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vendredi 18 novembre 2011

A propos d'une clarinette d'Hypolite LEROUX : Faut- il restaurer ou non?

Restaurer ou non un objet acheté ? : un débat récurrent.

José-Daniel TOUROUDE.
Que faites vous quand vous achetez une clarinette comme celle ci ?


Clarinette à 13 clés d' Hypolite Leroux en ébène, baguée ivoire.
Plusieurs points de vue s’opposent parfois vivement entre les collectionneurs pour tous les objets anciens :
En effet il existe plusieurs conceptions que nous pouvons analyser par ordre croissant :
1°) la conception du laisser en état :
On ne touche à rien, on laisse l’instrument dans « son jus » avec ses cicatrices, son état plus ou moins délabré même si elle perd de son esthétique et n’est guère attrayante. Ceci est absolument nécessaire lorsqu’on trouve un instrument rare voire unique qui doit être analysé, montrant ainsi une innovation, un instrument historique. C’est plus douteux quand cette démarche rigoureuse s’applique pour tous les instruments. Certains musicologues et musées ont cette approche. Toute action sur l’instrument est considérée comme un bidouillage.
Si on veut jouer, on fait une copie à l’identique… certains facteurs le font très bien.
2°) la démarche du nettoyage obligatoire :
Il faut démonter, nettoyer a minima le bois et désoxyder les clés métalliques car on ne peut supporter un instrument en mauvais état mais il ne faut rien ajouter : les tampons, les ressorts, les vis, les clés, les bagues, les boules et charnières, les patins, la ficelle…
Tout est remis en place et tant pis si des pièces sont cassées ou manquantes, ce qui importe c’est que la rouille et les saletés sont parties et que l’instrument est propre et présentable tout en restant dans l’état trouvé, même s’il est endommagé.
De nombreux collectionneurs valorisent ainsi leur collection partagé entre la peur de dénaturer ou d’abîmer leur instrument et la fierté de pouvoir l’exposer en vitrine.

La même clarinette nettoyée, avec quatre clés ressoudées.
Marque d'Hypolite LEROUX le jeune,
 par rapport à son frère Jean LEROUX  l'aîné.
3°) l’approche de la remise en état pour une restitution originelle.
Les tenants de cette option vont plus loin et essaie de restituer l’état originel de l’instrument. Tout est démonté et nettoyé et par leur compétence et leurs recherches historiques, ils connaissent parfaitement l’instrument qu’ils démontent. Le bois est ciré ou reverni, les clés deviennent étincelantes, les tâches enlevées, les lièges de tenons refaits…

Les nombreuses pièces sont remplacées si elles sont manquantes en utilisant des pièces de la même époque voire du même facteur : les tampons, les vis et ressorts, les boules, les bagues… voire une clé manquante à chercher ou à ressouder afin de redonner la beauté originelle de l’instrument.
Certains collectionneurs ont investi dans un petit atelier et dans un nombre importants de bouts d’instruments permettant de stocker des pièces pour réaliser cette approche. D’autres ont les moyens de demander à un professionnel cette remise en état minimum.
4°) la conception de la restauration.
Certains vont encore plus loin dans la démarche (liège, tampons, ressorts surtout, bec moderne ou changement de barillet, modification pour avoir un diapason acceptable…
L’instrument doit être impeccable et pour cela si on ne trouve pas les pièces anciennes on remplace par des récentes (tampons, vis, ressorts, lièges, clés, bagues, bec , ligature….) car ce qui importe c’est l’aspect esthétique bien sûr mais aussi que l’instrument fonctionne correctement et puisse jouer.
Parfois il y a des anachronismes que les puristes critiquent (le liège qui remplace la ficelle pour les tenons, ou un ressort moderne pour actionner une clé par exemples) mais c’est pour atteindre l’objectif fixé.
Les collectionneurs musiciens qui veulent des instruments utilisables sont dans cette optique. Mais la restauration est aussi utile pour des instruments très endommagés qui ressemblent à des épaves et qui ressortent peut être avec des emprunts à d’autres instruments, ou avec des pièces neuves mais dans un état esthétiquement acceptable.
La restauration demande une compétence et est la plupart du temps réservée aux professionnels.
Conclusion :
Toutes ces démarches sont valables car elles peuvent varier selon l’état des instruments et l’objectif poursuivi (accumulation d’objets rares, exposition d’objets en vitrine, utilisation des instruments d’époque).
Les discussions sont parfois vives entre ces différentes conceptions car selon la psychologie du collectionneur on a tendance à privilégier une conception et c’est pour quoi nous proposons un petit sondage : choisir une voire deux conceptions qui sous tendent l’entretien de votre collection.
Pour la Leroux qui est une clarinette 13 clés système Müller assez banale, mais dont l’intérêt réside dans l’estampille assez rare d’Hyppolite Leroux de Mirecourt qui va faire l’objet d’un article, la conception choisie a été la restitution (conception 3) voire la restauration (conception n°4).
José-Daniel TOUROUDE.

