mercredi 26 septembre 2012

Actualités sur Mangeot facteurs de pianos à Nancy et sur Miraucourt à Verdun.


En décidant d'écrire un dictionnaire des facteurs de l'est de la France, et en précisant qu'il serait évolutif....Je ne pensais pas que cette évolution serait aussi importante. La somme des documents disponibles permettrait d'écrire une monographie sur chaque facteur.
Concernant par exemple nos facteurs de pianos nancéiens, les frères MANGEOT  nous avons découvert de nouveaux documents, comme cette magnifique carte de l'exposition universelle de Paris de 1878 d'Alfred MANGEOT (1831-1889).

Carte d'Alfred Mangeot pour l'exposition de 1878.
(Forum de place de l'Ours)
On se souvient que cette année 1878 avait été pour la famille Mangeot une année faste. Ils avaient remporté une médaille d'or à l'exposition de Paris, pour leur piano à double claviers.
(voir article : http://facteursetmarchandsdemusique.blogspot.fr/2011/09/le-piano-double-clavier-des-freres.html
Lucien Comettant (1852-1825)
L’année 1878 se termina en apothéose le 7 décembre, par le mariage de Jeanne Amélie Mangeot, fille aînée d’Alfred Mangeot avec Louis Comettant (25 ans) né à New York en 1853, représentant de la société Mangeot Frères, fils du célébre homme de lettres Oscar Comettant. La cathédrale de Nancy pleine à craquer, acceuillait de prestigieux artistes, dont Charles Gounod, qui fit interpréter son célèbre Avé Maria et son beau cantique : «  Le ciel a visité la terre ».
Jeanne Amélie Mangeot (1859-1942)
Toutes ces informations proviennent d'un très beau site canadien réalisé par un descendant de la famille Comettant et qui publie la vie d'Oscar Comettant écrit par son fils Lucien. C'est passionnant et très documenté, on y apprend la rencontre de Lucien avec son épouse à Nancy, leur mariage et leur vie au Canada : http://www.comettant.com/photographies/lucien-comettant-et-famille/

Oscar Comettant (1819-1898)
Charles Gounod (1818-1893) était témoin à ce mariage.
Charles Gounod (1818-1893)
Si vous voulez revoir notre article sur l'histoire de la Maison Mangeot à Nancy, cliquer sur ce lien :
http://facteursetmarchandsdemusique.blogspot.fr/2010/01/mangeot-nancy-facteurs-de-pianos-1830.html
Jean Marc STUSSI, spécialiste des facteurs de pianos de Nancy, nous signale cette photo du deuxième frère : Edouard MANGEOT. (BNF)
Si vous voulez en savoir plus sur tous les facteurs de pianos de Nancy, nous vous conseillons l'article de Jean Marc Stussi :
Article sur les facteurs de pianos de Nancy.
Autre nouveauté, la découverte d'un instrument signé de Joseph MIRAUCOURT ( 1694-1757) à Verdun (Information de notre ami Richard Charbit).
Jusqu'à présent on ne connaissait aucun instrument de ce luthier, et dans certains ouvrages on doutait de sa profession.
Voici donc cette jolie vielle à colonnettes......Elle est bien signée de " Joseph Miraucourt à Verdun 1744", et peut donc être attribuée, au père... car le fils, Joseph Miraucourt junior, qui sera lui aussi luthier, est né en 1729 et avait 15 ans à la date de fabrication de cette vielle.
Marque de Joseph Miraucourt à Verdun.


Pour en savoir plus sur Joseph Miraucourt : http://facteursetmarchandsdemusique.blogspot.fr/2012_05_01_archive.html


A la suite de notre article sur le Csakan, Richard CHARBIT, vous présente chez "Orphée" ce très beau csakan en ivoire.

http://rp-archivesmusiquefacteurs.blogspot.fr/search/label/Csakan


"Csakan en ivoire du facteur Viennois Melchior Harrach.Outre la signature du facteur gravé sur une plaque d'argent, un médaillon d'argent porte  en Français la mention :" pour Robert Richter 1834 in Wien ".Ce Csakan est typique dans sa fabrication des instruments de cette période. Possédant un pavillon vissé type Hautbois.Le tenon de la tête a été refait, et deux bagues ciselées en argent sont absentes.Tonalité en la b ou en fa, difficile de le déterminer étant donné l'état musical de cette flûte.La clé ciselée elle aussi est caractéristique de cette école. Il n'existe pas à ma connaissance et à la connaissance d'un professionnel  éclairé de csakan en ivoire.Seul un richissime amateur Viennois a pu en faire commande".


