ils seront associés, jusqu'au décés de Georges Louis WARNECK qui interviendra le 10 mars 1845.
A partir de cette date la société devient " STAUB-WARNECK" dirigée par Jean Joseph STAUB, associé aux enfants WARNECK, en particulier François Gabriel WARNECK. Mais ceci est une autre histoire. Source : * Dictionnaire des Luthiers de Vannes. *I.N.PI, rue de Saint Pétersburg à Paris. *Archives Municipales de Nancy. * Archives départementales de Meurthe et Moselle.
Si vous souhaitez plus de détails sur la facture de pianos à Nancy, nous vous conseillons l'article de Jean-Marc STUSSI :
NicolasDESROUSSEAUX est né le 8 mars 1716 à Vachérauville, petit village de la Meuse, situé à une vingtaine de kms de Verdun. Son père Jean DESROUSSEAUX y exerçait le métier de manouvrier. Comme son frère Jean, il travailla d'abord comme tailleur de pierres. Vers 1735 il rentre dans l'atelier de Joseph MIRAUCOURT, luthier à Verdun et devint grâce aux conseils de celui-ci un habile luthier.
Il épouse le 14 janvier 1744 à Récicourt (Meuse), JeanneMIRAUCOURT (1721- ?) la fille de son maître et il ouvrit un atelier de lutherie à Verdun : " A la Luth". Ils eurent six enfants dont deux survécurent : François DESROUSSEAUX né le 20 janvier 1749 à Verdun sera Horloger. De son mariage avec Marguerite GENTY naîtront 9 enfants dont plusieurs s'allièrent avec des familles de musiciens, comme le fit sa dernière fille Angélique DESROUSSEAUX (1785 - ? ) qui épousa Jean Charles BIRCKHANN (1740 - 1844), alsacien de Sarre Union dans le Bas Rhin, chef de musique dans l'armée et dont 4 fils furent musiciens militaires.
Quinton de NicolasDesrousseaux de 1733. (Collection TonyBingham)
A la mort de NicolasDEROUSSEAUX, le 12 août 1783 à Verdun, c'est son deuxième fils Jacques DESROUSSEAUX (1754-1818), qui lui succéda comme luthier, installé rue Chaussée à Verdun. Il avait épousé le 15 juillet 1788, Marguerite DIDIER, la fille d'un sellier de Verdun. Leurs enfants sont décédés en bas âge et l'atelier disparaîtra avec la mort de Jacques DESROUSSEAUX qui interviendra le 27 décembre 1818 à Verdun.
Il reste quelques zones d'ombre sur NicolasDESROUSSEAUX : Il semble que ce luthier a été très précoce et très doué comme le montre le quinton présenté dans cet article réalisé en 1733 (Il avait 17 ans) et le violon du musée de la musique de Paris de 1738 (22 ans). Son "Maître" est il vraiment Joseph MIRAUCOURT ? Car ce dernier se déclare marchand et résidant dans un village à Souilly (Meuse) jusqu'en 1729 et réside à Verdun à partir de 1735. On ne connait pas d'instruments de ce luthier, seule une étiquette de 1743, mentionnée par Albert Jacquot dans son ouvrage : " La lutherie Lorraine et Française". En revanche A. Jacquot, dans ce même ouvrage décrit un quinton lui appartenant signé Claude MIRAUCOURT , luthier à Verdun, daté de 1741, qui pourrait être le formateur de N. DESROUSSAULT.
Deux articles récent, parus dans "Musique, Images, Instruments" évoquent la Lorraine. L'un écritpar Jean Claude BATTAULT : "Les facteurs de pianoforte des provinces de France, 1760 - 1820", évoque un facteur messin du nom de STECLER dont on ne connaît pas grand chose et peu d'instruments. L'autre, écrit par JoëlDUGOT : "Sonorités inouïes : la nouvelle harpe de Messieurs Krumpholtz et Nadermann " traite de la contribution d'un célèbre harpiste tchèque, Jean Baptiste KRUMPHOLTZ à l'amélioration de la harpe. Cet harpiste était marié à Anne Marie STECKLER, elle aussi harpiste.
