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lundi 10 octobre 2011

Deux facteurs de pianoforte strasbourgeois méconnus : J.C. LOEGEL (1776 - 1824) et A.T SCHOTT (1798 - 1836).

 
Un article parut dans " Musique, Images, Instruments" N° 11, en 2009, écrit par Jean Claude BATTAULT et consacré " Aux facteurs de pianoforte de provinces de France, 1760 - 1820". Cette article souligne l'importance de la facture de province.....de l'est et de l'Alsace en particulier.  A travers un inventaire très détaillé des instruments, de leurs caractéristiques, il décrit chaque instruments...Quant aux facteurs de pianoforte, J. C. BATTAULT souligne le fait qu'ils sont peu connus.

Dans le cadre de notre travail sur les facteurs, marchands d'instruments de musique de l'est de la France, nous avons étudiés ces facteurs. Ce blog et les articles consacrés aux facteurs de pianoforte de l'est de la France, permettra de compléter, cet excellent article.

Nous avons déjà publié dans ce blog l'histoire d'un facteur strasbourgeois évoqué dans l'article de J.C BATTAULT :  Geoffroy Louis EDELMANN (1753 - 1794)....cliquez sur le lien pour en savoir plus http://facteursetmarchandsdemusique.blogspot.com/search/label/Edelmann

Aujourd'hui nous voudrions évoquer Jean Chrétien LOEGEL  et son élève Antoine Thiébault SCHOTT.
Jean Chrétien LOEGEL est né le 13 mai 1776 à Strasbourg.

Signature de Jean Chrétien LOEGEL.
Signature de Philippe Jacques LOEGEL et de Conrad SAUER.
Son père Philippe Jacques LOEGEL, fils d'un pasteur de Landau, était né en 1751 à Niederbronn dans le Bas Rhin. Il était lui aussi facteur de pianoforte.

Henri Guillaume LOEGEL;
J.C. LOEGEL épouse le 4 juin 1805 Guillomette KUNTZ, née le 2 mai 1784 à Strasbourg ; son frère Henri Guillaume LOEGEL né en 1781, lui aussi facteur de pianoforte, est témoin. A noter que le père Philippe Jacques LOEGEL n'assiste pas au mariage car il exerce le métier de facteur de pianoforte à Paris.

Ils auront trois enfants : Guillomette LOEGEL née en 1806, et deux garçon né en 1808 et 1810 mais décédés en bas âge. Il est intéressant de noter qu'à chaque naissance le grand père, Philippe Jacques LOEGEL est témoin, assisté en 1810 d'un " voisin Conrad SAUER 36 ans facteur d'orgues".

Il s'agit bien entendu de Jean Conrad SAUER (1775 - 1828), fils de Conrad SAUER (1735-1802) successeur des SILBERMANN à Strasbourg, tous Sauer et Loegel installés au Finkwiller à Strasbourg et qui devaient travailler ensemble.

Jean Chrétien Loegel décède à 35 ans le 11 mars 1812 des suites de fièvres, une année après son épouse Guillomette Kuntz décédée à 26 ans le 19 février 1811.

Son père Philippe Jacques Loegel décède à 73 ans le 15 septembre 1824 à Strasbourg au n° 34 quai des Bateliers. Un des témoins est Jean WAFFNER, Maître de clavecins.



Deux instruments de Loegel sont décris dans l'article de J.C. Battault. Le premier de 1808 est un pianoforte carré  " ....muni d'une mécanique à simple pilote et possède une étendue de 61 notes...". Le second de 1812 appartient  au musée des Beaux Arts de Strasbourg. Il est " ...a double pilote et possède une étendue de 6 octaves...".

Physharmonica viennois.
Antoine Thiébaud SCHOTT est né à Rothau dans le Bas Rhin le 15 janvier 1798. Il est le fils d’Antoine Thiébaud SCHOTT (1767-1839), jardinier et de Marguerite Salomé PERSSE (1759-1825). Il épouse Caroline BRAUNWALD (1800- ) le 29 mars 1828, fille d’un teinturier de Strasbourg.


A son mariage il était facteur de pianos et il avait du faire son apprentissage dans l’atelier des Loegel, puisque le musée des Arts décoratifs de Strasbourg possède un pianoforte dont la table comporte la mention « Schott élève de Loegel ». (156)

Ce piano est en "acajou de style restauration portant 4 pédales, pourrait être daté de 1820. L'étendue est identique à celui de 1812 signé Loegel, en revanche il est à simple échappement type Petzold..."

Ils ont eu 4 enfants tous mort en bas âges : Charles Thiébaud Albert SCHOTT (1829-1834), Caroline Emilie SCHOTT (1830-1838), Edouard Eugène SCHOTT (1832-1834), Gustave Adolphe SCHOTT (1832-1834). Ils habitaient 39, quai des Bateliers, à Strasbourg a coté de l'atelier des Loegel.
Associé à Jean Gustave GRUCKER (1794 - 1871), libraire spécialisé en musique, à Strasbourg, il obtient le 23 avril 1830 un brevet d’importation et de perfectionnements pour un instrument, voisin de l’harmonium, le Physharmonica, instrument inventé en Autriche en 1818 par Anton Haeckl.
Ils appartenaient tous deux à la même lôge.
Antoine Thiébaud SCHOTT est décédé le 20 décembre 1836 à Strasbourg. Il avait 38 ans.


Signatures de Jean Gustave GRUCKER  et de A.T SCHOTT sur le brevet de 1830.

vendredi 30 septembre 2011

Quelques anecdotes sur des facteurs d'instruments de musique.