Le site de Richard : http://www.orpheemusic.com/

lundi 14 mai 2012

De Souilly à Reims, en passant par Verdun : la saga familiale des facteurs et luthiers : Desrousseaux, Miraucourt, Conscience, Godet.

Tête d'un quinton, marque et signature de Nicolas DESROUSSEAUX.
Nous avons déjà traité dans ce blog, l'histoire de Nicolas DESROUSSEAUX (1716-1783), luthier à Verdun, qui avait épousé en 1744 Jeanne MIRAUCOURT (1721-1792), la fille d'un luthier qui exerça à Verdun Joseph MIRAUCOURT.
Vous pouvez relire cet article consacré à Nicolas DESROUSSEAUX : http://facteursetmarchandsdemusique.blogspot.fr/2011_04_01_archive.html

Depuis la rédaction de cet article, nous avons été contacté par Luc SECOUARD descendant de ce luthier, qui nous a apporté de nombreux renseignements sur ses ancêtres. Qu'il en soit remercié.
De plus Denis WATEL a fait paraître dans le Larigot N°47 de mars 2011, un article trés intéréssant :
"Tourneurs et facteurs d'instruments à vent : les GAMBETTE à Verdun au 18° siècle", dans lequel il mentionne les familles de luthiers et de facteurs de Verdun.
Mais revenons à nos luthiers.
Joseph MIRAUCOURT est né à Souilly dans la Meuse, le 18 mai 1694 ; son père était maréchal ferrant.
Il épouse le 12 février 1720 à Souilly, Jeanne Henriette GROSJEAN (1697-1743) dont il aura sept enfants dont Joseph MIRAUCOURT né en 1729 qui sera luthier et Jeanne MIRAUCOURT (1721-1792) qui épousera en 1747 Nicolas DESROUSSEAUX. Marie Anne MIRAUCOURT née le 15 novembre 1739 avait pour parrain Pierre CONSCIENCE tourneur à Verdun.

Marque de Joseph MIRAUCOURT père.

Signature de Joseph MIRAUCOURT père
Il arrive à Verdun vers 1734, il se déclare luthier en 1739 à la naissance de sa fille Marie Anne. Il se remarie à Jametz dans la Meuse le 22 septembre 1750 avec Anne TRIBOULT. Au cours de son remariage il se déclare luthier, un des témoins est Joseph Miraucourt « luthier, fils du marié, bourgeois de Verdun ». Il laisse à son gendre Nicolas Desrousseaux, aussi témoin à son mariage et à son fils Joseph Miraucourt, son atelier de Verdun et s’installe à Jametz.


Joseph MIRAUCOURT père aura trois enfants avec sa seconde épouse et sur les actes de leurs naissances et de décès Joseph Miraucourt se déclare « faiseur d’instruments » et même « ménétrier ».
La dernière trace que nous avons trouvée date du 25 avril 1757 à Jametz, date du mariage de son beau-frère Noël TRIBOULT (27ans) luthier à Jametz (la profession de ménétrier est barrée), Joseph Miraucourt se déclare luthier.
Signature de Joseph Miraucourt Fils. 
Nous n'avons pas trouvé la date et le lieu de son décès.
La famille CONSCIENCE est elle aussi originaire de Souilly dans la Meuse, et il devait exister des liens avec la famille MIRAUCOURT.
Jean François CONSCIENCE est né le 18 février 1764 à Verdun (Paroisse Saint Pierre l’Angelé). Il appartenait à une famille de Maîtres tourneurs de Verdun, son père Pierre CONSCIENCE (1728-1799), son grand père Jacques CONSCIENCE, son oncle Jean Hubert CONSCIENCE (1733-1800), son grand-oncle Charles CONSCIENCE, étaient Maîtres tourneurs à Verdun.

