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jeudi 20 novembre 2014

Jean Chrétien ROTH (1816-1881). Facteur de tous les instruments à vent à Strasbourg.

Jean Chrétien ROTH (1816-1881).  
                       Facteur de tous les instruments à vent à Strasbourg.                       
                                  Successeur de DOBNER et Co et de BÜHNER et KELLER.                              
René PIERRE
Nous vous proposons dans cet article de mieux connaitre un facteur strasbourgeois, de tous les instruments à vent qui occupa la scène alsacienne pendant plus de 40 ans.
Marque vers 1843.

Jean Chrétien ROTH est né le 24 janvier 1816 dans la banlieue de Strasbourg, à Schiltigheim. Son père Jean Chrétien ROTH (1789-1856), tourneur était arrivé à Strasbourg vers 1810, venant de Tribourg dans le grand-duché de Hesse où il était né ; il avait épousé Dorothée RHEIN la fille d’un boulanger de Schiltigheim.
Jean Chrétien Roth fils avait plusieurs frères et sœurs, dont deux frères tourneurs eux aussi : Jean Georges ROTH né le 14 juin 1819 à Schiltigheim, qui épousera Dorothée Caroline RHEIN de Schiltigheim et Jacques ROTH né le 28 mars 1823 à Schiltigheim. Les trois frères ont été formés par leur père et ont peut-être travaillé pour Bühner et Keller ou pour la veuve Dobner.
En 1840, Jean Chrétien ROTH fils s’installa au 15 place Kléber, comme facteur d’instruments et épousa Caroline RHEIN le 20 août 1842 à Strasbourg.
Marques utilisées de 1850 à 1870.




















Vers 1843, il reprit la Maison Dobner, que tenait la veuve de Joseph DOBNERMarie Thérèse MÜLLER (1768-1849), au  9 place Kléber (place d’Armes).  « Chrétien Roth, successeur de Dobner et Co. Fournit tous instruments pour musique militaire. » (1)  Il devait à cette époque travailler avec son frère Jacques ROTH qui était aussi facteur d’instruments.  
Remarques : On peut lire régulièrement dans les articles concernant « Roth à Strasbourg » (Langwill) que Chrétien Roth « père » aurait créé la Maison …..Ce n’est pas exact. Seul Jean Chrétien Roth (1816-1881) fils a créé et dirigé la société. Il est souvent question également dans certaines publications de « Charles ROTH ». Le seul Charles Roth de cette famille était le frère de Jean Chrétien Roth fils né en 1825 qui sera clerc de notaire.
Signature de Jean Chrétien ROTH.
Jean Chrétien ROTH eut 7 enfants dont deux moururent en bas âge ; son fils Jean Chrétien Charles Erwin, sourd et muet, décéda à 17 ans. J.C. Roth était aussi un virtuose de la clarinette et fonda l’harmonie militaire de Strasbourg en 1846 ; il était membre de la loge de Strasbourg des  Frères Réunis. 

Clarinette 13 clés portant la marque de 1843
 « Roth/Successeur/Dobner/A Strasbourg ». (Collection RP)
« ….Il se présenta à l’exposition de 1844 et reçut une médaille de bronze pour une trompette placée au premier rang et un alto au troisième. Puis il adapta aux instruments de cuivre un mécanisme transpositeur à coulisse mobile (1852 et 1856). En 1855, Roth fit une flûte descendant au sol et une clarinette basse, dont aucun trou n’était directement bouché par les doigts, qu’il présenta à l’exposition avec un cornet clarino (cornet et bugle duplex), un cornet omnitonique à cylindre et à coulisses et des clarinettes en cuivres (médaille de 2° classe) ». (2)   

Carte postale représentant
le magasin Ch. Roth en 1868, 
  « anciennes Maisons Dobner
 et Bühner et Keller ». 























En 1846 Jean Chrétien ROTH demanda à A. SAX une licence, ainsi que le droit de commercialiser des instruments dépendant du brevet SAX.
Vers 1848, il reprit la Maison BÜHNER et KELLER, qui était passée dans la famille FINCK en 1844, à la mort de Jean BÜHNER.
Clarinette Si b à 6 clés, portant la marque « classique » vers 1855.
 (Collection RP).

