mercredi 27 mai 2009

Vincent CAVAILLIE facteur d'orgues à Nancy.




En 1861, Vincent Cavaillé (52 ans) facteur d'orgues habitait au 17 rue de la Constitution à Nancy, avec son épouse Zénaïde Blanc (43 ans) et sa fille d'un premier mariage (avec Aspasie Nadau) : Berthe Cavaillé.


Vincent Cavaillé (1808-1886) était le frère aîné d'Aristide Cavaillé, " patron" de la grande maison parisienne : Cavaillé et Coll et travaillait avec son frère.


Il avait épousé en seconde noce Zénaïde Blanc (1817-1883), la soeur de l'épouse d'Aristide Cavaillé

Berthe Cavaillé (1845-1930), fille de son premier mariage avait épousé Gabriel Reinburg, harmoniste de la société.













Pourquoi était il installé à Nancy ?
Simplement parce qu'il travaillait à la modification de l'orgue Dupont de la cathédrale de Nancy réalisée par la maison Cavaillé et Coll de 1857 à 1861.
(voir l'orgue en début d'article)
Si vous voulez en savoir plus sur Cavaillé et Coll :



mardi 19 mai 2009

J.B. Colin Duchêne de Nancy et Joseph Henry de Dijon.


Quels sont les points communs entre ces deux luthiers de province ?

1° Tout d'abord, ils ont suivi le cursus classique des luthiers : formation à Mirecourt et installation en province comme luthiers et marchands de musique.
2° Ils ont tous les deux un nom de famille.....qui est aussi un prénom : Colin et Henry.
3° Tous les deux ont fait suivre leur nom de famille du nom de "jeune fille" de leur épouse : Duchêne et Lapostolet.

C'est sans doute, la raison pour laquelle, la confusion est souvent faite, par exemple dans le "dictionnaire universel des luthiers" de René Vannes pour des instruments d'Henry LAPOSTOLET ou pour la vente de Vichy du 3 juin prochain du violon n° 121 de Jean Baptiste Colin DUCHÊNE.

En fait Jean Baptiste COLIN est né à Thuilliéres (Vosges) en 1815 et c'est installé à Nancy vers 1840, 14 rue de la Poissonnerie. Il avait épousé Françoise Virginie DUCHÊNE née en 1817 à Mirecourt et avait 3 enfants, Franceline (° 1837), Louise (° 1843) et Victor
(°1853). Son adresse change en 1851 : 15 rue Stanislas à Nancy. Il est décédé le 25 janvier 1889 à Nancy à l'âge de 74 ans.

Quant à Joseph Henry, il était né à Mirecourt le 14 mars 1828. Il était le fils de Claude Raimond Henry (° Mirecourt 16 juillet 1799 + Dijon 10 septembre 1850) luthier lui aussi à Dijon depuis 1825, installé d'abord 10 rue Vauban, puis 10 rue des Etioux, qui travaillait principalement pour le violoniste Sulot.

Sa mère était Catherine Joséphine Gaget.
Le 12 mai 1851, Joseph Henry épouse à Sombernon (Côtes d'or) Philiberte Marie Lapostolet
(° Sombernon 8 novembre 1823), fille d'un menuisier de ce village.
Il était également professeur de contrebasse au conservatoire de musique de Dijon. Veuf en 1875 il épouse vers 1880 Jeanne Léontine Bureau. Son magasin était situé rue des Forges

Son neveu Charles Eugéne Thérésse (°1850 Mirecourt) travailla avec lui comme luthier pendant plus de 10 ans, puis s'installa seul en 1884, pendant quelques années 49 rue de l'amiral Roussin.


Joseph Henry Lapostolet se fournissait chez Gautrot notamment.
Il est décédé, à 65 ans, le 11 mars 1894 à Dijon à son domicile familial du 29 rue des Moulins.

lundi 18 mai 2009

Dictionnaire évolutif des facteurs, luthiers, marchands d'instruments de musique de l'est de la France


Si vous vous intéressez aux instruments de musique anciens, vous vous êtes sans doute trouvé face à des instruments dont la signature était énigmatique.