Marque d'une clarinette à 5 clés de Jean François CONSCIENCE. Collection William ROUSSELET.
Pierre Conscience avait épousé vers 1750 Jeanne ROBERT (mère de Jean François) et avait au moins quatre enfants : Jacques CONSCIENCE né en 1753, Jean François CONSCIENCE né en 1764, Jeanne CONSCIENCE née en 1770, Catherine CONSCIENCE née en 1774.  Il est décédé à l’hospice de Verdun, à 71 ans, le 22 décembre 1799.

Signature de Jean François CONSCIENCE (1764-1829)
Son fils Jean François CONSCIENCE est arrivé vers 1800 à Chalons sur Marne où il était installé en 1804 comme facteur d’instruments à vent.
Il avait épousé Rose Elisabeth GAROLLE, née en 1766 à Baudement dans la Marne. Ils ont eu plusieurs enfants : Jeanne Désirée CONSCIENCE (1804- ?), qui épousera en 1837 Nicolas Louis CHERON, veuf de Paris, Augustine Souvine CONSCIENCE (1806-1904).

Clarinette en Si B à 5 clés de Jean François CONSCIENCE. Collection William Rousselet.
Lors de la naissance de sa seconde fille en 1806, J.F. CONSCIENCE se déclare Luthier et professeur à l’école des Arts et Métiers. Les témoins à cette naissance sont tous les deux compagnons tourneurs : Jean François GUYOT (21 ans) et Théodore GODET (22 ans), « cousin de l’enfant ». qui sera facteur d’instruments à vent et marchand tabletier à Reims.
Cette deuxième fille, Augustine Souvine CONSCIENCE épousera en 1828 son cousin germain Jean François TOURNAFOTTE, fils de la sœur de Jean François CONSCIENCE, Catherine CONSCIENCE  et de François Claude TOURNAFOTTE, militaire à la retraite.
A cette date Jean François CONSCIENCE se déclare marchand tabletier. Théodore GODET est de nouveau témoin et se déclare marchand tabletier à Reims.
Jean François CONSCIENCE est décédé à Chalons le 17 septembre 1829 à 65 ans rue Croix des Teinturiers.
Théodore GODET est né le 22 janvier 1784 à Baudément dans la Marne. Son père Pantaléon GODET était voiturier. Cousin de Rose GAROLLE, l’épouse de Jean François CONSCIENCE (1764-1829)  il est témoin en 1806 à la naissance d’Augustine CONSCIENCE, leur deuxième fille. Il se déclare alors compagnon tourneur et devait travailler avec son cousin
Il est également témoin au mariage d’Augustine CONSCIENCE avec Jean François TOURNAFOTTE en 1828, et est présenté comme « Beau cousin germain de l’épouse ». Il est à cette date Marchand Tabletier à Reims.
Marque de Théodore GODET. Flûte 5 clés argent collection RP.
Il avait épousé avant 1819, Marie Elisabeth PION. Ils ont eu une fille Désirée Virginie GODET né en 1819 et décédée à l’âge de 2 ans en 1821.
En 1819 à la naissance de sa fille il se déclare tabletier et habite au N° 3 pavé d’Andouilles à Reims. En 1821, il se déclare tourneur et habite N° 5 du Cadran Saint Pierre à Reims. Ils n’auront pas d’autre enfant.
Signature de Théodore GODET.

Détails flûte 5 clés.
On les retrouve en 1836 où ils habitent le premier canton de Reims, tabletier il travaille avec un « garçon tabletier » Isidore Feron. Puis en 1841 au n° 12 rue des Cadrans Saint Pierre.
Il décède à 68 ans le 16 novembre 1852 au n° 2 rue Saint Etienne.