En 1852, Jean Chrétien ROTH, écrit un petit document : « Les Musiques Militaires en France. De leur réforme, au point de vue de l’amélioration du sort des musiciens et de leur perfectionnement dans les limites des crédits du Budget »Chez Silbermann, 24 pages. Se trouve chez l’auteur, facteur d’instruments, 18 place Kléber, à Strasbourg. «  Dirigeant depuis 12 ans, avec un succès progressif, une fabrication importante d’instruments à vents dont les produits sont partagés entre la France et l’Allemagne….. »
Jean Chrétien ROTH y cherchait à promouvoir la situation professionnelle des  musiciens de musique militaire et proposait dans ce but la création d’un avancement qui les motiverait dans leur carrière, la propriété privée d’instruments plus performants, une formation différente de celle du « Gymnase Parisien », la création d’écoles dans cinq grandes villes, entre autres projets.

Clarinette Si b à 13 clés, portant la marque
 « classique » vers 1855. (Collection W. Rousselet).
En Mars 1852 il demanda un brevet d’invention de 15 ans, pour « un mécanisme transpositeur applicable aux instruments à vent en cuivre ».
La description du brevet décrit un « clairon chromatique en Si bémol munie du mécanisme transpositeur », qui comporte 3 pistons de jeu et 4 pistons transpositeurs (le premier baisse d’un demi-ton, le second d’un ton, le troisième d’un ton et demi, le quatrième de deux tons).
« Cette application permet de jouer dans tous les tons, sans ôter les lèvres de l’embouchure et sans avoir plus d’un accident à la clé ».
Système de pistons du mécanisme 
Transpositeur du brevet 
de 15 ans de mars 1852. (Inpi Paris)



















En 1856, Jean Chrétien ROTH et Jacques ROTH furent témoins au mariage d’Achille GALLICE, facteur d’instruments à vent en cuivre, successeur de KRETZSCHMANN. On peut donc penser qu’Achille GALLICE aurait travaillé pour ROTH.
Flûte à 8 clés avec une patte de Ré typique de C. Roth (R. Charbit)

Cette même année, en 1856, Jacques ROTH, frère de Jean Chrétien ROTH qui avait débuté sa carrière en étant facteur d’instruments de musique, était installé comme tourneur et marchand de pipes, au 3 place Kléber, avec sa famille et ses parents.

Les magasin et ateliers de la Maison ROTH étaient situés de 1844 à 1867 au 18 place Kléber, à Strasbourg, et plus tard rue de la Grange.

Hautbois à 11 clés. (Collection RP)
Cor anglais courbe en bois recouvert de cuir. (W. Petit)
Nicolas Eugène SIMOUTRE (1834-1908), luthier de Metz et de Paris a travaillé chez Ch. ROTH en 1856. (2)

En 1873, J.C. Roth s’associa à Julius Max BÜRGER, mais malade, il dut se retirer du monde musical  en 1876.  A sa mort, le 4 octobre 1881, J.M. BÜRGER prit sa succession.

Marque vers 1880.

Bibliographie :

    (1) : Almanach du Commerce de Paris, de la France et des pays par Sébastien Bottin.
   (2) : Constant Pierre. Les facteurs d’instruments de musique. Paris 1893.



jeudi 8 mars 2012

La famille KELLER facteurs d'instruments de musique à vent à Strasbourg (1710-1833).