Il n'existe actuellement que peu d'ouvrages concernant les facteurs et marchands d'instruments de musique. La référence est l' ouvrage de W. Waterhouse : The New Langwill index, qui pour les facteurs et marchands français est assez incomplet particulièrement au niveau de la province.
Par exemple " Sécrétand a Besançon" voilà ce qu'en dit le Langwill : " WWI, Besançon début 19 iéme".

Nous avons entendu parlé de futurs ouvrages, articles...qui devraient (devaient) voir le jour. Mais la complexité que pose la publication, la nature même du sujet toujours incomplètement traité, les données publiées sujet à discussion, la qualité des images généralement médiocres font que la connaissance des facteurs et marchands reste toujours au même point.

Nous avons entrepris, début 2008 de réaliser, ce dictionnaire.

Les principes sont simples, nous rassemblons dans des fichiers Word, tout ce que nous trouvons sur ces marchands, facteurs, luthiers et chaque années nous réalisons un CD que nous transmettons à nos amis collectionneurs.
Il est évolutif parce que nous n'attendons pas qu'il soit complet et finalisé pour le mettre à disposition. Notre grande surprise a été de découvrir la quantité de matériel pour traiter le sujet : annuaires, almanachs, internet, archives municipales, départementales.....En fait le seul vrai problème est le temps

Si nous nous limitons à l'est de la France, c'est parce que c'est notre région d'origine.....et que le travail au niveau de la France est considérable. Il faut se rendre compte que si pour les luthiers du quatuor, par exemple à Mirecourt, ou pour la facture d'orgues française il existe de nombreux ouvrages très bien fait, au niveau des instruments à vent il n'existe pratiquement rien. Pas de dictionnaires sur la Couture Boussey, Ivry la Bataille ou sur Paris.

Pour notre part, notre projet avance bien et comporte 800 dossiers, de marchands, facteurs d'instruments à vent, de pianos, d 'orgues, d'éditeurs de 1750 à 2009 avec de nombreuses photos d'instruments. Nous avons pratiquement terminé pour 2 grandes villes : Nancy et Dijon.


Plus nous avançons dans ce travail, plus nous rencontrons de personnes intéressées, c'est la raison de la création de ce blog "qui devrait nous permettre d'élargir le cercle". Par exemple nous avons rencontré le directeur d'une célèbre maison de musique, remontant au année 1850 qui nous a expliqué qu'il "avait du se débarrasser, 3 ans au paravent, de ses archives pour des problèmes de place". Voilà 3 ans de retard....et l'histoire de la musique à Nancy est partie aux ordures.

Si vous lisez cet article, je vous encourage à étudier les magasins de musique de votre région et d'expliquer à leur "patrons" que les archives municipales et départementales sont intéressées "par tous ces vieux papiers". Pour la publication ....il y a les blogs, les sites internet, cela ne coûte rien, que de la passion.

N'hésitez pas à me contacter.




dimanche 5 avril 2009

Jean Daniel HOLTZAPFFEL facteur de flûtes de Strasbourg : Episode 2

Nous avions quitté Jean Daniel Holtzapffel en 1780 dans l'atelier de son père ; il avait 10 ans.

