vendredi 30 septembre 2011

Quelques anecdotes sur des facteurs d'instruments de musique.

Lorsque nous travaillons sur les facteurs d'instruments et à travers les archives, il nous arrive de trouver des détails qui permettent de mieux connaître la personnalité de ces facteurs et donc d'essayer de cerner leurs personnalités. Nous discutons assez régulièrement avec mon ami J. D. T. collectionneur de clarinettes anciennes et restaurateur amateur d'instruments, sur la finalité d'une collection. Son but est de redonner une vie à des instruments anciens ; personnellement je vois plus la finalité d'une collection comme le témoignage (avec des instruments restaurés) du travail d'un facteur et de sa passion.
Quand pensez-vous ? Participez à notre sondage sur le but d'une collection d'instruments de musique.
  1. Première anecdote, elle concerne Jean LEROUX aîné (1795-1864), facteur d'instruments de musique à vent, qui après avoir travaillé avec son frère Hyppolite LEROUX à La Couture, s'était installé à la demande de A. H. FERRY à Mirecourt de 1835 à 1845 et s'était ensuite installé à Paris.
Marque de Jean LEROUX- La Couture, Mirecourt, Paris.
Lors du décès de Marie Madeleine LOREE, son épouse le 23 mars 1863, Jean LEROUX l'aîné et Frédéric LEROUX, le fils......la signature du père sur l'acte est un peu différente ?.........et oui il y a ajouté une flûte....un corps de clarinette?.....Curieuse attitude dans un moment tragique?......ou était il déjà ailleurs.....puisqu'il décédera l'année suivante, à 64 ans à l'Hôtel Dieu, le 24 juillet 1864.

Si vous voulez en savoir plus sur cette famille de facteurs : http://facteursetmarchandsdemusique.blogspot.com/2010_02_01_archive.html

Remarque d'un "lecteur compétent"....et "casse ma petite histoire poétique" :
" la signature avec une marque ressemblant à une flûte ou une clarinette, bah ....... ce n'est pas un instrument ! C'est une marque que l'on trouve chez beaucoup de notables de la première moitié du 19e siècle. Ce n'est pas systématiquement une marque concernant des francs-maçons (certains le sont, d'autres non) mais plutôt une substitution du grand paraphe final des signatures des 17e et  18e (les SSS en fin de signature signifiant "subscripsi" = j'ai signé, les 3 points remplaçant les 3 S). D'ailleurs, on trouve ces deux barres avec parfois aussi 4 voire 5 points ... Une mode pour marquer son appartenance à une classe de lettrés ? Ce sujet a déjà été évoqué dans plusieurs publications généalogiques"....
 Et oui...c'est l'avantage d'un blog, on peut corriger tout de suite....Merci à notre lecteur....Mais Jean LEROUX, m'est déjà moins sympa...

La seconde concerne Sébastien ERARD, célèbre facteur de pianos né à Strasbourg le 5 avril 1752.
 
Au décès de celui ci en 1831, dans l'inventaire on trouve : " dans la cave 110 demi-bouteilles de vin de grenache, 240 du même. 240 de vin de Bordeaux rouge ordinaire, 102 de vin muscat rouge tournant à l'aigre. 30 bouteilles de vin blanc de Pouilly, 240 de vin de grenache, 60 de vin vieux de Bourgogne passé, 36 de vin muscat rouge tournant à l'aigre. 250 de vin rouge de Porto, 30 de vin blanc de Frontignan. 204 de vin rouge ordinaire Bourgogne, 155 de vin blanc du Rhône, 30 de vin rouge du Roussillon....etc......"
Sébastien Erard (1752-1831)
 Dans une lettre du 8 juin 1791 à M. PARIN, professeur de musique à Dijon, Sébastien ERARD après lui avoir mentionné le prix de ses pianos....lui demande une faveur : " Comme vous avez toute la confiance en moi pour le choix des pianos, j'ai celle en vous pour le choix du vin que vous me proposez. Envoyé moi du bon, cependant qu'il ne soit pas de la première qualité , attendu je crois qu'il est trop cher ; je ne doute pas que vous me servirez en ami ". 
Alors ? Sébastien ERARD échangeait il des pianos contre du vin....