Flûte 5 clés de Théodore GODET.


jeudi 8 mars 2012

La famille KELLER facteurs d'instruments de musique à vent à Strasbourg (1710-1833).



Première marque de l'atelier KELLER vers 1765
attribuable à Jean III KELLER. (Flûte 1 clé : David Shorey)
Depuis très longtemps nous souhaitions faire le point sur cette famille strasbourgeoise de tourneurs et de facteurs d'instruments, importante pour l'histoire de la facture instrumentale en Alsace. Nous souhaitons tout d'abord remercier ceux qui ont contribué à la réalisation de cet article : Jean JELTSCH, Blanche DUCHATEL et l'équipe de génialegenealsace pour la traduction d'actes illisibles en "allemand pointu", David SHOREY, José Daniel TOUROUDE.
Pour ceux qui souhaiteraient se plonger dans la généalogie de ces facteurs alsaciens, nous avons publié sur Généanet toutes nos données ainsi que la totalité des actes originaux concernant la famille KELLER et BÜHNER.

http://www.geneanet.org/profil/?source=rpierre2&lang=fr&rech=KELLER&rech1=KELLER&place=Strasbourg%2C67000&subregion=f67&region=als&country=fra&ressource=arbre


Marque des KELLER vers 1780. (clarinette collection N.C.)
Atelier créé par Johannes (Jean) II Keller, qui en tant que tourneur sera admis dans la corporation des charpentiers (Zunft Zimmerleute) en 1736. Il est né le 15 juin 1710 à Strasbourg, son père  Johann I Wolff Keller était remueur de blé (Kornwerfer) et sa mère Marie Ursula PSOOR. Il épousa Marie Salomé Schneider, fille d’un tourneur,  le 7 novembre 1736 à Strasbourg et aurons trois fils : Jean III Keller, Isaac Keller, Jean Philippe Keller. Il est décédé le 25 janvier 1778 à Strasbourg à l’âge de 68 ans. Ses trois fils étaient témoins le jour de son décès.
Dans tous les actes que nous avons trouvés sur lui il se déclare : « Dreher » « Dräher », « Holzdreher », c’est-à-dire tourneur ou tourneur sur bois, mais jamais fabricant d’instruments.

Signature de Jean II KELLER à son mariage 1735.

Jean III Keller : Facteur d’instruments est né le 14 décembre 1737 à Strasbourg. Il épousera le 7 août 1765 à Strasbourg, Marguerite Salomé Baldner (1738-1808), fille de Daniel Baldner, chaudronnier à Strasbourg. La famille Baldner était une famille importante de Strasbourg, implantée depuis le XV° siècle, appartenant à la « tribu » des pécheurs. Le grand père de Daniel Baldner était Hans (Johann) Jacob Baldner (1606-1683) célèbre facteur d’orgues qui travailla à la cathédrale et réalisa l’orgue de Bouxwiller en Alsace.
Signature de Jean III KELLER à son mariage en 1765.

A son mariage en 1765, Jean III Keller se déclare : « faiseur d’instruments
(de musique) » (Instrumentenmacher) et tourneur d’art et sur bois (Kunst und Hohldreher). Même s’il a travaillé avec son père jusqu’en 1778, il a dû réaliser les instruments de musique qui portent la marque à « la fleur de lys », puisqu’il est le seul dans sa période d’activité (1765-1785) à se déclarer « Instrumentenmacher », notamment aux naissances de ses quatre enfants.
Leurs enfants sont Marguerite Salomé Keller (1766-1769), Marguerite Barbe Keller (1770-), Marie Madeleine Keller (1768-1834) qui épousera Gabriel Sébastien Bühner, Jean Keller IV (1776-1833). L’atelier ne fabriquait pas seulement des instruments de musique ; les trois frères devaient travailler ensemble jusqu’au 6 juillet 1785 à la mort de Jean III Keller, déclaré « Dräxler Meister » Maître tourneur dans l’acte de décès.

