samedi 21 novembre 2015

Mathias FROST (1765-1856) facteur de pianos à Strasbourg.

"Les premiers pianoforte construits en France semblent être ceux de Jean Henri SILBERMANN (1727-1799) installé à Strasbourg". (Les facteurs de pianoforte des provinces de France, (1760-1820) Jean Claude BATTAULT)
Strasbourg a été un des grands foyers de développement du pianos à la fin du XVIII° siècle.
Nous avons déjà consacré des articles à quelques membres de cette école strasbourgeoise du piano :
Geoffroy Louis EDELMANN (1753-1794) : Cliquez sur :  Article sur les Frères Edelmann
Jean Chrétien LOEGEL (1753-1794) et Antoine Thiébaud SCHOTT (1798-1836) : Cliquez sur Loegel et Schott deux facteurs de pianos strasbourgeois.


Aujourd'hui nous traitons d'un nouveau facteur de pianos : Mathias (Mathieu) FROST est né à Pest en Hongrie vers 1765. Il  était le fils de Simon FROST, canonnier dans les troupes impériales et de Catherine Braun. Il est arrivé à Strasbourg en 1792 et y travaille comme menuisier en 1795. Il épouse le 12 septembre 1795 à Strasbourg, Louise BLASDOERFFER, née le 25 janvier 1769.  Elle est fille de Pierre Blasdoerffer, maçon et de Catherine Klein. Ils auront six enfants, 3 garçons et 3 filles dont deux mourront en bas âge.  Anne Marie Louise FROST (1796-1837) tiendra un magasin de musique ; lors de sa naissance Sébastien KRAËMER, facteur d’orgues sera témoin. Jean Ignace FROST (1801-1849) sera le successeur de son père, Marie Salomé FROST,  née en 1806, qui a épousée Veet PFORTNER (1805-1850), artiste, arrivé à Strasbourg en 1826, venant  de Hoslau (Allemagne).


Signature de Mathias Frost.
Mathias FROST et son fils Jean Ignace FROST obtiennent, le 13 août 1828 un brevet d’importation et de perfectionnement de 10 ans pour un piano droit appelé sirène inventé à Vienne en Autriche par le Sieur Pramberger.
Titre du brevet de 1828. (Source INPI)
Ce piano consiste « dans l’isolement de la table d’harmonie et un nouveau mode d’attaches des cordes ».
Shéma du piano Siréne du brevet de 1828. (INPI)
Mathias Frost père décède à 71 ans le 31 décembre 1836 à Strasbourg ; étaient présent son fils Jean Ignace Frost et son gendre Victor Pförtner. C’est donc son fils qui prend sa succession.

Signature de Jean Ignace Frost.
On trouve dans certain annuaire la mention : « Frost breveté pour pianos secrétaires », en fait il s’agit sans doute de son piano Sirène, ancêtre du piano droit. Il expose régulièrement dans les expositions. Resté célibataire Jean Ignace Frost meurt à 44 ans le 31 mars 1846 au 24 place Pierre le Jeune. 
Signature de Vite Pfortner.
Vite (Victor) PFORTNER, le gendre prend la suite toujours N°4 place Saint Pierre le Jeune. Il avait épousé Marie Salomé FROST le 24 octobre 1831 à Strasbourg. Ils ont eu deux enfants,  Paul PFORNER (1832-1899) qui sera avocat à Strasbourg et qui à la suite de la défaite de la France en 1870, rejoindra Besançon où il exerça son métier d’avocat ; Alfred PFORTNER (1833-1856) qui sera musicien et fabricant de pianos décédera à 22 ans. A la mort de Vite Pfortner à 45 ans le 14 août 1850, son épouse aidé par son fils continuera jusqu’à la mort d'Alfred, le 19 janvier 1856. 