La troisième concerne Joseph DOBNER (1732-1822) marchand d'instruments de musique à vent à Strasbourg. Sans doute marchand mercier à Strasbourg avant 1795, il s'associe au facteur suisse Georg Caspar FELKLIN (1773 - 1842), lors de son passage à Strasbourg de 1795 à 1805, d'ou la marque  " Dobner et Felklin à Strasbourg", puis après son remariage il vend les instruments de musique de différents facteurs jusqu'à sa mort en 1822, sa veuve Marie Thérése DOBNER (1769 - 1849) continue l'activité avec un ouvrier facteur Jean David REINHARD, sous la marque "Dobner et Consort".

Marque DOBNER et CONSORT (1810-1845)
Marque DOBNER et FELKLIN (1795 - 1805)
Si vous voulez en savoir plus sur cette Maison : http://facteursetmarchandsdemusique.blogspot.com/2011/03/une-association-franco-suisse.html

Et l'anecdote ? Lors du décès de sa première épouse Marie Anne DESFONTAINES (1732 - 1793), Jos. DOBNER à préciser à l'employé municipal le lieu de naissance de sa femme : "Charville prés de Nancy" et ce dernier à retranscrit tel qu'on lui disait ce qui nous permet d'"entendre" l'accent alsacien de Jos. DOBNER;
Car la ville prés de Nancy est .....Jarville.

Extrait de l'acte de décès.

jeudi 22 septembre 2011

Ecoutez le son d'une clarinette BÜHNER et KELLER de Strasbourg.


Ange trompettiste annonçant le jugement dernier.
(Église de Saint Thégonnec dans le Finistère)

Quel plaisir d'entendre le son d'un bel instrument.....même si c'est une très belle "reproduction" actuelle de l'atelier Schwenk et Seggelke de Bamberg.
Cliquez sur ce lien pour écouter ce court extrait : http://www.schwenk-und-seggelke.de/infopopups/klarinetteninfo_buehnerkeller.html

Si vous ne connaissez pas ces facteurs actuels, voilà leur site : http://www.schwenk-und-seggelke.de/infopopups/klarinetteninfo_buehnerkeller.html

mardi 13 septembre 2011

Le piano à double claviers des frères MANGEOT en vedette dans " La boite à musique " de Jean François ZYGEL.

Les frères MANGEOT célèbres facteurs de pianos de Nancy, ont eu les honneurs de l'émission de télévision, " La boite à musique " de Jean François ZYGEL, qui a fait une démonstration très intéressante du piano à double claviers renversés, qui avait obtenu la médaille d'or à l'exposition universelle de Paris en 1878.
Si vous savez comment se procurer cet extrait, merci de me l'expliquer. Pour en savoir plus sur ces facteurs, reportez vous à notre article communiqué dans ce blog :
http://facteursetmarchandsdemusique.blogspot.com/2010/01/mangeot-nancy-facteurs-de-pianos-1830.html

Nous avons trouvé sur youtube, cette démonstration d'un grand piano Mangeot-Steinway:
http://www.youtube.com/watch?v=BUq3KzSa3ZQ




lundi 16 mai 2011

Louis Georges WARNECK (1784-1848) de Nancy inventeur de la guitare-basson.