(voir article précédent) : http://facteursetmarchandsdemusique.blogspot.com/2009/01/jean-daniel-holtzapffel-un-facteur.html
En 1785, il rentre chez un " ...nommé Frereis, qui passait pour le tourneur le plus adroit de la ville.....". Chrétien Frédéric Fries, tourneur, né vers 1754. Il habitait en 1836, 13 rue Jeu des Enfants à Strasbourg. En 1788, J.D H. travaille de nouveau avec son père.
Le 4 avril 1791, c'est le départ pour son "tour de France"; il a 21 ans.
".....à neuf heures du matin, je quittai ma ville natale, accompagné d'un de mes amis de collège qui était ferblantier et se nommait Rhein". Il peut s'agir de Chrétien Rhein, ferblantier né en 1770 (comme J.D H.) et qui habitait avec son épouse en 1836, 148 Grande Rue à Strasbourg.
Cette célèbre famille de ferblantiers de Strasbourg, avait sa boutique située , a coté de celle de Chrétien Roth lui aussi célèbre facteur d'instruments à vents (successeur de Dobner et de Bühner et Keller). Chrétien Roth avait épousé Christine Dorothée Rhein fille de Chrétien Rhein.
Voir la photo ci dessus : cliquer sur la photo pour l'agrandir et voir le détail des boutiques.
Le 11 avril 1791, il arrive à Berne (Suisse), (via Sélestat, Colmar, Bâle, Soleure), où il reste quinze jours et travaille pour un tourneur : M. Vendel. Il passe par Lausanne où il séjourne 3 semaines, puis se sera Genéve le 17 mai où il restera 1 an :"J'ai travaillé à Genève pendant environ un an et j'y ai économisé la somme de cent francs, que je laissai à mon oncle en partant pour Lyon".
A la même époque son frère aîné Jean Jacques (John Jacob) Holtzapffel (1768-1835) quitte Strasbourg pour Londres où il travaillera pendant deux ans avec Jesse Randsen, un célèbre tourneur anglais, avant de s'installer en 1794 son premier atelier de fabrication de tours mécaniques, en association avec Francis Rousset.

Pour en savoir plus sur cette célèbre société : Holtzapffel and Co, qui restera pendant 80 ans, au 64 Charing Cross à Londres :
C'est là qu'il faut cliquer
http://holtzapffel.org/biographies.html
Jean Daniel Holtzapffel arrive à Lyon le 17 mai 1792, où il travaille d'abord chez un tabletier nommé Chapuis.




Puis il rentre "chez un nommé Hugaud, qui faisait construire une grande filature de coton. Je fus

chargé de tourner presque tout ce qui est nécessaire pour former les
mécaniques qui filaient jusqu'à cent fils à la fois".
...... A suivre....




jeudi 19 mars 2009

Claude Joseph DAVID facteur et luthier à Dijon (1784-1853)

Ce facteur provincial a été bien étudié, par Georges et Xavier Sallabery dans le numéro Spécial n° XIV du Larigot publié en mars 2003, qui présentent dans ce catalogue une très belle clarinette 6 clés en ébène et bagues ivoire.

Claude Joseph David est né le 22 janvier 1784 à Saint Claude. Il est le fils de Joseph François David luthier à Saint Claude et de Jeanne Pierrette Michaud.

Il se marrie à Saint Claude, le 25 février 1810 avec Marie Françoise Vuillermoz, la fille d'un horloger de Saint Claude.

Ils eurent huit enfants, dont deux survécurent : Charles Joseph Antoine David (° 10 décembre 1810 à Saint Claude) et Joséphine David (° 1813 à Saint Claude). Tous les autres enfants sont nés à Dijon : Jeanne Annette David (° 18 août 1818) décédée à 28 ans, des jumelles Françoise Philiberte et Marie Charlotte (° 12 mars 1821) décédées de "la petite vérole" en 1824, de nouveau des jumeaux (°12 décembre 1825) qui ne vécurent que quelques jours et enfin Charles Joseph Alexandre David (°12 décembre 1828) qui vécut 8 mois.

Donc son arrivée à Dijon se situe entre 1813 et 1818 et on le retrouve en 1836 lors du premier recensement de la ville de Dijon : " Joseph David, luthier vivait avec son épouse Françoise Willermot, son fils Charles (25 ans) célibataire et ses deux filles célibataires, Joséphine (23 ans) et Jeanne (18 ans)".