La firme Frost a produit 1264 pianos en 1837, 2432 en 1847. 
Pianoforte de M. FROST. (Vente paris 2013)
Chronologie :

1796 à 1799 : Mathias Frost, menuisier N°34 rue de l’Argile.
1801 : Mathias Frost claveciniste N°9 rue de l’Argile.
1804 : Mathias Frost, facteur de clavecins N°9 rue de l’Argile.
1806 : Mathias Frost, facteur de pianoforté N°9 rue de l’Argile.
1807 : Frocht, facteur de forte-piano, rue du Foulon à Strasbourg. (66)
1823 : Mathias Frost facteur de pianos habitait  avec son épouse et son fils Jean Ignace Frost au N°87 Vieux Marché aux Vins (à partir de novembre).
1824 : Frost (forté piano) N° 87 Vieux Marché aux Vins. (91)
1828 : Dépôt d’un brevet le 13 août.
1829 : S. Frost (associé à L. Pitois), 87 rue au Vieux Marché aux Vins à Strasbourg.
1830-1850 : Frost, breveté pour pianos à secrétaire. (67)
1836 : Mathieu Frost père et fils, fabricants de Forté pianos, brevetés pour la fabrication des pianos droits, 87 Vieux Marché aux Vins à Strasbourg. (72)
1836 : Veit Pfortner, professeur de musique, 87 Vieux Marché aux Vins, à Strasbourg. (72)
1836-1837 : Frost, facteur d’instruments, breveté pour pianos à secrétaire à Strasbourg. (63)
1846 : J. Frost, place Saint Pierre le Jeune, à Strasbourg. Fabrication de pianos droits, carrés, à queue. Expédie en France et à l’étranger. (90)
1850 1851 : Pfortner, Frost et Compagnie, fabricant de Pianos, 4 place Saint Pierre le Jeune, à  Strasbourg. (76)
1850 : Vite Pfortner, facteur de pianos N°4 place Saint Pierre le Jeune.
1853 : Professeur de Harpe, Madame Pfortner, 4 place Saint Pierre le Jeune, à Strasbourg. (76)
1856 : Louis François Pfortner, facteur de pianos 23 rue des Hallebardes.


Pianoforte FROST. (Musée des tissus de Mulhouse)





dimanche 4 octobre 2015

François Jude GAULARD (1787-1852) archetier à Mirecourt.

François Jude GAULARD est né à Mirecourt le 28 octobre 1787. Il était le fils de Louis GAULARD (1753-1828) lui aussi archetier et fils du luthier Joseph GAULARD, tous nés à Mirecourt. . "Il est fort probable qu'il débute son apprentissage dans l'atelier paternel mais le style de François Jude GAULARD est fortement inspiré de Louis Simon PAGEOT (dit PAJEOT) avec qui il a probablement collaboré". (Source atelier Sandrine RAFFIN)


Signature de Louis GAULARD en 1787.
Archet de Louis Simon PAGEOT (Musée de la musique de La Villette)
F.J. GAULARD  épouse le 6 juin 1810 à Mirecourt Ursule FETIQUE (1785-1855), la soeur du luthier Joseph FETIQUE (1786-1854), fondateur d'une famille de luthiers et d'archetiers. Un autre beau-frère de F.J. GAULARD, Charles VALANCE (1794-1841) était lui aussi luthier à Mirecourt.
Signature de François Jude GAULARD.
" La majorité des baguettes d'archet de F.J. GAULARD est réalisé en bois de fer mais il utilisera aussi d'autres bois comme le bois d'amourette et le pernambouc. Parfois signé de la marque "GAULARD. M"., la signature "GAULARD" reste la plus distinctive de la production de cet archetier. La hausse souvent en ebéne ou en ivoire, reste dépourvue de passant et reçoit une parure à motifs étoilés". (Source Atelier Sandrine RAFFIN)  


Archet de F.J. GAULARD en pernambouc
et hausse en ivoire avec motif étoilé.
Archet de violon en pernambouc vers 1820.
F.J. GAULARD avait un frère luthier Louis GAULARD (1784-1824) dont on ne sait rien. Notre archetier a eu trois enfants : Louis Auguste GAULARD (1812-1888) dont on reparlera, Anne Marie Joséphine GAULARD (1813-1831) décédée à 17 ans, Nicolas Alexandre GAULARD (1818-1850) qui sera également luthier et qui décédera à 32 ans à Alger. 