Première marque de l'atelier KELLER vers 1765
attribuable à Jean III KELLER. (Flûte 1 clé : David Shorey)
Depuis très longtemps nous souhaitions faire le point sur cette famille strasbourgeoise de tourneurs et de facteurs d'instruments, importante pour l'histoire de la facture instrumentale en Alsace. Nous souhaitons tout d'abord remercier ceux qui ont contribué à la réalisation de cet article : Jean JELTSCH, Blanche DUCHATEL et l'équipe de génialegenealsace pour la traduction d'actes illisibles en "allemand pointu", David SHOREY, José Daniel TOUROUDE.
Pour ceux qui souhaiteraient se plonger dans la généalogie de ces facteurs alsaciens, nous avons publié sur Généanet toutes nos données ainsi que la totalité des actes originaux concernant la famille KELLER et BÜHNER.

http://www.geneanet.org/profil/?source=rpierre2&lang=fr&rech=KELLER&rech1=KELLER&place=Strasbourg%2C67000&subregion=f67&region=als&country=fra&ressource=arbre


Marque des KELLER vers 1780. (clarinette collection N.C.)
Atelier créé par Johannes (Jean) II Keller, qui en tant que tourneur sera admis dans la corporation des charpentiers (Zunft Zimmerleute) en 1736. Il est né le 15 juin 1710 à Strasbourg, son père  Johann I Wolff Keller était remueur de blé (Kornwerfer) et sa mère Marie Ursula PSOOR. Il épousa Marie Salomé Schneider, fille d’un tourneur,  le 7 novembre 1736 à Strasbourg et aurons trois fils : Jean III Keller, Isaac Keller, Jean Philippe Keller. Il est décédé le 25 janvier 1778 à Strasbourg à l’âge de 68 ans. Ses trois fils étaient témoins le jour de son décès.
Dans tous les actes que nous avons trouvés sur lui il se déclare : « Dreher » « Dräher », « Holzdreher », c’est-à-dire tourneur ou tourneur sur bois, mais jamais fabricant d’instruments.

Signature de Jean II KELLER à son mariage 1735.

Jean III Keller : Facteur d’instruments est né le 14 décembre 1737 à Strasbourg. Il épousera le 7 août 1765 à Strasbourg, Marguerite Salomé Baldner (1738-1808), fille de Daniel Baldner, chaudronnier à Strasbourg. La famille Baldner était une famille importante de Strasbourg, implantée depuis le XV° siècle, appartenant à la « tribu » des pécheurs. Le grand père de Daniel Baldner était Hans (Johann) Jacob Baldner (1606-1683) célèbre facteur d’orgues qui travailla à la cathédrale et réalisa l’orgue de Bouxwiller en Alsace.
Signature de Jean III KELLER à son mariage en 1765.

A son mariage en 1765, Jean III Keller se déclare : « faiseur d’instruments
(de musique) » (Instrumentenmacher) et tourneur d’art et sur bois (Kunst und Hohldreher). Même s’il a travaillé avec son père jusqu’en 1778, il a dû réaliser les instruments de musique qui portent la marque à « la fleur de lys », puisqu’il est le seul dans sa période d’activité (1765-1785) à se déclarer « Instrumentenmacher », notamment aux naissances de ses quatre enfants.
Leurs enfants sont Marguerite Salomé Keller (1766-1769), Marguerite Barbe Keller (1770-), Marie Madeleine Keller (1768-1834) qui épousera Gabriel Sébastien Bühner, Jean Keller IV (1776-1833). L’atelier ne fabriquait pas seulement des instruments de musique ; les trois frères devaient travailler ensemble jusqu’au 6 juillet 1785 à la mort de Jean III Keller, déclaré « Dräxler Meister » Maître tourneur dans l’acte de décès.

Isaac Keller est né le 26 janvier 1740 à Strasbourg. A la mort de son frère en 1785 (Jean III Keller), il est reçu à son tour, comme facteur d’instruments dans la corporation des charpentiers. Il restera célibataire. Il meurt le 11 juin 1802 à Strasbourg (22 prairial an X) de fièvre scarlatine. Les témoins sont un voisin Philippe Jacques Schmidt (68 ans homme de lettre) et son neveu Jean IV Keller, 25 ans facteur d’instruments.
Signature d'Isaac KELLER au décès de son père en 1778.
Jean Philippe Keller est né le 10 novembre 1743 à Strasbourg. En 1770, à la naissance de sa nièce Marguerite Barbe Keller, il se déclare « Instrumentenmacher ». C’est lui qui achète, le 14 avril 1791 par adjudication et pour 6050 livres, la maison du 70 rue du Marché aux Vins. Le 22 octobre  1793, il demande de s’acquitter de sa dette plus rapidement. Il décède à 51 ans le 25 avril  1794 (6 floréal an II) à Strasbourg (faiseur d’instruments). Les témoins sont Isaac Keller et un voisin tourneur Jean Georges Schantz.
(1er juillet 1794,13 messidor an II, inventaire après décès Jean Philippe Keller d’une maison 70 place de la Fraternité). Source Jean Jeltsch                                    