Pourquoi cette clarinette est intéressante ?

René PIERRE, collectionneur.

Une clarinette "banale" peut être, mais intéressante historiquement.
Tout d'abord, pas si banal, puisqu'elle est en ébène, baguée ivoire et cela n'est pas si courant.
Elle porte la marque d' Hypolite LEROUX jeune, le frère cadet de Jean LEROUX Aîné. Cette marque n'est pas si courante et en plus sur une clarinette.....c'est encore plus rare. Personnellement je n'en connais pas d'autres.
Je ne vais pas de nouveau évoquer l'histoire des Leroux, qui sont passés de La Couture Boussey à Mirecourt, puis à Paris. Si voulez en savoir plus sur l'histoire de cette famille de facteurs, lisez nos articles sur ce blog en cliquant sur les liens suivant :

http://facteursetmarchandsdemusique.blogspot.com/2010/02/leroux-famille-de-facteurs-de-la.html

http://facteursetmarchandsdemusique.blogspot.com/2008/12/ferry-leroux-remy-genin-les-canards.html

D'ailleurs ce travail nous a permis, en trouvant l'attribution de cette marque : H L / Leroux / Jne / A Paris / H L, à Hypolite LEROUX, de différencier le travail des deux frères.
Cette marque doit se situer après 1846, après la période mirecurtienne (1835 - 1846), de la famille Leroux, puisqu'à Mirecourt les deux frères travaillaient ensemble. A leurs installations à Paris ils étaient indépendants d'où les marques différentes. Et notre clarinette a sans doute été faite vers 1860.
Il est amusant également de comparer, cette clarinette avec cette autre de notre collection signée "A. FERRY/ Breveté" quasiment identique sauf au niveau du bois utilisé pour sa construction (buis), montrant que c'est Hypolite LEROUX, qui continuait d'approvisionner Armand FERRY (1806-1870) après son installation à Paris et non pas seulement REMY-GENIN de Mirecourt.

Corps main droite d'une clarinette 13 clés, marquée Armand FERRY.
Pour en savoir plus sur Armand FERRY : http://facteursetmarchandsdemusique.blogspot.com/2010/05/armand-hyacinthe-ferry-1806-1870.html

.....et sur REMY-GENIN de Mirecout : http://facteursetmarchandsdemusique.blogspot.com/2010/04/georges-felix-remy-fabricant.html


Marque A. FERRY vers 1858.

Forme de clés caractéristique du travail d'Hypolite LEROUX.
Si vous avez des marques identiques ou différentes sur des instruments de votre collection, elles nous intéressent......

vendredi 30 septembre 2011

Quelques anecdotes sur des facteurs d'instruments de musique.