Quels sont les liens entre ces deux articles : la famille STECKLER de Metz et de plus nous avons trouvé dans nos recherches un document, écrit par HenriTRIBOUT de MOREMBERT (1912 - 1976) : "Une Virtuose de la harpe au XVIII° siècle : Anne Marie STECKLER" qui raconte la vie tumultueuse de ce couple.
Nous mettrons " entre guillemets" les passages (nombreux) extraits de ce document.
Christian STECKLER est né à Haute Vigneulles (57) le 7 août 1746. Il est le fils deChristopheSTECKLER (1711 - 1868) tailleur de pierre et de ChristineCOLLIN(1707 - 1766). Son grand père Joseph STECKLER (1688-1719), charpentier s'était installé à Bambiderstroff (57)après avoir quitté son village de " Laufeneeg à 4 kilométresd'Oberstaufen en Bavière". Compagnon menuisier, Christian STECKLER épouse à Haute Vigneulles le 12 novembre 1765 Marie BAILLON. " En 1770 il quitte son village pour s'établir à Metz, d'abord comme menuisier puis en 1776 comme luthier. Il est vraisemblable qu'il apprit le métier chez SimonGILBERT, (1718 - 1782) maître luthier et musicien messin, dont le père Louis NicolasGILBERT (1682 - 1750) était lui aussi maître luthier.
C'est d'ailleurs la fille de SimonGILBERT, Marguerite GILBERT (1742 - 1783) que Jean Baptiste KRUMPHOLTZ épousera en première noce. Cette famille GILBERT était fort connue et avait des relations d'affaires avec le luthier parisien Louis GUERSAN (1700 - 1770), et fabriquait et commercialisait des instruments de haut de gamme (on pouvait acquérir dans leur boutique des Stradivarius). Dans l'atelier de SimonGILBERT, en Fournirue on trouve en 1783 : établis, tours à bois, tours à filer des cordes et des boyaux, scies, marteaux, pinces, rabots, étaux, ciseaux, limes, vis et chevilles, clefs de harpes, crin pour archets, marteaux de claviers, planches de bois, colle, colophane, vernis...et une grande variétés d'instruments achevés ou non (Turlutaines, épinettes, altos, violons, vielles, guitares, mandolines, musettes, clavecins, harpes......(MarionDuvigneau : " A quatre temps : la musique en Moselle des origines à nos jours" ADS de Moselle 2002)
Jean Baptiste KRUMPHOLTZ : portrait présumé. Musikinstrumenten-Museum de Berlin
"Les 7 enfants de Christian STECKLER, cinq garçons et deux filles, qui naîtront sur quatre paroisses différentes jusqu'en 1782, indiquent que leur père changea souvent de domicile. Le commerce est si florissant que Christian cherche constamment des locaux plus vastes. De 1799 à 1813, il se fixe au 419 en Fournirue, dans une maison appartenant à sa belle soeur, la veuve Cantelle. Il fabrique surtout des clavecins et même des clavecins à maillets, qu'on appellera bientôt des piano-forte".
C'est en 1813 qu'il abandonne son métier, il s'installe d'abord à la campagne, puis on le retrouve en 1819 au 31 en Fournirue à Metz. Il meurt à Paris le 14 février 1838, au 43 rue de Lille."Est-il étonnant qu'avec un tel père, les enfants aient brillé à leur tour dans la musique ? L'un, NicolasSTECKLER né à Metz le 28 octobre 1771, fut musicien militaire et figura en cette qualité au début de l'Empire, à la 109° demi-brigade de ligne ; l'autre, Anne Marie STECKLER a laissé un grand nom dans la musique française".