Signature de Jean Philippe KELLER au décès de son père en 1778.
De 1782 à 1791 l’atelier des Keller était situé place Dauphine ; à partir de 1791 il se situait au 70 Vieux Marché aux vins. Vers 1790 Jacques François Simiot (1769-1844), célèbre facteur lyonnais, passa une année dans l’atelier : « Chez Messieurs Keller et Bühner facteurs d’instruments à Strasbourg. J’y travaillai environ un an. L’ouvrage cessa : la France était en mouvement ». (Biographie autogr. de Simiot adressée à Pallu vers 1827, MS Dôle).
Gabriel Sébastien Bühner (1753-1816) arrivé en Alsace vers 1777, avait épousé Marie Madeleine Keller le 21 avril 1789. A son mariage il se déclarait « Instrumentenmacher » et travaillait dans l’atelier des Keller. A quel moment s’est-il associé aux Keller, pour créer la société Bühner et Keller, nous ne pouvons le dire actuellement. Jean IV Keller futur associé dans la Maison Bühner et Keller, n’avait que 18 ans, en 1794, à la mort de son oncle Jean Philippe Keller et c’est à lui qu’a été vendu, à la mort d’Isaac Keller, la maison du 70 rue du Marché aux Vins, le 20 août 1802 (2 fructidor an X) pour 8 550 Frs.
Comme la période révolutionnaire avait été très défavorable au commerce strasbourgeois, il est probable que la Maison Bühner et Keller a été créé en 1802 à la mort d’Isaac Keller. Les deux beaux-frères, Gabriel Sébastien Bühner et Jean IV Keller était associés.
Jean IV Keller est né le 3 décembre 1776 à Strasbourg. En 1802 il se déclare facteur d’instruments.
Le 26 août 1807, il épouse Ursule Daubenberger fille d’un cultivateur de Truchtersheim. Ils reconnaissent, en présence de G.S. Bühner leur fille Marguerite Salomé Keller née en 1807. Une seconde fille naîtra en 1809 : Elisabeth Joséphine Keller. A la mort de sa première épouse il se remarie le 1 août 1815 avec Sophie Gros. Dans le contrat et l’inventaire d’apport au mariage, Jean Keller déclare un tiers du fond de commerce « Bühner et Keller ».
Signature de Jean IV KELLER.
De ce deuxième mariage naîtrons deux enfants : Barbe Frédérique Keller (1829-1866) qui restera célibataire et un fils Jean V Keller (1833) qui ne vécut que quelques jours.   
Flûte 1 clé et trois corps de rechange portant
 la marque à fleur de lys. (David SHOREY)
A la mort de Gabriel Sébastien Bühner le 30 novembre 1816, c’est son fils Jean BÜHNER (1794-1844) qui entra dans l’association. Le 18 avril 1829, la maison du 70 rue du Marché aux Vins est vendue pour 8950 Frs à Mademoiselle Marie Jeanne Delfosse. Jean IV Keller continuera d’habiter cette maison jusqu’à son décès le  10 juin 1833 à 56 ans.
Dans l’inventaire des marchandises, outils, dettes et créances, l’on trouve que le commerce de Jean BÜHNER  était mené conjointement avec Jean IV Keller, car il possédait la moitié du fonds de commerce. (Instruments et autres marchandises pour un total de 1755,10 frs).

Flûte 1 clé et quatre corps de rechange portant la marque
 aux angelots trompettistes. (David SHOREY)


Clarinette en Ut à 5 clés. (Collection N.C.)
Clarinette en Si b à 5 clés vers 1780. (Collection R.P.)