Lorsque nous travaillons sur les facteurs d'instruments et à travers les archives, il nous arrive de trouver des détails qui permettent de mieux connaître la personnalité de ces facteurs et donc d'essayer de cerner leurs personnalités. Nous discutons assez régulièrement avec mon ami J. D. T. collectionneur de clarinettes anciennes et restaurateur amateur d'instruments, sur la finalité d'une collection. Son but est de redonner une vie à des instruments anciens ; personnellement je vois plus la finalité d'une collection comme le témoignage (avec des instruments restaurés) du travail d'un facteur et de sa passion.
Quand pensez-vous ? Participez à notre sondage sur le but d'une collection d'instruments de musique.
  1. Première anecdote, elle concerne Jean LEROUX aîné (1795-1864), facteur d'instruments de musique à vent, qui après avoir travaillé avec son frère Hyppolite LEROUX à La Couture, s'était installé à la demande de A. H. FERRY à Mirecourt de 1835 à 1845 et s'était ensuite installé à Paris.
Marque de Jean LEROUX- La Couture, Mirecourt, Paris.
Lors du décès de Marie Madeleine LOREE, son épouse le 23 mars 1863, Jean LEROUX l'aîné et Frédéric LEROUX, le fils......la signature du père sur l'acte est un peu différente ?.........et oui il y a ajouté une flûte....un corps de clarinette?.....Curieuse attitude dans un moment tragique?......ou était il déjà ailleurs.....puisqu'il décédera l'année suivante, à 64 ans à l'Hôtel Dieu, le 24 juillet 1864.

Si vous voulez en savoir plus sur cette famille de facteurs : http://facteursetmarchandsdemusique.blogspot.com/2010_02_01_archive.html

Remarque d'un "lecteur compétent"....et "casse ma petite histoire poétique" :
" la signature avec une marque ressemblant à une flûte ou une clarinette, bah ....... ce n'est pas un instrument ! C'est une marque que l'on trouve chez beaucoup de notables de la première moitié du 19e siècle. Ce n'est pas systématiquement une marque concernant des francs-maçons (certains le sont, d'autres non) mais plutôt une substitution du grand paraphe final des signatures des 17e et  18e (les SSS en fin de signature signifiant "subscripsi" = j'ai signé, les 3 points remplaçant les 3 S). D'ailleurs, on trouve ces deux barres avec parfois aussi 4 voire 5 points ... Une mode pour marquer son appartenance à une classe de lettrés ? Ce sujet a déjà été évoqué dans plusieurs publications généalogiques"....
 Et oui...c'est l'avantage d'un blog, on peut corriger tout de suite....Merci à notre lecteur....Mais Jean LEROUX, m'est déjà moins sympa...

La seconde concerne Sébastien ERARD, célèbre facteur de pianos né à Strasbourg le 5 avril 1752.
 
Au décès de celui ci en 1831, dans l'inventaire on trouve : " dans la cave 110 demi-bouteilles de vin de grenache, 240 du même. 240 de vin de Bordeaux rouge ordinaire, 102 de vin muscat rouge tournant à l'aigre. 30 bouteilles de vin blanc de Pouilly, 240 de vin de grenache, 60 de vin vieux de Bourgogne passé, 36 de vin muscat rouge tournant à l'aigre. 250 de vin rouge de Porto, 30 de vin blanc de Frontignan. 204 de vin rouge ordinaire Bourgogne, 155 de vin blanc du Rhône, 30 de vin rouge du Roussillon....etc......"
Sébastien Erard (1752-1831)
 Dans une lettre du 8 juin 1791 à M. PARIN, professeur de musique à Dijon, Sébastien ERARD après lui avoir mentionné le prix de ses pianos....lui demande une faveur : " Comme vous avez toute la confiance en moi pour le choix des pianos, j'ai celle en vous pour le choix du vin que vous me proposez. Envoyé moi du bon, cependant qu'il ne soit pas de la première qualité , attendu je crois qu'il est trop cher ; je ne doute pas que vous me servirez en ami ". 
Alors ? Sébastien ERARD échangeait il des pianos contre du vin....