Dans notre article sur les MANGEOT, facteurs de pianos à Nancy, nous évoquions cette particularité de la capitale lorraine d'avoir eux au XIX° siècle, deux grandes manufactures de pianos : MANGEOT et STAUB. L'une, les MANGEOT d'origine lorraine, l'autre d'origine germanique, STAUB qui attirera à Nancy un grand nombre d'ébénistes, de menuisiers, de facteurs d'instruments, d'origine allemande qui donneront à Nancy ce dynamisme dans la facture de pianos.http://facteursetmarchandsdemusique.blogspot.com/2010_01_01_archive.html
C'est Joseph STEZLE (1767-1836) et Louis Georges WARNECK, qui sont à l'origine de l'implantation de la facture de pianos à Nancy.
Nous vous proposons aujourd'hui d'évoquer : Louis Georges WARNECK (ou WÄRNECKE) est né le 14 juin 1784 à Lüneburg en Hanovre. Il était le fils de Jean Georges Warneck. Il arriva à Nancy en 1808 et dès le 22 mai 1809, il épousa Marguerite MORIS (1787-1814) née à Luxembourg. Ses témoins était Joseph STEZLE, facteur d'orgue et de pianos, et également luthier, organiste à Saint Sébastien depuis 1803, chez qui G.L. WARNECK travaillait et Jean HENRION (26 ans) facteur de Forté piano. (peut être de la famille de H. HENRION de Grosbliederstroff en Moselle, dont on connaît un piano).
Cette union est de courte durée car Marguerite MORIS décéde le 15 mars 1814 à Nancy. Joseph STELZE est de nouveau témoin. G.L. WARNECK épouse le 12 avril 1815 Barbe FLORENTIN de Rosiéres aux Salines. Ils auront six enfants : Nicolas WARNECK né le 13 mars 1815 et qui sera pianiste et professeur de musique, François Eugéne WARNECK né le 15 mars 1818, qui sera aussi professeur et qui travaillera pour la manufacture "STAUB-WARNECK", François Alexandre WARNECK né le 18 janvier 1820, qui sera associé à son père jusqu'à la mort de ce dernier ("WARNECK père et fils, marchand de pianos, 49 place de la Carrière), et qui sera également musicien, Hortence Anne Eugénie WARNECK, née le 19 juillet 1824 et qui épousera le 10 mars 1845 Jean Joseph STAUB (1813-1891), facteur de pianos qui travaillait avec G.L. WARNECK. C'est lui qui développera la manufacture STAUB tout au long du XIX° siècle.

Viennent ensuite, Anne WARNECK (1827-1835) décédée à l'âge de 8 ans et François Gabriel WARNECK né le 25 juin 1830 et qui aura un rôle actif dans la manufacture.

Marque d'une guitare. (Dictionnaire des luthiers : Vannes)Le 24 février 1826, Louis Georges WARNECK obtient un brevet d'invention de 5 ans, pour une guitare-basson.".....pour imiter sur la guitare les effets du basson, même avec plus de naturel que sur aucun autre instrument, on adapte à la guitare ordinaire trois clefs prés du chevalet ; ces clefs pouvant se toucher sans aucune gêne avec le petit doigt qui se trouve placé sur cet endroit de la table, leur jeu en est rendu bien facile dès les premiers exercices.



Description et schéma du brevet de la guitare basson de 1826. (Source INPI)