Isaac Keller est né le 26 janvier 1740 à Strasbourg. A la mort de son frère en 1785 (Jean III Keller), il est reçu à son tour, comme facteur d’instruments dans la corporation des charpentiers. Il restera célibataire. Il meurt le 11 juin 1802 à Strasbourg (22 prairial an X) de fièvre scarlatine. Les témoins sont un voisin Philippe Jacques Schmidt (68 ans homme de lettre) et son neveu Jean IV Keller, 25 ans facteur d’instruments.
Signature d'Isaac KELLER au décès de son père en 1778.
Jean Philippe Keller est né le 10 novembre 1743 à Strasbourg. En 1770, à la naissance de sa nièce Marguerite Barbe Keller, il se déclare « Instrumentenmacher ». C’est lui qui achète, le 14 avril 1791 par adjudication et pour 6050 livres, la maison du 70 rue du Marché aux Vins. Le 22 octobre  1793, il demande de s’acquitter de sa dette plus rapidement. Il décède à 51 ans le 25 avril  1794 (6 floréal an II) à Strasbourg (faiseur d’instruments). Les témoins sont Isaac Keller et un voisin tourneur Jean Georges Schantz.
(1er juillet 1794,13 messidor an II, inventaire après décès Jean Philippe Keller d’une maison 70 place de la Fraternité). Source Jean Jeltsch                                    

Signature de Jean Philippe KELLER au décès de son père en 1778.
De 1782 à 1791 l’atelier des Keller était situé place Dauphine ; à partir de 1791 il se situait au 70 Vieux Marché aux vins. Vers 1790 Jacques François Simiot (1769-1844), célèbre facteur lyonnais, passa une année dans l’atelier : « Chez Messieurs Keller et Bühner facteurs d’instruments à Strasbourg. J’y travaillai environ un an. L’ouvrage cessa : la France était en mouvement ». (Biographie autogr. de Simiot adressée à Pallu vers 1827, MS Dôle).
Gabriel Sébastien Bühner (1753-1816) arrivé en Alsace vers 1777, avait épousé Marie Madeleine Keller le 21 avril 1789. A son mariage il se déclarait « Instrumentenmacher » et travaillait dans l’atelier des Keller. A quel moment s’est-il associé aux Keller, pour créer la société Bühner et Keller, nous ne pouvons le dire actuellement. Jean IV Keller futur associé dans la Maison Bühner et Keller, n’avait que 18 ans, en 1794, à la mort de son oncle Jean Philippe Keller et c’est à lui qu’a été vendu, à la mort d’Isaac Keller, la maison du 70 rue du Marché aux Vins, le 20 août 1802 (2 fructidor an X) pour 8 550 Frs.
Comme la période révolutionnaire avait été très défavorable au commerce strasbourgeois, il est probable que la Maison Bühner et Keller a été créé en 1802 à la mort d’Isaac Keller. Les deux beaux-frères, Gabriel Sébastien Bühner et Jean IV Keller était associés.
Jean IV Keller est né le 3 décembre 1776 à Strasbourg. En 1802 il se déclare facteur d’instruments.
Le 26 août 1807, il épouse Ursule Daubenberger fille d’un cultivateur de Truchtersheim. Ils reconnaissent, en présence de G.S. Bühner leur fille Marguerite Salomé Keller née en 1807. Une seconde fille naîtra en 1809 : Elisabeth Joséphine Keller. A la mort de sa première épouse il se remarie le 1 août 1815 avec Sophie Gros. Dans le contrat et l’inventaire d’apport au mariage, Jean Keller déclare un tiers du fond de commerce « Bühner et Keller ».
Signature de Jean IV KELLER.
De ce deuxième mariage naîtrons deux enfants : Barbe Frédérique Keller (1829-1866) qui restera célibataire et un fils Jean V Keller (1833) qui ne vécut que quelques jours.   
Flûte 1 clé et trois corps de rechange portant
 la marque à fleur de lys. (David SHOREY)
A la mort de Gabriel Sébastien Bühner le 30 novembre 1816, c’est son fils Jean BÜHNER (1794-1844) qui entra dans l’association. Le 18 avril 1829, la maison du 70 rue du Marché aux Vins est vendue pour 8950 Frs à Mademoiselle Marie Jeanne Delfosse. Jean IV Keller continuera d’habiter cette maison jusqu’à son décès le  10 juin 1833 à 56 ans.
Dans l’inventaire des marchandises, outils, dettes et créances, l’on trouve que le commerce de Jean BÜHNER  était mené conjointement avec Jean IV Keller, car il possédait la moitié du fonds de commerce. (Instruments et autres marchandises pour un total de 1755,10 frs).