La troisième concerne Joseph DOBNER (1732-1822) marchand d'instruments de musique à vent à Strasbourg. Sans doute marchand mercier à Strasbourg avant 1795, il s'associe au facteur suisse Georg Caspar FELKLIN (1773 - 1842), lors de son passage à Strasbourg de 1795 à 1805, d'ou la marque  " Dobner et Felklin à Strasbourg", puis après son remariage il vend les instruments de musique de différents facteurs jusqu'à sa mort en 1822, sa veuve Marie Thérése DOBNER (1769 - 1849) continue l'activité avec un ouvrier facteur Jean David REINHARD, sous la marque "Dobner et Consort".

Marque DOBNER et CONSORT (1810-1845)
Marque DOBNER et FELKLIN (1795 - 1805)
Si vous voulez en savoir plus sur cette Maison : http://facteursetmarchandsdemusique.blogspot.com/2011/03/une-association-franco-suisse.html

Et l'anecdote ? Lors du décès de sa première épouse Marie Anne DESFONTAINES (1732 - 1793), Jos. DOBNER à préciser à l'employé municipal le lieu de naissance de sa femme : "Charville prés de Nancy" et ce dernier à retranscrit tel qu'on lui disait ce qui nous permet d'"entendre" l'accent alsacien de Jos. DOBNER;
Car la ville prés de Nancy est .....Jarville.

Extrait de l'acte de décès.

mardi 4 mai 2010

Armand Hyacinthe FERRY (1806-1870) fabricant et marchand d'instruments de musique à Mirecourt.

Nous allons évoquer dans les prochains articles les facteurs et fabricants d'instruments de musique à vent de Mirecourt qui ont essayé de s'implanter dans la "cité du quatuor".
Armand FERRY a été à l'initiative de cette aventure en faisant venir la famille LEROUX de La Couture Boussey et en engageant Georges Félix REMY.
Armand Hyacinthe FERRY est né à Mirecourt le 25 juin 1806. Son père Jean Nicolas FERRY était avoué au tribunal de Mirecourt et sa mère Anne Catherine JOLY était la fille d'un huissier du tribunal de Mirecourt.
Il avait deux frères, Jean Joseph FERRY né le 28 octobre 1804 à Mirecourt, avec qui il habitait en 1846, celui ci étant sans profession, et François Auguste FERRY, né le 15 août 1807 à Mirecourt qui sera avoué au tribunal de Mirecourt.
On ignore auprès de qui sa formation s'effectue, mais il s'installe vite à son compte, et a un nombre important d'ouvriers vers 1825 (de 15 à 18). Ambitieux, il va créer une entreprise où tous les instruments fabriqués à Mirecourt se rencontrent. Aux instruments à cordes, il innove en ajoutant des vents. Pour ce faire, il fait venir en 1835 la famille LEROUX de la Couture Boussey. Ceux ci resteront à Mirecourt jusqu' à 1846 et s'allieront avec des familles de luthiers.

http://facteursetmarchandsdemusique.blogspot.com/2010_02_01_archive.html

En 1839 il se présente à l'exposition de Paris, voilà ce que l'on trouve dans l' annuaire des Vosges de 1840 : " M. Ferry, fabricant de Mirecourt. Une grande flûte à une clé, une grande flûte à 5 clés, une grande flûte à patte d'Ut, une petite clarinette à 13 clés, une guitare. Bien exécutés, ces instruments étaient également remarquables par la modicité de leur prix. La flûte à une clé ne se vendait que 2 frs, celle à 5 clés 36 frs, la troisième et la clarinette 50 frs chacune.
M. Ferry emploie dans ses ateliers 22 ouvriers, tant à la fabrication de ses instruments qu'à celle des clés et garnitures. C'est en réunissant sous sa direction ces deux genres de travail, pour lesquels il se sert d'outils et de machines inventés par lui, qu'il lui est permis de perfectionner ses produits et de les livrer à bas prix. Ses ouvriers gagnent par jour d'un franc cinquante à trois francs ; les bois qu'il emploie sont le buis, l'ébène et la grenadille, et les métaux, l'argent, le melchior et le cuivre.
M. Ferry fabrique par an 3000 flûtes, 500 clarinettes et 800 guitares. Il a obtenu un brevet d'invention et de perfectionnement pour les ornements en écaille de ses guitares".