Pour obtenir l'effet du tambourin sur la guitare-basson, à l'instant où les quatre doigts pincent les cordes, le petit doigt presse en mesure la clef 1 du tambourin, et l'on entend le son avec timbre produit par un mécanisme placé dans l'intérieur de l'instrument. Si l'on veut imiter le piano, on presse avec le même petit doigt la clef 2 qui fait glisser tout prés des cordes les petits boutons 4 garnis de buffle ; alors on entend des sons doux, harmonieux et réglés.
En prenant, avec le même petit doigt, la troisième clef 3, on fait soulever et rapprocher des quatre cordes de basse la petite console mobile 5, et on entend les sons du basson, qui sont parfaitement rendus, sans aucun embarras pour l'exécutant".En 1827 il obtient une médaille d'honneur à l'exposition nationale de Paris et expose 2 violons, un violoncelle et un alto. A l'exposition nationale de Paris de 1834, il expose des basses et des violons.
A partir de 1845, il est associé à son fils, François Alexandre WARNECK (1820-1887), qui a terminé son apprentissage à Besançon et qui c'est marié :" WARNECK père et fils, marchand de pianos, 49 place de la Carrière à Nancy". Ils seront associés, jusqu'au décés de Georges Louis WARNECK qui interviendra le 10 mars 1845.
A partir de cette date la société devient " STAUB-WARNECK" dirigée par Jean Joseph STAUB, associé aux enfants WARNECK, en particulier François Gabriel WARNECK. Mais ceci est une autre histoire.
Source : * Dictionnaire des Luthiers de Vannes. *I.N.PI, rue de Saint Pétersburg à Paris. *Archives Municipales de Nancy. * Archives départementales de Meurthe et Moselle.

Si vous souhaitez plus de détails sur la facture de pianos à Nancy, nous vous conseillons l'article de Jean-Marc STUSSI :

http://www.musimem.com/nancy_facteurs.htm













vendredi 6 mai 2011

Jacques Reine PÂRIS (1795 - 1875) à Dijon inventeur de l'Harmoniphon.

Au début du XIX° siècle, l'inventivité des facteurs et marchands de musique a été importante.
Cela répondait également à une démocratisation de la musique dans la bourgeoisie. Les facteurs de province et en particulier ceux de l'est de la France ont eux aussi été prolixe dans ce domaine.
C'est le cas à Dijon de Jacques Reine PÂRIS et de son invention l'Harmoniphon.Il est né le 27 août 1795 à Dijon ; son père était tapissier dans cette ville. Dés l'âge de six ans il rentra à la Maîtrise de Dijon dirigée alors par un italien célèbre : TRAVISINI. Il y étudia la musique et le solfège avec TRAVISINI, le chant avec BLANDINI, la composition avec BUTON. Il eut comme camarade Pierre Louis DIETSCHE, lui aussi natif de Dijon et qui devint un célèbre compositeur parisien. "DIETSCHE et PÂRIS furent souvent frappés. Il (Travisini) se servait pour corriger ses élèves d'un fouet avec des cordes de contrebasse".
Étiquette d'un Harmoniphon à 27 touches. (ebay 3 2011)
 
Vers 1815, il partit pour Paris, muni d'une lettre de recommandation pour le célèbre CHORON, alors directeur de l'opéra et chef d'une célèbre école de musique. J.R. PÂRIS rentra à l'école Choron comme professeur en même temps qu'il continuait ses études d'harmonie et de contre point au conservatoire de Paris. Il obtint rapidement des premiers prix dans ces domaines.
Deux ans et demi après être arrivé à Paris il devint professeur de solfège, au conservatoire de Paris en remplacement d'HALEVY qui partait pour Rome. C'est à cette époque qu'il épouse Anne FEUCHOT née en 1801 ; c'est également à cette époque qu'il fit paraître "une théorie musicale", mais surtout un ouvrage intitulé "Méthode Jacotot appliquée à l'étude du piano".En 1827, la place de maître de chapelle à la cathédrale de Dijon étant vacante, il rentre à Dijon. Il fit représenter dans sa ville de nombreuses oeuvres dont deux de ses opéras dont il avait fait la musique et les livrets : l'un en 2 actes en 1835 et l'un en trois en 1847.
Harmoniphon, détail de l'entrée d'air soit avec un tube élastique
muni d'une embouchure ou à l'aide d'un soufflet à main.
Dans les années 1830, le gouvernement diminua les sommes allouées aux maîtrises, donc en conséquence les appointements des directeurs. C'est la raison pour laquelle il accepta la place d'organiste de la cathédrale.
Le 19 août 1836 , il obtint un brevet de 5 ans avec Mrs LECROSNIER et TREMBLAÏ, pour un instrument de musique qu'ils nomment Harmoniphon, "ancêtre du mélodica".
A chaque touche du clavier correspond une lame métallique vibrante, qui va donner la note, actionnée par l'air apporté soit par un tube élastique muni d'une embouchure ou par un soufflet actionné à la main. La touche du clavier au repos bloque la lame métallique correspondante et lorsque l'on actionne cette même touche, la lame, libérée va vibrer sous l'action de l'air.