"Née à Haute-Vigneulles le 10 octobre 1766, elle avait à peine quatre ans lorsqu'elle vint se fixer à Metz avec ses parents. Très douée pour la musique, elle eut la bonne fortune d'être remarquée par Jean Baptiste KRUMPHOLTZ". JohannBaptist ou Jan KrtitelKRUMPHOLTZ est né à Budenice prés de Zlonice (près de Prague) en Bohême le 3 mai 1742. Fils d'un chef de musique d'un régiment français, hautboïste de Prague et d'une mère harpiste, il apprend la harpe (après le cor) à Vienne et après avoir voyagé à travers l'Europe, il est recommandé à Haydn en 1771 et qui l'accepte comme élève en 1773. Il entre comme harpiste à la Chapelle des princes Esterhazy et voyage à partir de 1776 dans toute l'Europe et en France où il acquiert une réputation de virtuose de la harpe. C'est sans doute, aprés avoir donné un concert à Metz qu'il décide de faire un séjour dans l'atelier de SimonGILBERT, pour travailler sur la facture d'instruments ; c'est au cours de ce séjour qu'il fera la connaissance de ses deux épouses, la premiéreMarguerite GILBERT (1742 - 1783), la fille de Simon qu'il épousera en 1778 (dont il eut un fils Pierre Joseph VictorKRUMPHOLTZ qui sera aussi harpiste) et qui décédera en couches vers 1782 - 1783 et Anne Marie STECKLER, fillette de 10 ans particulièrement douée pour la harpe et qu'il prendra sous son aile. "Le musicien arriva dans la capitale le 14 février 1777, sa protégé fait partie du voyage. Elle avait à peine treize ans, lorsqu'elle se fit entendre à Paris en décembre 1779 devant Marie Antoinette au cours d'un concert spirituel. En 1781, on la retrouve à Metz, où elle donne cinq concerts à l'hôtel de ville, de janvier à juillet".
"C'est vraisemblablement en février ou en mars 1783, que l'éléve épousera le maître "veuf" en l'église Saint Roch". Il a 24 ans de plus qu'elle. " Le ménage KRUMPHOLTZ ne compte plus ses succés. Lui, demeure un habile compositeur, et son enseignement est trés rechercher, on peut dire qu'il a formé tous les harpistes français de son époque ; elle est une artiste hors pair dont le talent d'exécution, bien supérieur à celui de son mari, excitait la plus vive admiration".
Ils eurent trois enfants : Louis Armand KRUMPHOLTZ né en 1783, Charlotte EspritKRUMPHOLTZ née en 1785, Antoine Philippe KRUMPHOLTZ né en 1787, tous baptisés à l'église Saint Roch à Paris. "Jean Baptiste KRUMPHOLTZ, travaille constamment à perfectionner son instrument. Le 21 novembre 1787, il présente à l'Académie des sciences une harpe construite sur ses indications par le facteur NADERMANN. Elle comporte deux pédales, l'une pour augmenter ou diminuer les sons, l'autre qui plaçait une sourdine sur les cordes. C'est cette harpe que Sébastien ERARD perfectionnera encore en 1811 en créant la harpe à double mouvement". (En tête de l'article : harpe Nadermann vendue chez Christie's)
"1788 marque un tournant dans la vie d'Anne Marie STECKLER. Elle se laisse séduire par le célébre pianiste Jean Louis DUSSEK (1760 - 1812), avec qui depuis plus de deux années elle s'était produite dans des duos pour harpe et piano. Ils s'enfuis à Londres où ils donnerons de nombreux concerts". (il était nettement plus séduisant jeune, que sur le document de You tube)
Portrait de Jean Louis DUSSEK;
"KRUMPHOLTZ, aprés avoir essayé de la reconquérir, fut dévoré de chagrin et se jeta dans la Seine du haut du Pont Neuf le 19 février 1790. Mais DUSSEK, oiseau volage, se lassa vite de sa conquête et s'éprit, en 1792, de Sophia CORRI, une jeune chanteuse, pianiste et harpiste de 18 ans".
Anne Marie STECKLER était encore à Londres en 1802. Aprés cette date, on n'entend plus parler d'elle, mais on sait qu'elle demeure en Angleterre......peut être à l'ile Maurice où l'on retrouve la trace de son fils Antoine Philippe KRUMPHOLTZ, notaire qui épouse à Port Louis à l'ile Maurice, le 13 mai 1812 Marie Aglaë MARTINET.
Une rue de Metz, porte son nom....mais c'est une impasse.