Ci dessus : étiquette d'une guitare d'A. FERRY.
(document communiqué par Françoise Sinier de Ridder).
http://www.sinier-de-ridder.com/

Au départ des Leroux, il engage Georges Félix REMY pour continuer la fabrication des instruments à vent. En 1855 ce dernier commence la fabrication de pianos, pendant qu'A. FERRY monte une succursale à Paris et une autre à Londres.
En 1858 il obtient un brevet pour l'invention du Ferryphone (trompette) ; FERRY et REMY deviennent associés. REMY rachète l'affaire en 1863. A cette époque il y a 60 ouvriers.

http://facteursetmarchandsdemusique.blogspot.com/2010_04_01_archive.html


FERRY reste très lié commercialement à REMY car il garde une option sur les produits fabriqués qu'il achète à un tarif préférentiel et qu'il écoule sur Paris et sur Londres.
L'association sera terminée vers 1869 et définitivement à la mort de Armand FERRY (63 ans), le 2 avril 1870 à Paris , où il habitait avec son épouse Marie RICHARME au 39 rue de Meslay.

mercredi 14 avril 2010

Georges Félix REMY fabricant d'instruments de musique à vent à Mirecourt.

Nous continuons dans la saga des facteurs d'instruments de musique à vent, à Mirecourt capital des instruments à cordes.
Georges Félix REMY est né le 13 juin 1818 à Vicherey dans les Vosges ; sont père Michel REMY (1785-1848) était charpentier. Il épouse le 21 août 1843 à Mirecourt Marguerite Odile GENIN (1819-1852) fille de Gabriel GENIN luthier à Mirecourt. A ce mariage, un de ses témoins est Armand Hyacinthe FERRY (37 ans) négociant. A cette date (1843) G.F. REMY devait déjà travailler pour A.H FERRY, et c'est sans doute lui qui remplaça les LEROUX, lorsque ceux ci quittèrent Mirecourt vers 1846.
Au recensement de 1846 pour Mirecourt on trouve : "George Félix REMY (28 ans) fabricant d'instruments de musique à vent, rue des Vosges " et plus aucune trace des LEROUX.


Ses instruments sont signés " Remy - Génin à Paris" sans doute pour faire la différence avec les luthiers du nom de Rémy. Il avait un frère Nestor REMY né à Vicherey le 13 janvier 1823, lui aussi " fabricant d'instruments de musique à vent " et qui travaillait avec lui. Ce dernier avait épousé Thérése GAILLARD également issue d'une famille de luthier. Le 13 octobre 1852 à Mirecourt, Marguerite Odile GENIN épouse de G. F. REMY décède. Les deux frères REMY se déclarent " fabricants d'instruments à vent ".
George Félix REMY épouse le 28 mai 1853, en seconde noce, Cécile GEORGE né en 1820 à Mirecourt fille de Joseph Alexis GEORGE "artiste vétérinaire".
Vers 1855, les REMY commencent la fabrication de pianos, pendant que FERRY monte une succursale à Paris et une autre à Londres. FERRY et REMY deviennent associés vers 1860.
En 1863, REMY rachéte l'affaire qui fait travailler, à cette époque 60 personnes à Mirecourt. Ferry reste très lié commercialement à REMY car il garde une option sur les produits fabriqués qu' il achète à un tarif préférentiel et qu'il écoule sur Paris et Londres.
L' entreprise REMY - GEORGE (nom de sa seconde épouse) est une société familiale qui fabrique et vend tous les instruments, les cordes frottées, les cordes pincées, les instruments à vent, les pianos fabriqués sur place ; elle assure aussi la revente de produits fabriqués hors de Mirecourt et des pièces détachées. Plusieurs membres de la famille travaillent dans l'entreprise, bien sur le frère Nestor REMY, leur oncle paternel Jean Mchel REMY (1809 - ? ) tourneur et fabricant d'instrument de musique, leur neveu et fils du précédent Edmond Félix REMY (1843 - ? ) facteur de pianos.