A l'origine de cette invention J.R PÂRIS voulait créer un instrument, remplaçant le hautbois indispensable dans un orchestre : "Une des plus grandes difficultés pour l'exécution des opéras en province est la rareté de certains instruments à vent. Les villes qui ont une garnison trouvent des instrumentistes dans les régiments, mais il y en a que la musique militaire n'admet plus : ce sont les bassons et les hautbois, sans lesquels il n'y a pas d'orchestre possible.
Au départ il proposait l'harmoniphon hautbois, mais à l'exposition de Paris de 1839, il propose de nombreuses améliorations.

"Dans l'origine, M.PÂRIS ne s'était proposé que d'imiter le hautbois; mais il a bientôt compris qu'il manquerait quelque chose à son invention, s'il ne la complétait pas par l'imitation du cor anglais......M. PÂRIS a complètement réussi ; nous dirons même qu'ici l'imitation approche plus encore de l'instrument original. L'Harmoniphon - hautbois et l'Harmoniphon-cor-anglais sont de la même grandeur, et ne différent que dans leur diapason. Un troisième Harmoniphon de plus grande dimension réunit les deux instruments, et embrasse l'étendue de trois octaves". Tout doit concourir à assurer le succès de cet instrument, que l'on trouve à Paris chez Mr. FREY, marchand de musique, place des Victoires, et à Dijon, chez Mr PÂRIS...."

Ci dessous vous avez un des shémas du Brevet de 1836, du mécanisme de l'Harmoniphon Hautbois à 18 touches.
Pour l'agrandir cliquez sur l'image et utilisez la loupe.

C'est dans ces années 1830 qu'il ouvrit un magasin de musique à Dijon rue Saint Philibert. Même si l'Harmoniphon rencontra un succès d'estime et une mention honorable à l'exposition nationale de Paris de 1839, J.R. PÂRIS ajouta bien vite la vente de pianos et d'instruments de musique à son activité.

Dans les années suivantes il devint officier d'académie et membre de l'académie des sciences, arts et belles lettres de Dijon, avant de décédé à 80 ans le 8 novembre 1875 au 11 rue Chabot Charny.

Source : * Gazette Musicale de Paris. N°21 du 26 mai 1839. *Charles Emile Poisot. Essai sur les musiciens bourguignons. Dijon 1854. *Archives départementales de Côte d'Or.

jeudi 28 avril 2011

Nicolas Desrousseaux (1716 - 1783) luthier à Verdun.

Nicolas DESROUSSEAUX est né le 8 mars 1716 à Vachérauville, petit village de la Meuse, situé à une vingtaine de kms de Verdun. Son père Jean DESROUSSEAUX y exerçait le métier de manouvrier. Comme son frère Jean, il travailla d'abord comme tailleur de pierres. Vers 1735 il rentre dans l'atelier de Joseph MIRAUCOURT, luthier à Verdun et devint grâce aux conseils de celui-ci un habile luthier.
Il épouse le 14 janvier 1744 à Récicourt (Meuse), Jeanne MIRAUCOURT (1721- ?) la fille de son maître et il ouvrit un atelier de lutherie à Verdun : " A la Luth". Ils eurent six enfants dont deux survécurent : François DESROUSSEAUX né le 20 janvier 1749 à Verdun sera Horloger. De son mariage avec Marguerite GENTY naîtront 9 enfants dont plusieurs s'allièrent avec des familles de musiciens, comme le fit sa dernière fille Angélique DESROUSSEAUX (1785 - ? ) qui épousa Jean Charles BIRCKHANN (1740 - 1844), alsacien de Sarre Union dans le Bas Rhin, chef de musique dans l'armée et dont 4 fils furent musiciens militaires.
Quinton de Nicolas Desrousseaux de 1733. (Collection Tony Bingham)
A la mort de Nicolas DEROUSSEAUX, le 12 août 1783 à Verdun, c'est son deuxième fils Jacques DESROUSSEAUX (1754-1818), qui lui succéda comme luthier, installé rue Chaussée à Verdun. Il avait épousé le 15 juillet 1788, Marguerite DIDIER, la fille d'un sellier de Verdun. Leurs enfants sont décédés en bas âge et l'atelier disparaîtra avec la mort de Jacques DESROUSSEAUX qui interviendra le 27 décembre 1818 à Verdun.