Flûte 1 clé et quatre corps de rechange portant la marque
 aux angelots trompettistes. (David SHOREY)


Clarinette en Ut à 5 clés. (Collection N.C.)
Clarinette en Si b à 5 clés vers 1780. (Collection R.P.)


Clarinette en Ut à 9 clés (5+4) vers 1790 (Collection R.P.)
Etienne Ozi (1754-1813), célèbre bassoniste, premier basson à la chapelle du roi, puis à la chapelle impériale et à l’orchestre de l’opéra, professeur au conservatoire de Paris précisait, dans sa « Méthode nouvelle et raisonnée pour le basson », publiée en 1788, qu’il possédait un basson de Keller à Strasbourg, instrument qu’il recommandait.
Basson en érable et clés laiton.
(Swedish National Collections of Music, Stockholm)
Une société existait entre les deux frères Isaac et Jean Philippe Keller, « Frères KELLER ». Cette société a-t-elle commencée en 1785 à la mort de Jean III Keller ? En tout cas elle existait en 1791, puisque les deux frères (Isaac et Jean Philippe) possédaient chacun la moitié de la maison de la rue du Marché aux Vins. En 1794 à la mort de Jean Philippe, Isaac continua d’occuper cette maison du 70 rue du Marché aux Vins.

Jean Bühner continua de diriger la Maison Bühner et Keller jusqu’à sa mort qui intervint le 12 mai 1844 à Strasbourg. La société Bühner et Keller a été reprise par Charles Finck, cousin de Jean Bühner. Jean Chrétien Roth reprendra la société en 1850.
Flûte à une clé et trois corps de rechange
signée "Frères KELLER".

samedi 21 janvier 2012

Deux nouvelles marques de facteurs à Strasbourg : Bühner et Keller, et Roth successeur de Dobner.

Cliquez sur ce lien pour voir notre dictionnaire des facteurs, luthiers, marchands de musique sur Strasbourg.

Ce qui est intéressant dans une collection c'est la découverte d'instruments qui nous font avancer dans la connaissance des facteurs. Vous l'avez sans doute compris maintenant, ce qui nous intéreresse ce sont les facteurs de l'est de la France et plus particulièrement ceux de Strasbourg. Je pensai en avoir fait le tour, au point d'écrire des articles qui faisaient la synthèse de leurs activités ....et puis la découverte de nouveaux instruments nous obligent à ajouter de nouveaux paragraphes à ces synthèses.
Si cela vous intéresse, je vous propose de vous "remettre dans le coup" en relisant les articles sur Bühner et Keller : La saga Bühner et Keller facteurs à Strasbourg.
La première découverte était cette marque tout à fait inhabituelle sur les instruments Bühner et Keller, que nous avons vu sur une clarinette en ut à 6 clés de la collection W. Rousselet.

Marque d'un piccolo à une clé en Ré dièse.
Collection R.P.
Nous ne la connaissions pas et il nous semblait bizarre que des alsaciens changent leur marque....et puis le hasard a fait que l'on nous a proposé ce fifre à une clé en ré dièse (DIS), qui comportait exactement la même marque. Ce fifre étonnamment est signé  de deux façon différente (et l'instrument est tout à fait homogéne, ce n'est pas un arlequin) : la nouvelle et l'ancienne, montrant que cette nouvelle signature correspond à un moment de transition.

Marque d'une clarinette à 6 clés.
Collection R.P.