Archet de Violon de François Jude GAULARD;
(Atelier Sandrine RAFFIN)
A la suite du décés de son épouse Ursule Fétique le 18 janvier 1855 à Mirecourt F.J. GAULARD quitte sa ville pour venir habiter chez son fils à Troyes. C'est là qu'il décéde le 24 février 1857 à 69 ans.
Archet de violon de François Jude GAULARD vers 1835.
Louis Auguste GAULARD s'installe à Troyes en 1835 comme luthier et marchand de musique. Il épouse le 16 mars 1839 à Troyes Marguerite Augustine BEZANCON native de cette ville.
Signature de Louis Auguste GAULARD en 1839.
Ils ont eu cinq enfants : Louis Auguste GAULARD (1839-1848), Marie Mélanie GAULARD (1842-1865), René Eudox Jules GAULARD (1844-1878) qui fut professeur de musique à Troyes et décéda à 34 ans ; ses amis de l'Orphéon de Troyes lui offre ce monument funéraire avec une superbe lyre.
Monument funéraire de René GAULARD à Troyes.
Le quatrième enfant Jules Alexis GAULARD (1845-1861) est aussi décédé très jeune à 16 ans. Lorsqu'il fallut reprendre l'atelier et le magasin, vers 1880 c'est donc le gendre de Louis Auguste GAULARD qui s'en chargea. Charles Aimé VOIRIOT (1843- ) avait épousé la dernière fille Angéle Augustine GAULARD (1847- ) le 15 septembre 1868 à Troyes. A cette époque il était pianiste à Paris et habitait 47 boulevard Poissonnière. Son père Jean Joseph VOIRIOT (1803-1854) était facteur d'orgues à Mirecourt.
Ils ont eu quatre enfants dont , Henri Eugéne Auguste VOIRIOT (1869- ) et Marcel VOIRIOT (1888- ). Charles Aimé VOIRIOT est pianiste à Chatillon sur Seine en Côte d'or en 1879 et est installé comme marchand de musique en 1881 au 2 rue Champeaux.
Signature de Charles Aimé VOIRIOT en 1869.
Louis Auguste GAULARD était installé de 1837 à 1855, rue Moyenne, puis 2 rue Champeaux à Troyes, c'est là qu'il décède le 19 mars 1888 à 76 ans.
Le magasin passe au 2 rue de la Monnaie et devient Voiriot Gaulard. En 1896 Charles Aimée VOIRIOT travaille au 22 rue des Quinze Vingt avec son fils Henry VOIRIOT qui se déclare tour à tour, facteur de pianos et luthier. C'est lui qui prendra la succession jusqu'en 1947 au 2 rue de la Monnaie.







lundi 14 septembre 2015

Un alsacien Dominique KIMPFLIN (1778-1858) facteur d'instruments de musique à vent à Lyon.

Lors de la dernière vente d'instruments de musique à Vichy en mai dernier, un basson à 7 clés signé de KIMPFLIN à Lyon était proposé. J'ai voulu en savoir un peu plus sur ce nom alsacien.
Basson à 7 clès de KIMPFLIN à Lyon.