Lorsque nous travaillons sur les facteurs d'instruments et à travers les archives, il nous arrive de trouver des détails qui permettent de mieux connaître la personnalité de ces facteurs et donc d'essayer de cerner leurs personnalités. Nous discutons assez régulièrement avec mon ami J. D. T. collectionneur de clarinettes anciennes et restaurateur amateur d'instruments, sur la finalité d'une collection. Son but est de redonner une vie à des instruments anciens ; personnellement je vois plus la finalité d'une collection comme le témoignage (avec des instruments restaurés) du travail d'un facteur et de sa passion.
Quand pensez-vous ? Participez à notre sondage sur le but d'une collection d'instruments de musique.
  1. Première anecdote, elle concerne Jean LEROUX aîné (1795-1864), facteur d'instruments de musique à vent, qui après avoir travaillé avec son frère Hyppolite LEROUX à La Couture, s'était installé à la demande de A. H. FERRY à Mirecourt de 1835 à 1845 et s'était ensuite installé à Paris.
Marque de Jean LEROUX- La Couture, Mirecourt, Paris.
Lors du décès de Marie Madeleine LOREE, son épouse le 23 mars 1863, Jean LEROUX l'aîné et Frédéric LEROUX, le fils......la signature du père sur l'acte est un peu différente ?.........et oui il y a ajouté une flûte....un corps de clarinette?.....Curieuse attitude dans un moment tragique?......ou était il déjà ailleurs.....puisqu'il décédera l'année suivante, à 64 ans à l'Hôtel Dieu, le 24 juillet 1864.

Si vous voulez en savoir plus sur cette famille de facteurs : http://facteursetmarchandsdemusique.blogspot.com/2010_02_01_archive.html

Remarque d'un "lecteur compétent"....et "casse ma petite histoire poétique" :
" la signature avec une marque ressemblant à une flûte ou une clarinette, bah ....... ce n'est pas un instrument ! C'est une marque que l'on trouve chez beaucoup de notables de la première moitié du 19e siècle. Ce n'est pas systématiquement une marque concernant des francs-maçons (certains le sont, d'autres non) mais plutôt une substitution du grand paraphe final des signatures des 17e et  18e (les SSS en fin de signature signifiant "subscripsi" = j'ai signé, les 3 points remplaçant les 3 S). D'ailleurs, on trouve ces deux barres avec parfois aussi 4 voire 5 points ... Une mode pour marquer son appartenance à une classe de lettrés ? Ce sujet a déjà été évoqué dans plusieurs publications généalogiques"....
 Et oui...c'est l'avantage d'un blog, on peut corriger tout de suite....Merci à notre lecteur....Mais Jean LEROUX, m'est déjà moins sympa...

La seconde concerne Sébastien ERARD, célèbre facteur de pianos né à Strasbourg le 5 avril 1752.
 
Au décès de celui ci en 1831, dans l'inventaire on trouve : " dans la cave 110 demi-bouteilles de vin de grenache, 240 du même. 240 de vin de Bordeaux rouge ordinaire, 102 de vin muscat rouge tournant à l'aigre. 30 bouteilles de vin blanc de Pouilly, 240 de vin de grenache, 60 de vin vieux de Bourgogne passé, 36 de vin muscat rouge tournant à l'aigre. 250 de vin rouge de Porto, 30 de vin blanc de Frontignan. 204 de vin rouge ordinaire Bourgogne, 155 de vin blanc du Rhône, 30 de vin rouge du Roussillon....etc......"
Sébastien Erard (1752-1831)
 Dans une lettre du 8 juin 1791 à M. PARIN, professeur de musique à Dijon, Sébastien ERARD après lui avoir mentionné le prix de ses pianos....lui demande une faveur : " Comme vous avez toute la confiance en moi pour le choix des pianos, j'ai celle en vous pour le choix du vin que vous me proposez. Envoyé moi du bon, cependant qu'il ne soit pas de la première qualité , attendu je crois qu'il est trop cher ; je ne doute pas que vous me servirez en ami ". 
Alors ? Sébastien ERARD échangeait il des pianos contre du vin....

La troisième concerne Joseph DOBNER (1732-1822) marchand d'instruments de musique à vent à Strasbourg. Sans doute marchand mercier à Strasbourg avant 1795, il s'associe au facteur suisse Georg Caspar FELKLIN (1773 - 1842), lors de son passage à Strasbourg de 1795 à 1805, d'ou la marque  " Dobner et Felklin à Strasbourg", puis après son remariage il vend les instruments de musique de différents facteurs jusqu'à sa mort en 1822, sa veuve Marie Thérése DOBNER (1769 - 1849) continue l'activité avec un ouvrier facteur Jean David REINHARD, sous la marque "Dobner et Consort".

Marque DOBNER et CONSORT (1810-1845)
Marque DOBNER et FELKLIN (1795 - 1805)
Si vous voulez en savoir plus sur cette Maison : http://facteursetmarchandsdemusique.blogspot.com/2011/03/une-association-franco-suisse.html

Et l'anecdote ? Lors du décès de sa première épouse Marie Anne DESFONTAINES (1732 - 1793), Jos. DOBNER à préciser à l'employé municipal le lieu de naissance de sa femme : "Charville prés de Nancy" et ce dernier à retranscrit tel qu'on lui disait ce qui nous permet d'"entendre" l'accent alsacien de Jos. DOBNER;
Car la ville prés de Nancy est .....Jarville.

Extrait de l'acte de décès.