Signature de George Félix REMY.
L a Maison REMY participe à l'Exposition Universelle de Paris en 1867. Voilà ce qu'en dit Pontécoulant.
" Ce facteur est un des habiles ouvriers que possède Mirecourt. Tout le monde, dans ce pays là est facteur ou luthier, et ils ont poussé l'art de la facture à un bien haut degré. On fait très bien à Mirecourt. On y construit même des instruments de luxe, mais cependant le genre ordinaire est ce dont on s'occupe le plus et les musiciens peuvent trouver à Mirecourt de très bon violons à un excessivement bas prix. Si la lutherie est fort avancée, il n'en est pas de même de la construction des pianos ; les instruments présentés par Mr Rémy sont de bons instruments, mais ce sont des pianos assez ordinaires comme mécanisme et sonorité".

Signature de Nestor REMY.

L'association avec A.H. FERRY se termine vers 1869 et définitivement close en 1870 par le décès de Ferry. Cette entreprise stoppa ses activités en 1873 en raison d'une faillite.
Une partie du stock est racheté par la société LABERTE HUMBERT de Mirecourt.

mardi 23 février 2010

LEROUX, famille de facteurs de La Couture, installés à Mirecourt.

Nous avons déjà évoqué dans ce blog, la famille LEROUX, originaire de La Couture et qu' Armand FERRY de Mirecourt avait fait venir en 1835 pour s'occuper des instruments à vent dans sa nouvelle entreprise.
La mise sur le net des Archives Départementales des Vosges, nous aident à avancer dans nos recherches.

http://facteursetmarchandsdemusique.blogspot.com/search/label/Leroux
Nous avons à faire à deux frères, tous les deux nés à Croth.

Jean LEROUX l'aîné est né à Croth, petite commune proche de La Couture, le 17 octobre 1795. Son pére était maçon dans ce village. Il épouse le 23 décembre 1817 à Mouettes, Madeleine LOREE, nourrice née le 15 avril 1798 à Mouettes.
Leur premier enfant, Jean Louis LEROUX est né le 2 novembre 1818 à la Couture ; son père est tourneur. A la naissance de sa fille, Marie Madeleine LEROUX le 19 novembre 1820 à La Couture, il se déclare Luthier. En 1822, le 20 janvier à la naissance de son deuxième fils Frédéric LEROUX, il exerce une activité totalement différente : il est limonadier.

Il a du exercer une activité à Paris, puisque son troisiéme fils, Edouard LEROUX nait le 20 octobre 1826...à Paris.

A la naissance des jumeaux, Alphonse Robert LEROUX et Guillaume LEROUX nés le 10 juin 1830 à La Couture, il est de nouveau luthier, mais surtout il signe pour la première fois d'une façon différente. Auparavant sa signature était classique, là il signe en lettres cursives :" J. Leroux aîné", signature comparable à la marque la plus fréquente trouvée sur ses instruments.