Clarinette en Ut à 9 clés (5+4) vers 1790 (Collection R.P.)
Etienne Ozi (1754-1813), célèbre bassoniste, premier basson à la chapelle du roi, puis à la chapelle impériale et à l’orchestre de l’opéra, professeur au conservatoire de Paris précisait, dans sa « Méthode nouvelle et raisonnée pour le basson », publiée en 1788, qu’il possédait un basson de Keller à Strasbourg, instrument qu’il recommandait.
Basson en érable et clés laiton.
(Swedish National Collections of Music, Stockholm)
Une société existait entre les deux frères Isaac et Jean Philippe Keller, « Frères KELLER ». Cette société a-t-elle commencée en 1785 à la mort de Jean III Keller ? En tout cas elle existait en 1791, puisque les deux frères (Isaac et Jean Philippe) possédaient chacun la moitié de la maison de la rue du Marché aux Vins. En 1794 à la mort de Jean Philippe, Isaac continua d’occuper cette maison du 70 rue du Marché aux Vins.

Jean Bühner continua de diriger la Maison Bühner et Keller jusqu’à sa mort qui intervint le 12 mai 1844 à Strasbourg. La société Bühner et Keller a été reprise par Charles Finck, cousin de Jean Bühner. Jean Chrétien Roth reprendra la société en 1850.
Flûte à une clé et trois corps de rechange
signée "Frères KELLER".

lundi 28 novembre 2011

Les SCHWARTZ à Strasbourg, une famille de luthiers : 1745 - 1907.

Cliquez sur ce lien pour voir notre dictionnaire des luthiers, facteurs et marchand d'instruments de musique de Strasbourg.

 
 
 
 
Signature de Bernard Schwartz.
Bernard (Bernhard) Schwartz, est le fondateur de la famille de luthiers Strasbourgeois. Il est né en 1745 à Scandau (Vieille Suisse). Son père, Bernard Schwartz était menuisier. Il devait déjà habiter en 1764 à Strasbourg, car on retrouve un Bernard Schwartz, musicien, à cette date. En 1780 il est membre de la corporation de Strasbourg. Sur le registre de recensement de l’année 1796, il figure comme luthier, et habite 69 rue de Finkwiller, à Strasbourg. Il avait épousé Marguerite Salomé Euler (1756-1837), la fille d’un brasseur de Strasbourg. Ils ont eu trois enfants dont deux fils, Georges Frédéric et Théophile Guillaume, qui seront luthiers, formés par leur père. Bernard Schwartz est décédé à 77 ans, le 2 avril 1822 au 64 rue de Finckwiller à Strasbourg.

Marques de Bernard Schwartz.
Georges Frédéric Schwartz, est né  le 7 avril 1785 à Strasbourg. Il travaille déjà dans l’atelier de son père, lorsqu’il épouse le 1 juin 1820, Françoise Barbe Gugelmann, la fille d’un apprêteur de tabac de Strasbourg. Mais celle-ci décède très rapidement, le 5 mars 1822, à 27 ans.

Signature de George Frédéric Schwartz.
Cinq mois plus tard, il épouse le 3 août 1822, Sophie Dorothée Bühner (1795-1839), troisième fille de Gabriel Sébastien Bühner (1753-1816) célèbre facteur d’instruments de musique à vent de Strasbourg.

Ce mariage marque la domination de la Maison Bühner et Keller sur la facture d’instruments à Strasbourg à cette époque, comme le prouve les témoins des mariés qui sont tous des acteurs essentiels :
Jean Keller (1778-1833), oncle de la mariée et associé à Jean Bühner (1797-1844), (frère de la mariée), dans la Maison Bühner et Keller, fabricant d’instruments à vent en bois. Jean Finck (1783-1858), qui a épousé la première fille de G.S Bühner, facteur d’instruments à vent en cuivre. Théophile Guillaume Schwartz (1787-1861), luthier frère du marié. Ce couple a eu au moins 9 enfants dont quatre sont mort en bas âge. En 1836 ils habitaient 64 B rue de Finckwiller, à Strasbourg avec leurs enfants : Sophie Schwartz née en 1824, Frédérique Schwartz née en 1826, Louise Schwartz (1827-1910), Charles Frédéric Schwartz né 1834, Georges Frédéric Schwartz (1835-1836).
Associé à son frère à la mort de son père en 1822 dans la Maison : « Frères Schwartz », il s’occupa principalement de la fabrication des archets. (17)