Il reste quelques zones d'ombre sur Nicolas DESROUSSEAUX : Il semble que ce luthier a été très précoce et très doué comme le montre le quinton présenté dans cet article réalisé en 1733 (Il avait 17 ans) et le violon du musée de la musique de Paris de 1738 (22 ans). Son "Maître" est il vraiment Joseph MIRAUCOURT ? Car ce dernier se déclare marchand et résidant dans un village à Souilly (Meuse) jusqu'en 1729 et réside à Verdun à partir de 1735. On ne connait pas d'instruments de ce luthier, seule une étiquette de 1743, mentionnée par Albert Jacquot dans son ouvrage : " La lutherie Lorraine et Française". En revanche A. Jacquot, dans ce même ouvrage décrit un quinton lui appartenant signé Claude MIRAUCOURT , luthier à Verdun, daté de 1741, qui pourrait être le formateur de N. DESROUSSAULT.

mercredi 16 mars 2011

Une association Franco Suisse à Strasbourg : Dobner et Felklin.

Depuis très longtemps, nous cherchions à résoudre, l'énigme de deux signatures d'instruments de musique de Strasbourg : " Dobner et Felklin" et "Dobner et Consort".En effet, concernant la première signature, "Dobner et Felklin", il y a très peu d'instruments, et quelques documents, dont le Langwill, faisaient mention d'une possible association entre " Des membres inconnus des familles Dobner et Felchlin". Et les Felchlin sont mieux connus, comme étant une famille de facteurs de Berne en Suisse.
Le hasard à voulu que nous "tombions" sur l'excellent document de Walter KÄLIN : "Die Blasinstrumente in der Schweiz", traitant de tous les facteurs suisses d'instruments de musique, et qui présente très complètement la famille Felchlin, dont le fondateur : Georg Caspar FELCHLIN, né à Arth en Suisse le 23 avril 1773. Il a étudié le métier de facteur d'instruments avec J.A. SCHULER à Schwyz, dans le canton du même nom. Il s' installa dans sa ville natale de Arth, avant d'arriver à Strasbourg vers 1795 pour une période de 8 à 10 ans, avant de s'installer à Berne vers 1810. Pour l'instant, rien n'a été trouvé aux archives de Strasbourg, ce qui est assez logique si l'on considère le fait que Caspar FELKLIN, ou FELCHLIN, ou FÄLCHLIN est resté célibataire, donc pas de mariage, ni de naissance. Dans cet ouvrage, très documenté, il est fait état d'une clarinette, signée "Caspar FELKLIN à Strasbourg" dans un musée suisse à Altdorf : "Historishes Museum URI", dont le conservateur, Rolf GISLER-JAUCH, a répondu à notre mail et nous a envoyé 2 photos. Nous le remercions pour sa courtoisie, sa gentillesse ...et son français.
Clarinette en Do à 5 clés de Caspar FELKLIN à Strasbourg (Historishes Museum Uri).