C'est la raison pour laquelle, nous pensons que les marques présentées dans cet article : " (étoile) / LEROUX / (étoile), trouvée sur une flûte à une clé de la collection de Dayton C. Miller,

http://memory.loc.gov/cgi-bin/map_item.pl?data=/home/www/data/service/music/dcmflute/0600/0614f1.jp2&title=DCM+0614:+++Leroux+/+Flute+in+C&style=dcmflute&itemLink=r?ammem/dcm:@field(NUMBER+@band(0614

....et (soleil) / LEROUX / AINE / (étoile), trouvée sur une flûte en buis, baguée en corne et une
clé (ebay 6 2006), correspondent à la période "couturiote" de Jean LEROUX Aîné.

Dans le compte rendu de l'exposition de 1839, publié dans l'annuaire des Vosges de 1840 voilà ce qui est dit de "M. LEROUX aîné, fabricant à Mirecourt" : "......M. Leroux est fixé à Mirecourt depuis 1835. Le nombre de ses ouvriers est de 9 à 11 et leur salaire journalier est de 2 à 4 frs. Les matières premières dont il se sert sont l'argent, le melchior et le cuivre ; la grenadille, l'ébène, le buis, l'ivoire et les pointes de cornes qu'il se procure à Paris. Sa fabrication embrasse les instruments à vent, tels que les clarinettes, les flûtes, hautbois, flageolets...."
Jean Louis LEROUX, premier fils de LEROUX Aîné, facteur d'instruments de musique à Mirecourt épouse le 20 juillet 1840 Julie Pauline THERESE, modiste née le 24 janvier à Mirecourt. Un des témoin est Nicolas HARMAND archetier. Le second fils, Frédéric LEROUX fabricant d'instruments de musique à vent, épouse le 29 mai 1843 à Mirecourt, Marie Anne Eléonore BERNARDEL née le 5 octobre 1821, fille de Laurent BERNARDEL pâtissier. L'un des témoins est Louis GUIBOURG fabricant d'orgues

Le nom des deux épouses évoquent des familles de luthiers de Mirecourt. Mais comme à La Couture, à Mirecourt à cette époque il devait être difficile de ne pas avoir un luthier dans sa famille.

En 1842 l'on trouve dans l'annuaire des Vosges : " Leroux Aîné à Mirecourt" et "Leroux frères à Mirecourt".

En 1844, il ouvre une boutique à Paris et on peut le trouver dans le Bottin : "Leroux Aîné, fabricant de flûtes, clarinettes, hautbois, 4 rue du Nord, Faubourg Poissonniére ( ci-devant à Mirecourt)".


Jean LEROUX Aîné avait un frère, Charles Hypolite LEROUX dit Le Jeune né le 14 mai 1799 à Croth, qui sera lui aussi facteur d'instruments à vent et qui suivra son frère dans ses pérégrinations mirecuriennes.
Donc bravo et merci à Mona Lemmel qui avait bien interprétée les lettres entrecroisées de la marque suivante : L et H correspondant au frère : Hypolite LEROUX Jeune sans doute aprés 1846, à la fin de la période de Mirecourt et au début de l'aventure parisienne.

Il est 'laboureur" à la Couture lorsqu'il épouse le 13 janvier 1818 à Garennes sur Eure Marie Clotilde DUMONT (1799-?). Ils auront 3 enfants : Célestine Julie (1818-?), Marie Françoise Angélique (1821-1824), Marie Marguerite (1824-?).
On le retrouve à Paris en 1831, remarié à Marie Anne HUE (1801-?) à la naissance de leur fille Céline LEROUX le 8 octobre.
Au recensement de 1836 à Mirecourt, on retrouve les familles des deux frères : Aîné et Jeune au complet tous impliqués dans la fabrications d'instruments à vent.
En 1842 les deux frères seront associés à Mirecourt, avant le départ vers 1846 de toutes les familles LEROUX pour Paris. Au recensement de 1846 à Mirecourt il n'y a plus aucune trace des Leroux.
On retrouve le second fils de LEROUX aîné : Pierre Frédéric LEROUX (34 ans) en 1856, luthier à Mantes la Ville avec son épouse Marie Anne BERNARDEL (33 ans), sa belle mère Antoinette BERNARDEL (77 ans) et un apprenti.
Il sera également " témoin " à la mort de sa mère Marie Madeleine LOREE (63 ans) le 23 mars 1863, survenue 225 rue Saint Martin à Paris. Son père, 66 ans luthier est également signataire, Pierre Frédéric (41ans) luthier habitait 6 rue Gabrielle à Paris (18°).
Quant aux jumeaux, ils sont décédés jeunes, le premier Alphonse Robert LEROUX (37 ans), fabricant d'instruments de musique le 17 octobre 1867 au 28 rue Beaubourg Paris (3°) où il habitait avec son épouse Marie Joseph MONCHIET. Le second Guillaume LEROUX (36 ans) fabricant d'instruments de musique, le 26 février 1867 au 98 rue de la Chaise Paris (7°) où il habitait avec son épouse Héloïse SPECK.
A suivre.