Pour en savoir plus sur : Bühner et Keller, Finck...Cliquez sur ce lien : http://facteursetmarchandsdemusique.blogspot.com/2009/06/buhner-et-keller-facteurs-dinstruments.html

....et sur celui-ci : http://facteursetmarchandsdemusique.blogspot.com/2010/09/jean-finck-1783-1858-facteur.html
George Frédéric Schwartz est décédé à 64 ans le 29 décembre 1849. Aucun de ses enfants ne continua dans la lutherie.
Théophile Guillaume Ier Schwartz est né le 13 octobre 1787 à Strasbourg, second fils de Bernard, il fut un excellent luthier, et s’occupa beaucoup de la réparation des instruments à archet. Il construisit une centaine de violons et une trentaine de violoncelles. Il épousa le 13 juin 1812 à Strasbourg, Marie Madeleine Müh, la fille d’un « Baguetier » de Strasbourg. Son fils Théophile Guillaume Schwartz II est né le 3 septembre 1821 au 15 rue de la Fontaine.
Signature de Théophile Guillaume Schwartz 1.
En1836 il habitait au 64 B, rue Finckwiller, à Strasbourg, avec sa famille, et celle de son frère. En 1838, ils habitaient tous à la même adresse, mais Charles Mauliné, luthier s’était joint à eux avec son épouse Séraphine Ott et son fils Guillaume.
Violon vendu à Vichy en décembre 2011
Théophile Guillaume I Schwartz est décédé à 73 ans, le 29 juillet 1861.

Théophile Guillaume II Schwartz, (1821-1906) fils de Théophile Guillaume Ier succéda à son père en 1852 et dirigea la maison jusqu’en 1895. Il avait épousé Frédérique Caroline Meyer le 28 septembre 1844 à Strasbourg. Il a fait partie, comme alto, pendant longtemps, de l’orchestre du théâtre et de la Société des Concerts du Conservatoire de Strasbourg. Il est décédé à 85 ans, le 3 décembre 1906 à Strasbourg.
Son fils Guillaume Schwartz était professeur de violoncelle au Conservatoire de Nancy. (17)
La Maison disparaitra avec la mort de Théophile Guillaume II Schwartz.
Archet de violoncelle vendu à Vichy en 2009
Bibliographie principale : Albert Jacquot " La lutherie Lorraine et Française" chez Minkoff.
                                      Constant Pierre "Les facteurs d'instruments de Musique".
                                       René PIERRE "Dictionnaire évolutif des facteurs, fabricants, luthiers, marchands d'instruments de musique de l'est de la France.

lundi 13 septembre 2010

Jean Finck (1783 - 1858) facteur d'instruments de musique en cuivre à Strasbourg.

Tout d'abord nous voudrions remercier chaleureusement, Jean Finck de Strasbourg, descendant direct de notre facteur, qui nous a aimablement transmis ces portraits et une grande partie de la généalogie de la famille Finck.
Jean Finck (1783 - 1858)

Jean FINCK est né le 14 février 1783 à Strasbourg. Il est le fils de Jean Théodore FINCK (1753-1823) marchand de bas et bonnetier et de Marie Madeleine KOCH (1752-1805). Son grand père paternel Johan Jacob FINCK (1721-1764) était originaire de Lahr dans l'état de Bade. Ses parents divorcent le 31 janvier1793.
 Marie Madeleine BÜHNER (1791-1843)
 