Dominique KIMPFLIN est né le 19 novembre 1778 à Guebwiller en Alsace dans le Haut Rhin. Son père Joseph KIMPFLIN habitait à Guebwiller avec Marie Marguerite PFAFFENZELLER. Lorsqu’il est arrivé à Lyon vers 1805, il est musicien et vit avec Anne NICOT 41 rue de la Limace à Lyon 2. Ils auront un enfant qu’il reconnaîtra, Joseph KIMPFLIN né le 3 mars 1809 et qui décédera à l’âge de 7 ans, le 13 mars 1815. Il loue jusqu’en 1810 une pièce pour 100 frs où il travaille comme tourneur à façon. Au décès de son fils il exerce le métier de tourneur au N° 29 de la rue Ferrandiére, sur la rue du Palais Grillet, et loue deux pièces au 4 étage jusqu'en 1817 où il ne loue plus  qu’une pièce. Il ne figure plus au recensement  de 1818 à cette adresse. 
Signature de Dominique KIMPFLIN.
De 1836 à 1843 il habite avec sa future femme Catherine BIECHLER (née en 1790 à Guébwiller) au 10 rue d’Amboise où il loue 3 pièces avec une partie habitation et une partie commerciale. Ils devaient avoir des problèmes financiers car il est précisé « Location divisée », ce qui signifie qu’ils avaient des conditions réduites sur les loyers. 
Marque du basson.


Elle était blanchisseuse et lui toujours tourneur à façon. Il est a noté que jamais dans les recensements, le nom de Biechler a été correctement orthographié (Brigolet, Puycheler, Pugilet). De 1844 à 1847 ils louent, toujours à la même adresse mais seulement une pièce au 3 iéme étage et sont signalés comme « Indigent, loyers 100 frs divisés », il exerce toujours son métier de tourneur mais en 1846 est ajouté « ouvrier tourneur pour instrument ». Ils se marient le 18 février 1858 à Lyon ; Dominique Kimpflin décède six mois plus tard, le 9 août 1858. Il avait 80 ans et habitait toujours à la même adresse ; il exerçait dans ses dernières années le métier de fabricant de cannes de parapluies.
 
Détail du basson.

On ne connaît qu’un instrument de ce facteur, sans doute parce qu’il fabriquait pour d’autres facteurs.

dimanche 5 juillet 2015

Découvrons les instruments strasbourgeois de la collection Marlowe A.SIGAL dans le catalogue qui vient de paraître.

Depuis quelques années les amateurs d'instruments de musique anciens sont gâtés car de nombreux ouvrages paraissent régulièrement, avec de magnifiques photos.
Après le catalogue de la collection de clarinettes de Sir Nicholas SHACKLETON :
...le magnifique ouvrage de Robert BIGIO sur la société RUDALL, ROSE et CARTE célébre pour ses flûtes....
.....C'est au tour d'Albert R.RICE de commenter l'une des plus prestigieuses collections mondiales, celle de MARLOWE A. SIGAL.

Cette collection permet de découvrir plus de 600 instruments anciens (pianos, bassons, hautbois, clarinettes, flûtes etc...), dont certains sont exceptionnels. Bien sur je n'évoque ici que des ouvrages centrés principalement sur les instruments a vent, et en bois. Nous évoquerons dans un autre article des ouvrages consacrés à d'autres instruments (Lutherie, cuivres...).
Pour notre part dans cette collection américaine nous avons découvert (ou redécouvert) des instruments strasbourgeois des plus intéressant, illustrant cette facture alsacienne si particulière.

Si vous voulez en savoir plus sur ces facteurs strasbourgeois cliquez sur ce lien du
Dictionnaire des facteurs d'instruments de musique de Strasbourg.