Les deux marques sur le Fifre.
Alors quelle transition ? Le modéle de clarinette en Ut est plus proche de 1840 (6 clés en pelle à sel), que de 1800, donc nous voyons plus cette marque vers 1844, à la mort de Jean Bühner (1798-1844), lorsque la Maison Bühner et Keller a été reprise par Charles Finck....ou peut être à la mort de Jean Keller IV (1776-1833), lorsque Jean Bühner reprit seul, l'activité....et habitait avec sa veuve Sophie Keller qui travaillait pour lui comme gouvernante.
Clarinette à 6 clés. (Collection R.P.)
Voilà, si vous avez un avis ou des éléments pour continuer cette recherche.........

La seconde marque concerne Jean Chrétien Roth (1816-1881) qui a reprit la Maison Dobner de Strasbourg en 1843.

Là aussi la découverte d'une clarinette en Ut portant la marque ci dessous nous replonge dans la Saga de Joseph Dobner (1744-1822) et de Jean Chrétien Roth.
Pour "réviser" : Une Association Franco Suisse : Dobner et Felklin à Strasbourg.
Marque d'une clarinette en Do à 13 clés. (collection RP)
Cette marque peut être datée entre 1843 et 1844, période où Jean Chrétien Roth reprend la Maison Dobner tenue par la veuve de Joseph Dobner (1744-1822), Marie Thérése Muller (1809-1849).

A cette période Jean Chrétien Roth, qui avait une formation de tourneur et était installé depuis 1840 comme facteur d'instruments de musique au 15 place Kléber,  venait de se marier avec Caroline Rhein. Son frère Jacques Roth, qui lui aussi était tourneur et facteur d'instruments devait travailler pour lui.

Clarinette de Jean Chrétien ROTH successeur de Dobner.
Collection R.P.
Jean Chrétien Roth était musicien et clarinettiste, il appartenait à la loge de Strasbourg des Frères Réunis. Il avait créé l'harmonie militaire de Strasbourg en 1846.

Clarinette Jean Chrétien ROTH successeur de Dobner.
Collection W. Rousselet.
Photo du magasin de Jean Chrétien Roth à Strasbourg en 1868.

jeudi 5 janvier 2012

Bonne et Heureuse Année 2012.

Nous espérons que vous avez passé de bonnes fêtes de fin d'année.

Cette année cette carte met en valeur l'Alsace (on n'est pas sectaire pour le lorrain que je suis).

Alors quelques clichés sur notre belle Alsace.




Après le folklore.....un jazzmann alsacien que nous connaissons bien Michel HAUSER, avec qui nous avons souvent joué ...."dans notre jeunesse".

lundi 28 novembre 2011

Les SCHWARTZ à Strasbourg, une famille de luthiers : 1745 - 1907.

Cliquez sur ce lien pour voir notre dictionnaire des luthiers, facteurs et marchand d'instruments de musique de Strasbourg.

 
 
 
 
Signature de Bernard Schwartz.
Bernard (Bernhard) Schwartz, est le fondateur de la famille de luthiers Strasbourgeois. Il est né en 1745 à Scandau (Vieille Suisse). Son père, Bernard Schwartz était menuisier. Il devait déjà habiter en 1764 à Strasbourg, car on retrouve un Bernard Schwartz, musicien, à cette date. En 1780 il est membre de la corporation de Strasbourg. Sur le registre de recensement de l’année 1796, il figure comme luthier, et habite 69 rue de Finkwiller, à Strasbourg. Il avait épousé Marguerite Salomé Euler (1756-1837), la fille d’un brasseur de Strasbourg. Ils ont eu trois enfants dont deux fils, Georges Frédéric et Théophile Guillaume, qui seront luthiers, formés par leur père. Bernard Schwartz est décédé à 77 ans, le 2 avril 1822 au 64 rue de Finckwiller à Strasbourg.

Marques de Bernard Schwartz.
Georges Frédéric Schwartz, est né  le 7 avril 1785 à Strasbourg. Il travaille déjà dans l’atelier de son père, lorsqu’il épouse le 1 juin 1820, Françoise Barbe Gugelmann, la fille d’un apprêteur de tabac de Strasbourg. Mais celle-ci décède très rapidement, le 5 mars 1822, à 27 ans.