Il épouse le 28 mai 1808 à Strasbourg, Marie Madeleine BÜHNER, née le 9 mai 1791 à Strasbourg, fille du célèbre Gabriel Sébastien BÜHNER (1756-1816) facteur d'instruments de la Maison "BÜHNER et KELLER" et de Marie Madeleine KELLER (1768-1834). A son mariage il se déclare "Tourneur" et Jean KELLER IV, facteur d'instruments est témoin. Ils auront 9 enfants, dont trois décéderont en bas âge. Parmi les six restant, tous nés à Strasbourg cinq garçons dont quatre seront facteurs d'instruments. La plupart de ses enfants sont nés N° 80 Grand'Rue. Le premier fils, facteur d'instruments est Jean FINCK fils né le 13 mai 1809. Il épouse le 10 avril 1830 à Strasbourg Caroline Frédérique LIPP (1799-1858). Ils auront six enfants.
Le second Charles FINCK est né le 17 juillet 1818 et épouse le 29 mai 1855 à Strasbourg sa nièce Caroline Frédérique FINCK, née le 17 octobre 1728 à Strasbourg, fille de son frère Jean FINCK fils. Frédéric FINCK né le 22 février 1821, troisième fils de Jean FINCK sera lui aussi facteur d'instruments. Il épouse le 22 juin 1854 à Strasbourg Salomé MÜLLER (1826- ?) et auront sept enfants. Il abandonnera la facture instrumentale en 1858, pour rentrer au "chemin de fer". Auguste FINCK, dernier fils facteur d'instruments est né le 4 août 1823. Il épousera Louise BAUMHAUER (1824 - 1902). Ils auront trois enfants dont Louise FINCK (1849 - 1933), qui cédera l'atelier FINCK pour ouvrir une blanchisserie.
Jean FINCK père se déclare "Tourneur" de 1807 à 1817, date à partir de laquelle il se déclare facteur d'instruments de musique. Le 23 juillet 1834, son beau frère Jean BÜHNER (1797-1844) vend sa part de la maison du 69 rue du Vieux Marché aux Vins (siége de la Maison BÜHNER et KELLER) à sa soeur Marie Madeleine BÜHNER épouse de Jean FINCK père.

Cornet à trois palettes et sept tons. (Collection R. CHARBIT)
On peut supposer que Jean KELLER IV, oncle et associé de Jean BÜHNER dans la Maison BÜHNER et KELLER étant décédé le 18 juin 1833, c'est Jean FINCK père qui c'est associé avec son beau frère Jean BÜHNER. D'ailleurs à la mort de Jean BÜHNER, le 12 mai 1844, c'est Charles FINCK qui prit la succession de la Maison BÜHNER et KELLER au N° 66 rue du Vieux Marché aux Vins. En 1844 jean FINCK père participe à l'exposition de Paris et présente plusieurs instruments. C'est sans doute à cette occasion qu'il assiste à une répétition chez Adolphe SAX : ".....J'ai pris la liberté d'assister à la répétition qui a eu lieu chez vous samedi dernier, où j'ai entendu une grande partie de vos instruments....." C'est à la suite de cette audition qu'il écrit le 14 octobre 1844 à A. SAX une lettre enthousiaste et qu'il obtiendra une licence pour la commercialisation de ses instruments. " Je m'empresse de vous exprimer mes sincères félicitations pour les perfectionnements et inventions que vous avez réalisés dans la construction de ces instruments...." "Je déclare, Monsieur que je pense ce que j'avance et la preuve, c'est que vous pouvez faire de la présente ce que bon vous semble."
 Clavicor à 3 palettes. (Collection René PIERRE)
 1858 est une année terrible pour la famille FINCK. C'est tout d'abord Auguste FINCK, facteur d'instruments qui décède de "Phtisie" à 34 ans le 12 février. Puis l'épouse de Jean FINCK fils, Caroline LIPP qui décède à 58 ans d'épilepsie le 6 mars. Et enfin le décès du fondateur, Jean FINCK père à 78 ans, le 19 mai, d'un cancer de la vessie. Frédéric Finck perd sa petite fille Eugénie de 4 mois le 4 août et quitte la facture instrumentale pour rentrer au chemin de fer comme chauffeur.