A noter que dans tous les documents que nous avons consultés, il est toujours précisé comme profession " luthier ". Albert Jacquot, dans son ouvrage : La lutherie Lorraine et Française, le cite comme luthier, à partir d'une étiquette (voir doc. ci dessus) retrouvée dans un violon.

Alors, est il facteur ou luthier ?

Il est difficile de répondre avec certitude, mais il pouvait être les deux. Il y a des arguments pour dire qu'il était "moins luthier".... En effet on ne connait pas d'instruments à cordes fait par lui, ce qui est rare pour un luthier de formation. Lors de la déclaration de naissance de ses premiers jumeaux en mars 1821, l'un des témoins était François Vincent Alba "22 ans, luthier à Dijon". Ce luthier devait travailler dans l'atelier David et s'occuper des réparations et de l'entretien des instruments à cordes.

F.V. Alba était installé à Lyon en 1822, associé à Micollier au n°12 place Confort.

On voit bien dans cet exemple, la difficulté de définir le statut de ces "facteurs de province" qui étaient avant tout marchands, et "généralistes" dans la fourniture d'instruments de toutes sortes (cordes, cuivres, bois, pianos, orgues, édition, abonnements de musique...), et la nécessité d'aborder l'étude de ces sujets en élargissant les recherches, au monde des luthiers, facteurs de pianos et d'orgues. C'est la démarche que nous avons pour rédiger notre dictionnaire.

Son épouse Françoise Vuillermoz décéde le 3 janvier 1850 à Dijon. Et en 1851 Joseph David, luthier veuf, vivait avec son fils Charles (42 ans) luthier célibataire et sa fille Joséphine (38 ans) célibataire sans profession, 93 rue de la Liberté à Dijon.

Le 19 mars 1853, Claude Joseph David, décède à Dijon à l'âge de 70 ans. Le magasin est repris par Joséphine David et "dès lors, plus aucun instrument de musique ne sera fabriqué dans l'atelier de David". (Catalogue Sallabery de 2003)

Et oui curieusement, ce n'est pas le fils aîné qui reprend l'affaire, et pourtant il est cité comme luthier dans les recensements de 1851.

En 1856 Joséphine David (43 ans), marchande de musique 15 rue Condé à Dijon, vivait avec son frère Charles (46 ans) et leur domestique Florine Danrey (20 ans). Cinq ans plus tard, on retrouve les mêmes à la même adresse, mais Florine Danrey est devenue "demoiselle de magasin".

Dix ans plus tard en 1866, rien n'est changé, sauf que Hermine Danrey, soeur de Florine a rejoint le magasin comme "demoiselle de magasin".

Il est a noter que de 1858 à 1872, dans tous les annuaires deux adresses sont indiquées : David, marchand de musique 15 rue Condé, et David, luthier 13 rue Condé à Dijon. Joséphine devait s'occuper de la gestion et de la vente, tandis que Charles, luthier réparait et entretenait les instruments à cordes.

Le magasin est progressivement transmis à partir de 1869 à Florine Danrey (native également de Saint Claude), et changea de nom après 1872 (voir la publicité ci contre datant de 1872), pour devenir : Mademoiselle Danrey, luthier et marchand de musique 15 rue de la Liberté à Dijon. Les annuaires mentionnent de 1873 à 1877 : un David, luthier 13 rue Condé à Dijon, sans doute Charles David qui continua d'exercer une activité de luthier.

Charles Joseph Antoine David, rentier célibataire décède à 84 ans le 21 juillet 1895 à Dijon.

Mademoiselle Danrey exerça jusqu'en 1891.




jeudi 22 janvier 2009

Jean Daniel HOLTZAPFFEL : un facteur entre Strasbourg et Paris.

Pourquoi s'intéresser particulièrement à ce facteur?