Par exemple pour les flûtes :
°Un ensemble de deux flûtes à cinq clés, dont une flûte tierce en Fa dans leur coffret d'origine de Dobner et Consort vers 1830, période de la veuve de Joseph DOBNER (1744-1822).
Coffret de deux flûtes dont une en Fa de
Dobner et Consort. (Col. Sigal)
° Flûte Boehm de Charles RINKEL (a 1904-1924), successeur de Julius Max BÜRGER (a 1878-1904), que l'on peut dater entre 1904 et 1908, Pourquoi ? D'après la marque : « J M BURGER – C RINKEL Nachf-STRASSBURG ». Charles Rinkel Nachfolder (Successeur de....) et Strasbourg en allemand.
Flûte Boehm de Charles RINKEL. (Col. SIGAL)
° Flûte "romantique" à quatre clés de BÜHNER et KELLER vers 1825, période de l'association entre Jean BÜHNER (1798-1844), fils de Gabriel Sébastien BÜHNER (1753-1816) et de Jean IV KELLER (1776-1833).
Flûte à quatre clés de Bühner et Keller. (Collection Sigal)
° Flûte à 8 clés de Jean Daniel HOLTZAPFFEL (1770-1843) qui n'est pas vraiment un facteur strasbourgeois car il a exercé à Paris pendant plus de vingt ans, mais il est né à Strasbourg et était retourné dans sa ville natale en 1827 où il est décédé.
Flûte de J.D. Holtzapffel. (Collection Sigal)
Les bassons :
° Basson à 7 clés de BÜHNER & KELLER vers 1815.
Basson à 7 clés de Bühner et Keller. (col. Sigal)
° Basson à 8 clés de Georg Kaspar LINDEMANN  (1783-1846). Les instruments de ce facteur sont assez rares. Il était sans doute le neveu de Gabriel Sébastien BÛHNER, puisque sa mère était Barbara BÜHNER sans doute la soeur de G.S. BÜHNER tous nés  à Empfershausen dans le duché de Francfort.
Basson à 8 clès de Lindemann. (col. Sigal)
Les clarinettes :
° Coffret de 3 clarinettes (Ut, Sib, La) de BÜHNER et KELLER vers 1820. Comme dirait José Daniel TOUROUDE : "Le Graal du collectionneur d'instruments de musique strasbourgeois".
(Voir sur ce lien son Graal à lui : Le Graal des collectionneurs.
Set de trois clarinettes de Bühner et Keller. (Col Sigal)
Ces trois clarinettes sont à 11 clés carrées dont une clé ronde d'octave "wraparound", c'est à dire que le trou est percé sur le dessus de la clarinette et que la clé est activée par le pouce main gauche donc pour cela la tige entoure l'instrument...ce système permettant d'éviter que la salive s'accumule dans le trou quand il est placé dessous. Système que l'on retrouve sur des clarinettes plus récentes comme celles de Lefévre à Paris, ou Albert à Bruxelles, ou avec un autre système chez les lyonnais comme Simiot.
Détail de la clé d'octave sur le dessus.

Clarinette en Ut de Bühner et Keller. (Collection Sigal)
Ce système de clé d'octave est très exceptionnel, sinon unique pour des clarinettes de Strasbourg et surtout très tôt (vers 1820) évoquant la facture lyonnaise (Sautermeister, Simiot...), Est ce l'influence du passage de Simiot vers 1792 dans l'atelier des Bühner et Keller (?) qui aurait créé un lien entre ces deux capitales de la facture provinciale française.
Clarinette en La de Bühner et Keller. (Collection Sigal)
Clarinette en Bb de Bühner et Keller. (Collection Sigal)
° Clarinette en Ut des Frères KELLER à 5 clés. Les instruments de cette période des Keller sont rares ; pour les clarinettes nous connaissons une clarinette dans la collection Sallabery et une incomplète au musée des Arts Décoratifs de Strasbourg.
Clarinette en Ut des fràres Keller. (Collection Sigal)
Merci à Albert R. RICE et Marlowe A. SIGAL pour ce travail qui nous permet d'approfondir notre connaissance de cette facture alsacienne.





mardi 9 juin 2015

Les Cochu, facteurs d'orgues et de pianos de père en fils, à Châlons sur Marne, Paris, Troyes, Auxerre.