jeudi 11 décembre 2008

FERRY- LEROUX -REMY GENIN : Facteurs d'instruments à vent de Mirecourt.

Mirecourt (Vosges) : Capitale de la Lutherie....et de la Musique mécanique.
Pour ceux qui ne connaissent pas cette jolie ville des Vosges, patrie de tous les grands luthiers et archetiers français (Vuillaume, Bernardel, Collin Mézin, Peccate, Tourte.....), je vous conseille le site du Musée de la Lutherie et de l'Archèterie Françaises et également celui du Musée de la Musique Mécanique.
Que viennent faire ces "facteurs de vent" dans cette citadelle du quatuor ?
En visitant ce beau musée en 2003, j'avais posé cette question à Isabelle Laruelle, attachée de conservation à cette époque, et qui m'avait trés aimablement répondu. C'est cette réponse que je vous propose ce soir, avant d'aborder chacun de ces "entrepreneurs" dans le détail au cours de prochains articles

Sources : Evelyne Bonétat, historienne de Mirecourt et présidente de l'association les Amis du Vieux-Mirecourt-Regain.

" Le principal facteurs d'instruments à vent (de Mirecourt) fut Armand Hyacinthe FERRY né à Mirecourt en 1806 et mort à Paris en 1870. Il vient au monde dans une famille très aisée, son père est avoué, son frère suivra la même voie. On ignore auprès de qui sa formation s'effectue, mais il s'installe vite à son compte, et a un nombre important d'ouvriers vers 1825 (de 15 à 18). Ambitieux, il va créer une entreprise où tous les instruments fabriqués à Mirecourt se rencontrent. Aux instruments à cordes, il innove en ajoutant des vents. Pour ce faire, il fait venir Louis LEROUX de La Couture Boussey (Eure) avec sa famille à une date indéterminée mais qui se situe avant 1840.
Les Leroux resteront à Mirecourt pendant deux générations environ, l'un deux s'alliera même à la famille bien connue du milieu luthier : les Bernardel.
Entre 1840 et 1848, Ferry engage un jeune mécanicien de talent : Georges Félix REMY. Ce dernier vers 1855 commence la fabrication de pianos, pendant que Ferry monte une succursale à Paris et une autre à Londres. FERRY et REMY deviennent associés vers 1860. REMY rachète l'affaire en 1863. A cette époque, il y a 160 ouvriers. FERRY reste très lié commercialement à REMY car il garde une option sur les produits fabriqués qu'il achète à un tarif préférentiel et qu'il écoule sur Paris et sur Londres. C'est ainsi que l'on trouve des instruments à vents signés Ferry, Rémy-Génin (patronyme de la premiére épouse), Rémy-George (patronyme de la deuxième épouse) et Leroux. L' association sera terminée vers 1869 et définitivement close en 1870 par le décès subit de Ferry en 1870.

Cette entreprise stoppa ses activités en 1873 en raison d'une faillite".

Merci à nos amis de Mirecourt.

FERRY, LEROUX, REMY......à suivre.