Nous avons eu la chance dans notre travail de recherche, de tomber sur ce petit document de 97 pages, édité en 1820 à Strasbourg, dans lequel Jean Daniel Holtzapffel (1770-1843) publie ses mémoires. Ce sont des mémoires peu ou pas connues et qui présentent à notre avis et de l'avis des personnes à qui nous les avons présentées, un grand intérêt puisque qu'elles racontent l'histoire d'un jeune tourneur de Strasbourg qui progressivement, dans son "tour de France" passe d'un statut de tourneur, au métier de facteur d'instruments de musique à vent. Malheureusement ce document n'est que la première partie de sa vie et s'arrête à son mariage en 1801.

Peut être existe t il une deuxième partie, mais pour le moment, elle n'est pas connue.

Nous vous proposons donc de communiquer dans ce blog, sous forme d'épisodes successifs, les passages les plus intéressants.

Et dans un second temps, lorsque nous aurons terminé le travail sur ce facteur, nous proposerons à ceux qui sont intéressés et qui nous le demanderons la totalité du document.

Premier épisode : Qui est Jean Daniel Holtzapffel ?



1770 : Naissance le 8 février à Strasbourg de Jean Daniel Holtzapffel. Il est le fils de Jean Jacques Holtzapffel, tourneur à Strasbourg et de Anna Madeleine Schlatter. Il est le troisième d’une famille de 9 enfants (5 garçons et quatre filles). Deux des quatre sœurs sont décédées en bas âge et un des frères est décédé dans l’armée en Hollande.

"Mon père m’a souvent dit que j’étais né au moment où Marie Antoinette, fille de l’empereur d’Allemagne, passait à Strasbourg, pour aller à Paris, devenir l’épouse de Louis XVI, roi de France. A cette époque on donna un grand feu d’artifice, pour lequel mon père eut beaucoup à travailler, et le mémoire lui en fut soldé le jour même de mon baptême".

Sur les quatre frères, trois furent tourneurs. Le frère aîné Jean Jacques Holtzapffel (1768-1835) quitta en 1792 Strasbourg pour Londres où il créa la célèbre Maison Holtzapffel and Co n° 64 Charing Cross London, célèbre pour la fabrication de machines, de tours, d’outils. Son frère cadet Théophile (Gottfried) Holtzapffel (1777-1845) restera à Strasbourg et créera une "fabrique de jouets d'enfants et de commerce de bagueterie, 25 rue de la maroquinerie".

" Mon pére apprit son état de tourneur à ses cinq garçons. Dés que l’un avait fini son apprentissage, il partait pour voyager et faisait ainsi place à un frère plus jeune, de manière que la boutique était toujours occupée. Notre pére nous disait souvent, lorsque nous étions encore tous réunis à sa table, qu’il était sur que dés que l’un de nous l’aurait quitté il ne nous reverrait plus jamais ensemble. En effet, ce pressentiment s’est réalisé, mon frère de Londres et moi nous ne sommes, à notre grand regret, pas retourné à Strasbourg, du vivant de nos parents ; les événements de la révolution française en ont principalement été la cause".


" Nos parents ont eu peu de fortune, mais ils étaient d’une probité qui ne s’est jamais démentie. Mon père ne cessait de nous répéter qu’à défaut de fortune il laisserait à ses enfants un bon exemple à suivre. Ma mère a nourri ses neufs enfants, et souvent elle passait une grande partie de la nuit à raccommoder nos vêtements. Mon père aussi travaillait souvent la nuit pour nous assurer le nécessaire. Malgré une existence aussi dure, jamais je n’ai entendu mes parents se plaindre de leur sort, jamais ils ne se faisaient de reproches ; tout était en commun dans leur ménage, le bien comme le mal ; leur unique désir était de voir un jour leurs enfants plus heureux qu’eux-mêmes, et je puis dire que ce désir a été en grande partie réalisé".

L'apprentissage chez son père.

1780 : À l’âge de 10 ans J.D Holtzapffel commence à travailler dans l’atelier de son père.