La dynastie des Cochu débute à Châlons sur Marne par Jacques II COCHU (1693-1765) qui sera facteur d'orgues dans cette ville.
Signature de Jacques II COCHU  à son mariage en 1738.
  Il a été très actif en Champagne au niveau de la construction d'orgues, mais l'oeuvre la plus connue est sans doute l'orgue de la cathédrale Saint Pierre et Saint Paul de Troyes.
Orgue de la cathédrale de Troyes.
En fait ce magnifique instrument a été réalisé par Jacques II COCHU pour l'abbaye cistercienne : Notre Dame de Clairvaux dans l'Aube en 1731 et 1736. Mais à la révolution l'abbaye est transformée en prison et l'orgue vendu comme bien public, heureusement racheté par les "Marguilliers" de la cathédrale en 1792 (les membres du conseil de fabrique). L'orgue sera démonté par le petit fils de Jacques II Cochu, René COCHU et placé dans la tour Saint Paul de la Cathédrale. Oublié jusqu'en 1808, il sera remonté toujours par René COCHU.

Jacques II COCHU se mariera deux fois et aura plusieurs enfants, dont avec sa première femme Marie Jeanne TARON : Jacques III COCHU né le premier septembre 1721 à Châlons sur Marne et qui sera lui aussi organiste et facteur d'orgues. Jacques II COCHU est décédé à 72 ans, le 29 mai 1765 à Châlons sur Marne.
Signature de Jacques III Cochu en 1766.
Jacques III COCHU était organiste de l'église Saint Germain à Châlons sur Marne, mais il travaillait également avec son père comme facteur d'orgue. Il avait épousé le 21 novembre 1746 à Reims Jeanne LEBEGUE (1719-c1767). Ils auront dix enfants dont René COCHU, né à Châlons le 15 août 1748, qui sera aussi facteur d'orgues. A la mort de sa première épouse il se remariera le 13 février 1767 à Châlons avec Marie Hyacinthe QUENAT dont il aura trois enfants. Jacques III COCHU est décédé le 20 février 1788 à Châlons à 66 ans.
Son fils René COCHU  a été formé par son père et son grand père. Il s'installa d'abord à Auxerre vers 1777 après avoir fait son apprentissage, son père étant resté à Châlons. Il y fut très actif, un de ses premier travail fut de reconstruire l'orgue de l'église de Saint Prix et Saint Cot à Saint Bris le Vineux en Bourgogne.
Eglise Saint Prix et Saint Cot.
En 1783 il réalisa un pianoforte dont "les jeux sont encore actionnés par genouillères". Il porte la marque de René COCHU à Auxerre.
Pianoforte de René Cochu à Auxerre fait en  1783.
(Musée Auguste Grasset de Nice)
Il épouse le 22 avril 1776 à Rozay en Brie en Seine et Marne Marie Anne Cécile PASCAL (1755-1828) dont trois frères sont organistes, Jean à Rozay en Brie, François à Joigny, Antoine à Pontigny. Ils auront au moins deux enfants.
Signature de René Cochu en 1776.
Vers 1796 il s'installe à Troyes au 7 rue du Flacon.

Le 4 rue du Flacon à Troyes.
Outre son travail sur le l'orgue de la cathédrale de Troyes, il réalise de nombreux instrument notamment en 1806 l'orgue de l'église Saint Jean au Marché.
Orgue de l'église Saint Jean au Marché  à Troyes de 1806.
Outre son travail de facteur d'orgue il réalise vers 1800 un pianoforte conservé au musée de Paris la Villette dont "la mécanique est à simple pilote, mais les jeux sont actionnés par des pédales.
Pianoforte de René Cochu à Troyes vers 1800.
Son épouse étant décédée le 27 août 1828 à Troyes, il épouse à 79 ans le 23 septembre 1828 Marguerite Marthe BIETRIX âgée de 51 ans.
Pianoforte de René COCHU à Troyes.
René COCHU est décédé le 2 avril 1829 à Troyes à l'âge de 80 ans.

Il existait un COCHU luthier et accordeur de pianos à Paris en 1799 rue des Fossés Montmartre et jusqu'en 1810 rue Vieille du Temple, Hôtel Soubise. Nous n'avons pas trouvé le lien avec nos Cochu (S'il y en a un).

Bibliographie : Jean Claude Battault : Les facteurs de pianoforte des provinces de France 1760-1820. Musique/images/instruments. N°11.