Voilà pour la partie FELKLIN de l'association ; passons à la partie DOBNER. Joseph DOBNER est né à Münchsfeld en Bohême le 1 février 1744. Son père Jean Mathieu DOBNER était meunier. Vers 1780 il épouse Marie Anne DESFONTAINES, la fille d'un "oculiste" de Jarville, prés de Nancy. Son épouse décède à 62 ans le 30 mai 1793 au n° 34 rue des Arcades à Strasbourg ; Joseph DOBNER (49 ans), se déclare "Marchand Mercier". La même année, le 27 décembre, il est témoin lors de la naissance de Salomé Joséphine BÜHNER, fille de Gabriel Sébastien BÜHNER facteur bien connu de Strasbourg.
Clarinette à 5 clés en Si B/La de "DOBNER et FELKLIN à Strasbourg". (Collection René PIERRE)Si l'on compare les deux clarinettes, celle signée Caspar FELKLIN et celle DOBNER et FELKLIN, elles sont pratiquement identiques.
Marque "DOBNER et FELKLIN à Strasbourg" de
la flûte une clé. (Collection René PIERRE).
Joseph DOBNER, marchand mercier devait vendre de 1780 à 1795, les instruments des KELLER, puis ceux de BÜHNER et KELLER dans ses voyages en France et à l'étranger (Suisse et Allemagne) ; puis à l'arrivée de Caspar FELKLIN ils s'associent, Joseph DOBNER vendant les instruments, Caspar FELKLIN les réalisant. La comparaison des clarinettes de KELLER, BÜHNER et KELLER de la même période et celles de FELKLIN se ressemblent étrangement.....Est il possible que FELKLIN ait travaillé pour ces facteurs, car dans les almanachs de la ville de Strasbourg ont ne trouve pas de DOBNER et FELKLIN. L'association du marchand et du facteur suisse aurait été réservée à "l'export", car n'oublions pas l'appartenance de cette marque "au club des angelots trompettistes". Mais tout cela n'est que supposition.....les recherches continuent.
Flûte en Do à 1 clé et 3 tons de DOBNER et FELKLIN.
(Collection René PIERRE)

Au départ de Caspar FELKLIN pour la Suisse, Joseph DOBNER reprend son indépendance. Cela pourrait se situer vers 1803, car le Langwill mentionne : "Une publicité dans un journal de Nuremberg, proposait à la vente, une jolie clarinette par DOBNER à Strasbourg". Effectivement ont connaît des instruments signés "DOBNER à Strasbourg", dont deux bassons, l'un au musée de La Villette, l'autre au Musée de Céret. Nous n'avons pas réussi à obtenir de photo de ces marques (et l'on dit que les suisses sont rigides..), cela ne devrait pas tarder. En revanche nous avons reçu de Richard PICK de Lyon, des photos d'un cor naturel de sa collection marqué "DOBNER à Strasbourg".
A partir de 1807, les annuaires strasbourgeois mentionnent : "Jos. DOBNER, marchands d'instruments de musique, Grandes Arcades à Strasbourg". Le 26 août 1809, il épouse en seconde noce à 65 ans, Marie Thérése MÜLLER née à Kehl (Bas Rhin) le 16 octobre 1768, domiciliée à Strasbourg depuis 15 ans. C'est sans doute après ce mariage, que l'on peut situer la marque "DOBNER et CONSORT" qui apparaît sur des instruments typiques de cette période, très différents de ceux de BÜHNER et KELLER. Joseph DOBNER est décédé à 78 ans, le 25 décembre 1822, place d'Armes à Strasbourg. La Maison DOBNER continue malgré le décès de son fondateur, animée par sa veuve Marie Thérése DOBNER, aidée d'un ouvrier luthier, Jean David REINHARD (56 ans en 1838). Elle sera reprise en 1844 par Jean Chrétien ROTH, avant le décés le 6 avril 1849 de Marie Thérése MÜLLER, " Veuve de Joseph DOBNER : facteur d'instruments".