" A l’âge de dix ans je commençai à travailler à l’état de mon père, et dès que je fus un peu avancé, j’exécutai différents ouvrages de mon invention.
Un jour je fis une petite maison dans laquelle se trouvait un tour qu’un petit bonhomme faisait aller. Il marchait avec une roue que j’y avais adaptée et que je faisais tourner au moyen de sable que je versais dans la cheminée et qui retombait dans un tiroir ; ensuite je plaçai mon petit chef d’œuvre près de la fenêtre, pour faire arrêter les passants. Mon père vendait des jouets d’enfants pour les étrennes du jour de l’an ; il permit à mon frère et à moi d’en faire pour notre compte, mais pour cela il fallait, au milieu de l’hiver, se lever à quatre heures du matin, car à six heures, nous commencions à travailler pour notre père. Comme il arrivait souvent que nous nous levions trop tard, ce qui nous faisait beaucoup de tort, j’imaginai de faire une horloge en bois avec un réveil, et dès lors nous pûmes nous lever à l’heure que nous voulions ; et comme nous logions sous le toit, près de la chambre des domestiques, ceux-ci nous priaient souvent de les réveiller".

Suite 1 : http://facteursetmarchandsdemusique.blogspot.com/2009/04/jean-daniel-holtzapffel-episode-2.html

A suivre........






mardi 16 décembre 2008

LES FRERES KELLER à Strasbourg : Une énigme en partie résolue.

Strasbourg a été au XVIIIe siécle et au début du XIXe, un centre important de fabrication d'instruments de musique, et particulièrement d'instruments à vent.
La famille KELLER a dominé le XVIIIe, avant de s'associer au début du XIXe aux BÜHNER, autre famille bien connue de Strasbourg.
Quelques rares instruments présentaient des marques énigmatiques : "Veuve Keller", "Les Frères Keller"...
Trois instruments avec la marque "Les Frères Keller" ou "Keller Frères" sont actuellement connus : Une clarinette en si b, à 6 clés du Musée des Arts décoratifs de Strasbourg, une clarinette en si b à 5 clés, d'une collection particulière, (Voir le Larigot N° XIV spécial de mars 2003), et une flûte à 1 clé argent et 3 corps de rechange, de notre collection.Le Langwill signalait ces marques sans apporter d'explication.Grâce aux informations, que Jean Jeltsch nous a aimablement transmises, nous pouvons avancer une hypothèse.
La Famille Keller.
Marque d'une flûte à une clé et trois corps de rechange. (Collection R.P.)
L'atelier a été crée par Johannes Keller, tourneur qui fut admis dans la corporation des charpentiers en 1736. Il était marié à Marie Salomé Schreiber, et ils ont eu au moins 3 fils :
Jean Keller III (+ 6 juillet 1785 à Strasbourg) qui avait épousé Marguerite Salomé Baldner. Ils ont eu 4 enfants connus, dont Marie Madeleine Keller (1768-1834), qui avait épousé Gabriel Sébastien Bühner (1756-1819), personnage central de la Maison Bühner et Keller, Jean Keller IV (1776-1833) facteur d'instruments à vents qui sera associé à G.S Bühner, et ensuite à son fils Jean Bühner (1798-1844).
Isaac Keller (1745-1812) qui fut reçu comme facteur d'instruments dans la corporation des charpentiers en 1785 et qui restera célibataire.
Jean Philippe Keller (1742-1794) facteur d'instruments également.
Marque d'une clarinette en Si b et à cinq clés. (Collection Sallaberry)
Les Frères Keller ?
Jean Philippe Keller achète le 14 avril 1791 par adjudication et pour 6050 livres, la maison du 70 rue du Marché aux Vins à Strasbourg ; son frère Isaac Keller en possède la moitié, car il existait entre eux une société. Donc "Les frères Keller", mais cela reste à confirmer même si la courte période (1791-1794) de cette association et la révolution (baisse d'activité) expliqueraient le faible nombre d'instruments.
A noter que notre flûte est estampillée "Frères Keller" sur la tête (1) et Keller (2) sur toutes ses autres parties. Ces marques sont légèrement différentes sur les deux clarinettes estampillées "Les Frères Keller" (3).
Flûte à 1 clé et 3 corps de rechange des Frères KELLER. (Collection R.P.)
Merci à Jean Jeltsch pour ses précieuses informations.