Signature de George Frédéric Schwartz.
Cinq mois plus tard, il épouse le 3 août 1822, Sophie Dorothée Bühner (1795-1839), troisième fille de Gabriel Sébastien Bühner (1753-1816) célèbre facteur d’instruments de musique à vent de Strasbourg.

Ce mariage marque la domination de la Maison Bühner et Keller sur la facture d’instruments à Strasbourg à cette époque, comme le prouve les témoins des mariés qui sont tous des acteurs essentiels :
Jean Keller (1778-1833), oncle de la mariée et associé à Jean Bühner (1797-1844), (frère de la mariée), dans la Maison Bühner et Keller, fabricant d’instruments à vent en bois. Jean Finck (1783-1858), qui a épousé la première fille de G.S Bühner, facteur d’instruments à vent en cuivre. Théophile Guillaume Schwartz (1787-1861), luthier frère du marié. Ce couple a eu au moins 9 enfants dont quatre sont mort en bas âge. En 1836 ils habitaient 64 B rue de Finckwiller, à Strasbourg avec leurs enfants : Sophie Schwartz née en 1824, Frédérique Schwartz née en 1826, Louise Schwartz (1827-1910), Charles Frédéric Schwartz né 1834, Georges Frédéric Schwartz (1835-1836).
Associé à son frère à la mort de son père en 1822 dans la Maison : « Frères Schwartz », il s’occupa principalement de la fabrication des archets. (17)

Pour en savoir plus sur : Bühner et Keller, Finck...Cliquez sur ce lien : http://facteursetmarchandsdemusique.blogspot.com/2009/06/buhner-et-keller-facteurs-dinstruments.html

....et sur celui-ci : http://facteursetmarchandsdemusique.blogspot.com/2010/09/jean-finck-1783-1858-facteur.html
George Frédéric Schwartz est décédé à 64 ans le 29 décembre 1849. Aucun de ses enfants ne continua dans la lutherie.
Théophile Guillaume Ier Schwartz est né le 13 octobre 1787 à Strasbourg, second fils de Bernard, il fut un excellent luthier, et s’occupa beaucoup de la réparation des instruments à archet. Il construisit une centaine de violons et une trentaine de violoncelles. Il épousa le 13 juin 1812 à Strasbourg, Marie Madeleine Müh, la fille d’un « Baguetier » de Strasbourg. Son fils Théophile Guillaume Schwartz II est né le 3 septembre 1821 au 15 rue de la Fontaine.
Signature de Théophile Guillaume Schwartz 1.
En1836 il habitait au 64 B, rue Finckwiller, à Strasbourg, avec sa famille, et celle de son frère. En 1838, ils habitaient tous à la même adresse, mais Charles Mauliné, luthier s’était joint à eux avec son épouse Séraphine Ott et son fils Guillaume.
Violon vendu à Vichy en décembre 2011
Théophile Guillaume I Schwartz est décédé à 73 ans, le 29 juillet 1861.

Théophile Guillaume II Schwartz, (1821-1906) fils de Théophile Guillaume Ier succéda à son père en 1852 et dirigea la maison jusqu’en 1895. Il avait épousé Frédérique Caroline Meyer le 28 septembre 1844 à Strasbourg. Il a fait partie, comme alto, pendant longtemps, de l’orchestre du théâtre et de la Société des Concerts du Conservatoire de Strasbourg. Il est décédé à 85 ans, le 3 décembre 1906 à Strasbourg.
Son fils Guillaume Schwartz était professeur de violoncelle au Conservatoire de Nancy. (17)
La Maison disparaitra avec la mort de Théophile Guillaume II Schwartz.
Archet de violoncelle vendu à Vichy en 2009
Bibliographie principale : Albert Jacquot " La lutherie Lorraine et Française" chez Minkoff.
                                      Constant Pierre "Les facteurs d'instruments de Musique".
                                       René PIERRE "Dictionnaire évolutif des facteurs, fabricants, luthiers, marchands d'instruments de musique de l'est de la France.