Et la Veuve Keller ?

Deux instruments portant cette marque sont répertoriés : une flûte à 1 clé du Musée de Cambridge (angelot/Veuve/Keller/A Strasbourg), une flûte à 1 clé et 3 corps de rechange avec la même estampille (ventes Sotheby's du 19 novembre 2002).
Pour le reste mystère.
Si vous avez des infos, des commentaires, des avis....même différents. N'hésitez pas.


jeudi 11 décembre 2008

FERRY- LEROUX -REMY GENIN : Facteurs d'instruments à vent de Mirecourt.

Mirecourt (Vosges) : Capitale de la Lutherie....et de la Musique mécanique.
Pour ceux qui ne connaissent pas cette jolie ville des Vosges, patrie de tous les grands luthiers et archetiers français (Vuillaume, Bernardel, Collin Mézin, Peccate, Tourte.....), je vous conseille le site du Musée de la Lutherie et de l'Archèterie Françaises et également celui du Musée de la Musique Mécanique.
Que viennent faire ces "facteurs de vent" dans cette citadelle du quatuor ?
En visitant ce beau musée en 2003, j'avais posé cette question à Isabelle Laruelle, attachée de conservation à cette époque, et qui m'avait trés aimablement répondu. C'est cette réponse que je vous propose ce soir, avant d'aborder chacun de ces "entrepreneurs" dans le détail au cours de prochains articles

Sources : Evelyne Bonétat, historienne de Mirecourt et présidente de l'association les Amis du Vieux-Mirecourt-Regain.

" Le principal facteurs d'instruments à vent (de Mirecourt) fut Armand Hyacinthe FERRY né à Mirecourt en 1806 et mort à Paris en 1870. Il vient au monde dans une famille très aisée, son père est avoué, son frère suivra la même voie. On ignore auprès de qui sa formation s'effectue, mais il s'installe vite à son compte, et a un nombre important d'ouvriers vers 1825 (de 15 à 18). Ambitieux, il va créer une entreprise où tous les instruments fabriqués à Mirecourt se rencontrent. Aux instruments à cordes, il innove en ajoutant des vents. Pour ce faire, il fait venir Louis LEROUX de La Couture Boussey (Eure) avec sa famille à une date indéterminée mais qui se situe avant 1840.
Les Leroux resteront à Mirecourt pendant deux générations environ, l'un deux s'alliera même à la famille bien connue du milieu luthier : les Bernardel.
Entre 1840 et 1848, Ferry engage un jeune mécanicien de talent : Georges Félix REMY. Ce dernier vers 1855 commence la fabrication de pianos, pendant que Ferry monte une succursale à Paris et une autre à Londres. FERRY et REMY deviennent associés vers 1860. REMY rachète l'affaire en 1863. A cette époque, il y a 160 ouvriers. FERRY reste très lié commercialement à REMY car il garde une option sur les produits fabriqués qu'il achète à un tarif préférentiel et qu'il écoule sur Paris et sur Londres. C'est ainsi que l'on trouve des instruments à vents signés Ferry, Rémy-Génin (patronyme de la premiére épouse), Rémy-George (patronyme de la deuxième épouse) et Leroux. L' association sera terminée vers 1869 et définitivement close en 1870 par le décès subit de Ferry en 1870.

Cette entreprise stoppa ses activités en 1873 en raison d'une faillite".

Merci à nos amis de Mirecourt.

FERRY, LEROUX, REMY......à suivre.


mercredi 10 décembre 2008

Les enquêtes de l' Inspecteur Flûtiot : cette semaine l' affaire Sibout.

Un avis de recherche a étè lançé ce soir, pour retrouver la trace d'un dénommé : Sibout, facteur et/ou marchand, qui séjournait de 1836 à 1846, 27 passage du Saumon à Paris. Il a été vu pour la derniére fois en 1846 entrant dans la boutique du sieur Holtzapffel (ce doit être le fils parisien) situé au 19 passage du Saumon.

Une forte récompense (l'estime éternelle de l'inspecteur Flûtiot) sera remise, à toute personne qui pourra apporter des renseignements, ou encore mieux des photos de ses instruments (de musique bien sur).

Il a étè aperçu dans l'est de la France, mais aussi du coté de La Couture.








lundi 8 décembre 2008

AU BOULOT


Que donc, je fais un dictionnaire évolutif des facteurs, luthiers, marchands d'instruments de musique de l'Est de la France.
L'est ? Parce que c'est mon coin .....Et parce que j'éspère que d'autres se taperont le boulot....sur leur province, ou leur capital. Avis aux Lyonnais, Parigots, Bordelais.....
Evolutif ? Parce que je ne vais pas attendre l'absolue vérité, le nirvana de la certitude....pour passer des infos "méconnues" à ceux qui écrivent les livres.
Alors chaque année (vers janvier) je sort un CD de ma base de travail et dans laquelle, je note tout et je le passe à mes Amis de l'A.C.I.M.V (contre 5 euros-gratuit pour ceux qui me passent des infos-pour les frais d'envoi et de réalisation) qui le souhaitent et que cela intéressent.
Voilà le truc.....
Si cela vous intéresse contactez moi.


mercredi 26 novembre 2008

C'est une premiére

Êtes vous intéressés par les instruments de musique anciens ? Les fabricants d'anciens instruments de musique : flûtes, clarinettes, bassons, hautbois, trompettes, saxophones, violons, orgues, harpes ? Dites nous les sujets que vous voudriez voir traiter dans ce blog. Faites nous vos suggestions.

Do you have interest in : old musical instruments, old musical instruments makers : flutes, clarinets, bassoons, oboes, trumpets, saxophones, violins, organs, harps.
Tell me the subjects which you would like to see handling in this blog.
Make your suggestions.









Finalement faire un blog....c'est un premier pas vers la création d'un site internet.

Et quand on souhaite comme moi échanger, partager, communiquer, rechercher, c'est une voie



Alors quel est le projet ?

Depuis quelques années (10...20...30....), j'ai attrapé un drôle de tic, celui de ramasser de vieilles flûtes, clarinettes ou d'autres instruments de musique bizarres. Alors après la premiére étape du collectionneur débutant, acheter dans tous les sens n'importe quoi, je suis passé à la seconde étape, (surtout pour limiter la dépense et éviter la faillite......) "devenir intelligent et donner une orientation à MA collection". A cette période c'était plutôt : les systèmes....Tulou, Boehm 32, Moyse, Siccama, etc...., j'ai astiqué, briqué, essayé tous ces beaux instruments.....oui, mais après avoir fait tout celà....les hasards de la "chine" m'ont fait trouver des instruments avec des marques qui m'étaient inconnues : Leroy à Metz, David à Dijon, Sécrétan à Besançon, Bühner et Keller à Strasbourg...rien que des villes de mon coin. Mais, mais......QUI c'est ti ? des revendeurs ? des .......facteurs ? Non c'est pas possible pour être facteur, il faut au moins avoir un certificat de séjour de la Capitale. Alors, vite, vite....consultons Le livre : " ......est dans la liste en 18...." ou " Besançon début XIX". Nous voilà bien
avancé....Alors on questionne, on se renseigne auprés des experts, qui "pensent que...Celà se pourrait...vers 1840".
En fait personne ne sait, parce que personne n' a travaillé le sujet.